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Dassault Aviation livre le premier Rafale de la quatrième tranche

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Dassault Aviation livre le premier Rafale de la quatrième tranche

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Le premier avion de la quatrième commande notifiée par la Direction Générale de l’Armement dans le cadre du programme Rafale a été livré le 12 septembre par Dassault Aviation. Le B339, un biplace destiné à l’armée de l’Air, a rejoint cinq jours plus tard le Centre d’Expériences Aériennes Militaires (CEAM) de Mont-de-Marsan. Il y retrouve le C137, premier Rafale de série doté du nouveau radar à antenne active RBE2 AESA développé par Thales, que Dassault avait livré à la DGA le 2 octobre 2012. L’intégration du RBE2 sur le C137 avait été menée en avance de phase, les autres Rafale des trois premières tranches du programme n’étant pas équipés de ce nouveau radar. En produisant plus tôt le premier avion de série doté d’un AESA (Active Electronically Scanned Array), la DGA et les industriels ont, ainsi, permis aux opérationnels de commencer à prendre en main cette capacité avant le début des livraisons de la quatrième tranche, dont tous les avions sont dotés du RBE2.

 

 

Le Rafale C137 (© DASSAULT AVIATION)

Le Rafale C137 (© DASSAULT AVIATION)

 

 

121 avions déjà livrés

 

 

La tranche 4 porte sur la livraison de 60 avions, tous équipés en série de capteurs de nouvelle génération, à savoir du radar RBE2 AESA, un détecteur de départ de missile DDM NG et une optronique secteur frontal « Identification et Télémétrie ». Les Rafale de la quatrième tranche s’ajouteront aux 120 appareils déjà produits par Dassault Aviation dans le cadre des trois premières tranches. Les livraisons comprennent à ce jour, en comptant le B339, 39 biplaces (Rafale B) et 44 monoplaces (Rafale C) pour l’armée de l’Air, ainsi que 38 monoplaces embarqués (Rafale M) pour la Marine nationale, qui les met en œuvre sur le porte-avions Charles de Gaulle. Alors que 5 avions ont été accidentellement perdus (B316, M18, M22, M24 et M25), les 10 premiers Rafale M, livrés au standard F1, seront de retour en flottilles entre 2014 et 2017 (les M2 à M10 sont sous cocon depuis 2008 et le M1 sert aux expérimentations) après avoir été portés au standard F3. 

Normalement, l’aéronautique navale doit toucher, dans le cadre de la quatrième tranche, 10 Rafale supplémentaires, dont 2 cette année. Au ministère de la Défense, on ne se risque cependant plus à annoncer des chiffres concernant la répartition de la quatrième tranche entre l’armée de l’Air et la marine. Le nouveau Livre Blanc, qui sera entériné par la Loi de programmation militaire en cours d’examen au parlement, réduit en effet la voilure quant au parc d’avions de combat des armées françaises (225 au lieu de 300).

 

 

L'usine d'assemblage des Rafale à Mérignac (© DASSAULT AVIATION)

L'usine d'assemblage des Rafale à Mérignac (© DASSAULT AVIATION)

 

 

Alors que Dassault Aviation avait fixé comme plancher une production minimale de 11 avions par an pour que le programme soit industriellement viable, le gouvernement espère que la réduction du format national pourra être compensé grâce à l’export, et notamment à la signature, espérée dans les prochains mois, d’un contrat avec l’Inde (126 avions dont 18 réalisés totalement en France, ainsi qu'une tranche optionnelle pour une soixantaine d'appareils supplémentaires). De l’épilogue de ce marché, pour lequel Dassault est en négociation exclusive avec New Delhi, dépendra l’ajustement du programme en France. Le projet de LPM prévoit, en tout cas, que Dassault ait, sur 180 avions commandés en quatre tranches, livré son 152ème Rafale français d'ici la fin 2019. 

 

 

Rafale M sur le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

Rafale M sur le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

 

 

Une nouvelle page s’ouvre

 

 

L’arrivée des premiers Rafale dotés du RBE2 AESA ouvre, en tous cas, une nouvelle page dans l’histoire de l’avion de combat français, dont les remarquables engagements sur les théâtres d’opérations libyen et malien ont définitivement fait taire les quolibets dont il était injustement affublé depuis des années. L’appareil, dont les performances sont désormais internationalement reconnues, devient le premier avion de combat européen à bénéficier de la technologie du radar AESA, qui permet d'améliorer significativement sa portée de détection. C'est l'aboutissement de plus de 10 ans d'efforts de R&D sur les antennes actives, rappelle la DGA.  Le nouveau radar permettra notamment à l’appareil de mettre en œuvre le nouveau missile air-air à longue portée Meteor, développé par MBDA.

 

 

Le radar RBE2 AESA  (© THALES)

Le radar RBE2 AESA  (© THALES)

 

Le missile Meteor  (© DGA)

Le missile Meteor  (© DGA)

 

 

Pour mémoire, le Rafale est un premier appareil de chasse « omnirôle », comme on l’appelle chez Dassault. C’est-à-dire qu'il peut, au cours du même vol, assurer différents types de missions, par exemple l'attaque au sol et la défense aérienne. Totalement polyvalent, le Rafale assure toute la gamme de missions dévolues à un avion de chasse: supériorité et défense aérienne, attaque d'objectifs terrestres ou maritimes, appui-feu rapproché de troupes au sol, reconnaissance, frappe nucléaire. L'appareil se distingue également par le fait qu'il a été conçu, dès l'origine, pour opérer aussi bien à partir d'une base terrestre que depuis un porte-avions. 

 

 

Rafale C (© DASSAULT AVIATION)

Rafale C (© DASSAULT AVIATION)

 

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