Défense
Dassault va tripler sa production de Rafale

Actualité

Dassault va tripler sa production de Rafale

Défense

C’était attendu, c’est désormais officiel. Dassault Aviation va progressivement augmenter sa production d’avions de combat Rafale, pour atteindre trois appareils par mois en 2018, contre un seulement jusqu’ici. C’est ce qu’a annoncé hier Eric Trappier, président de l’avionneur français, dans les colonnes du quotidien Sud Ouest. L’usine d’assemblage de Mérignac, près de Bordeaux, bénéficiera à plein de cette montée en puissance, de même que les autres sites de Dassault et les sous-traitants du groupe impliqués dans le programme Rafale. Alors que ce dernier représente 7000 emplois chez Dassault et ses 500 fournisseurs, les effectifs vont augmenter puisque plusieurs centaines de postes seront créés dès 2016.

 

(© : DASSAULT AVIATION)

(© : DASSAULT AVIATION)

 

La cadence initialement prévue atteinte et même dépassée

Ce regain d’activité ne va pas nécessiter de lourds investissements pour permettre d’augmenter la production. L’outil industriel nécessaire à la réalisation du Rafale avait, en effet, été initialement dimensionné pour la livraison de 2 à 2.5 avions par mois. C’était à l’époque où Dassault devait produire 234 appareils pour l’armée de l’Air et 86 pour la Marine nationale, soit en tout 320 Rafale. Un format original qui a été progressivement réduit au fil des coupes budgétaires pour tomber, en 2013, à seulement 225 avions (cible fixée par le dernier Livre Blanc), dont une quarantaine pour l’aéronautique navale. Avec en parallèle une baisse des cadences de production, qui ont conduit Dassault à limiter ses livraisons pour les militaires français à 11 avions par an, soit un appareil par mois, le mois d’août correspondant aux congés annuels. Il s’agissait d’un seuil limite sous lequel l’industriel avait prévenu qu’il ne pouvait pas descendre.

Premières ventes à l’export

La tendance s’est heureusement inversée grâce au marché export. Opérationnel dans toutes ses capacités depuis 2008 et la mise en service du standard F3, le Rafale a pu démontrer, au cours de nombreux exercices internationaux et surtout sur les théâtres d’opérations (Afghanistan, Libye, Mali, Irak), sa remarquable polyvalence et une redoutable efficacité. Des atouts commerciaux qui ont été très efficacement soutenus par le gouvernement français, permettant de signer cette année les premiers contrats à l’export. Après l’Egypte (24 avions), le Qatar a commandé 24 autres Rafale (avec une option pour 12 autres) et l’Inde a annoncé sa volonté d’en acheter 36. Dassault espère que ce contrat sera signé avec New Delhi prochainement, sachant qu’il ne s’agirait qu’un début puisque l’armée indienne doit remplacer quelques 200 appareils. Et il y a d’autres prospects très sérieux, comme les Emirats  Arabes Unis (60 avions) ou la Malaisie (une vingtaine d’appareils), cette dernière ayant récemment marqué son intérêt pour le Rafale. A plus long terme, on peut aussi penser au Canada ou à la Belgique, entre autres pays qui auront besoin de renouveler leurs forces aériennes.

 

Les trois premiers Rafale égyptiens ont été livrés cet été (© : DASSAULT AVIATION)

Les trois premiers Rafale égyptiens ont été livrés cet été (© : DASSAULT AVIATION)

 

Eric Trappier espère deux autres commandes d’ici la fin de l’année

Les deux contrats export déjà engrangés, auxquels Eric Trappier espère ajouter « d’ici la fin de l’année un troisième, voire un quatrième », sont à l’origine de l’augmentation du rythme de production des Rafale. Moyennant quelques adaptations chez Dassault et ses sous-traitants, la cadence de trois avions par mois sera donc atteinte d’ici trois ans. Il s’agit de répondre au marché international, mais aussi de continuer à fournir les forces françaises, qui avaient en juillet dernier réceptionné 140 des 180 Rafale commandés (les 45 derniers devant l’être au titre d’une future cinquième tranche).

 

Rafale Marine et SEM sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Rafale Marine et SEM sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

Les Rafale Marine

L’aéronautique navale devrait avoir touché d’ici la fin de l’année son 44ème avion, sachant que quatre autres Rafale Marine (dont 2 au mieux en 2016) doivent encore être livrés au titre de la quatrième tranche du programme. Sur ce total, on rappellera que 4 Rafale Marine ont été accidentellement perdus et que les 10 premiers, mis en service au standard F1, sont progressivement reversés en flottilles après modernisation. Cinq ex-F1 refités F3 devraient être opérationnels d’ici la fin de l’année et suivis par quatre autres en 2016 et le dernier en 2017. Mis en œuvre par le porte-avions Charles de Gaulle, les Rafale Marine, qui ont déjà succédé aux Crusader et Etendard IVP, auront définitivement remplacé l’année prochaine les Super Etendard Modernisés (SEM), dont les derniers exemplaires seront retirés du service à l’été 2016. Les trois flottilles de chasse de l’aéronautique navale (11F, 12F et 17F) voleront alors toutes sur Rafale Marine. Pour l’heure, cette version du nouvel avion de combat français n’a pas encore été vendue à l’export mais ce sera peut-être le cas à l’avenir. Alors que le Rafale est le seul appareil non-américain à pouvoir être catapulté depuis un porte-avions et que des tests ont permis de démontrer sa capacité à être lancé au moyen d’un tremplin, certaines marines pourraient être intéressées par la version navale. On pense notamment au Brésil et à l’Inde, qui souhaitent développer leurs capacités aéronavales. 

 

Rafale Marine à l'appontage sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Rafale Marine à l'appontage sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Dassault Aviation