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Davie va convertir trois brise-glaces norvégiens pour la garde-côtière canadienne

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Davie va convertir trois brise-glaces norvégiens pour la garde-côtière canadienne

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Après l’Asterix, ancien porte-conteneurs transformé en bâtiment logistique pour la marine canadienne, le chantier Davie va débuter la conversion de trois navires brise-glaces pour la garde-côtière. Il s’agit des Balder Viking, Tor Viking et Vidar Viking, qui viennent de rejoindre le Québec. Mis en service en 2000 et 2001, ces remorqueurs ravitailleurs releveurs d’ancres (AHTS) norvégiens, appartenant à la compagnie scandinave Viking Group, ont été spécialement conçus pour opérer en zones polaires. Classés PC 4, ils mesurent 83.7 mètres de long pour 18 mètres de large.

 

Les navires remontant le Saint-Laurent (© DAVIE)

Les navires remontant le Saint-Laurent (© DAVIE)

Les navires arrivés à Québec (© DAVIE)

Les navires arrivés à Québec (© DAVIE)

 

Ils vont être adaptés par Davie aux besoins de la garde-côtière canadienne dans le cadre du projet Resolute, pour lequel le gouvernement fédéral a attribué ce mois-ci, au chantier québécois, un contrat de 610 millions de dollars canadiens (403 millions d’euros). Le premier navire devrait être prêt pour la saison hivernale 2018/2019. A la différence de l’Asterix, ces navires ne sont pas loués par le chantier via la Federal Fleet Services. Le gouvernement canadien a préféré les acheter.

 

Vue des navires après transformation (© DAVIE)

Vue des navires après transformation (© DAVIE)

 

 

Avant et après conversion (© DAVIE)

Avant et après conversion (© DAVIE)

 

Alors que Davie a été écarté en 2011 de la Stratégie Nationale de Construction Navale visant à renouveler la flotte canadienne, le chantier Seaspan de Vancouver et Irving à Halifax se répartissant les commandes, le constructeur québécois tente depuis plusieurs années de revenir dans le jeu, profitant notamment des difficultés rencontrées sur certains projets. Sa stratégie s’est en particulier portée sur la conversion de navires existants, avec comme objectif de proposer des solutions moins coûteuses et pouvant être rapidement mises en œuvre afin de répondre aux besoins urgents de la marine et des garde-côtes. Le premier succès a été enregistré avec l’Asterix (projet Resolve), livré l’an dernier et auquel le chantier de Lévis espère donner un sistership, arguant auprès du gouvernement que ce choix serait selon lui plus judicieux que la construction de deux bâtiments logistiques neufs par Seaspan (bateaux pas attendus avant 2020/2021). Idem pour les brise-glaces de la garde-côtière, dont la flotte vieillit sérieusement et accuse de plus en plus d’avaries. Le principal projet dans ce domaine est la construction d’un nouveau brise-glace lourd, le futur John G. Diefenbaker (150 mètres, 33.000 tonnes) qui doit être réalisé par Seaspan mais n’entrera pas en service avant 2022/2023.

 

Le projet Resolute dans sa version initiale proposée par Davie (© DAVIE)

Le projet Resolute dans sa version initiale proposée par Davie (© DAVIE)

 

Un premier projet de location de quatre navires

Là aussi, Davie presse depuis 2016 le gouvernement d’opter en attendant pour une conversion dans le cadre du projet Resolute. Initialement, celui-ci portait sur une proposition de location après travaux de quatre brise-glaces. D’abord les trois unités de Viking Group qui doivent permettre d'épauler, voire de remplacer, les brise-glaces moyens les plus fatigués de la garde-côtière, comme les Pierre Radisson, Amundsen et Des Groseilliers mis en service entre 1978 et 1982. Mais Davie a aussi proposé une solution de remplacement pour le brise-glace lourd Louis St Laurent (1969) via la conversion de l’Aiviq. Livré en 2012 à la compagnie américaine Edison Chouest, ce puissant navire de 110 mètres classé PC 3 devait, comme d’ailleurs les trois Viking, être exploité sur le défunt programme de forages offshore de Shell en Alaska. L’annulation de ce projet par l’administration Obama a rendu libres les navires, qui du fait du ralentissement de l’activité dans le secteur pétrolier et gazier, ne pouvaient compter dans l'immédiat sur une activité stable. Davie a donc conclu des accords avec leurs armateurs pour proposer le projet Resolute au gouvernement canadien.

 

L'Aiviq (© DAVIE)

L'Aiviq (© DAVIE)

 

 

Le Louis St Laurent après sa modernisation effectuée par Davie en 2017 (© DAVIE)

Le Louis St Laurent après sa modernisation effectuée par Davie en 2017 (© DAVIE)

 

Après avoir dans un premier temps écarté le projet, le gouvernement a finalement accepté partiellement cette offre, avec pour le moment uniquement les trois unités de Viking, qui sont donc acquises et non louées. L’une des raisons qui a poussé Ottawa à notifier le contrat cet été est la situation très difficile dans laquelle s’est retrouvé Davie après le départ de l’Asterix en novembre dernier. Pas moins de 800 personnes avaient alors été mises en chômage technique. La conversion de trois brise-glaces va donc redonner de l’activité, mais ce ne sera que sur deux ans et pas pour tous les salariés et sous-traitants, loin s’en faut. C’est pourquoi le constructeur de Lévis, appuyé par les politiques de la Belle Province, continue de pousser le gouvernement fédéral pour qu’il accepte de convertir également l’Aiviq, sans oublier bien sûr le projet de sistership de l’Asterix.

En attendant, la garde-côtière va pouvoir bénéficier d’unités récentes pour pallier les défaillances de certains de ses vieux brise-glaces, pour lesquels Ottawa doit annoncer bientôt ses intentions quant au remplacement de l'ensemble de la flotte. Ces navires sont notamment indispensables en hiver pour maintenir le trafic maritime sur le fleuve Saint-Laurent et les grands lacs.

 

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