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DCN : Les programmes FREMM et Barracuda sur la brèche

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DCN : Les programmes FREMM et Barracuda sur la brèche

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Les contrats des frégates multimissions (FREMM) et des sous-marins Barracuda doivent être signés rapidement, faute de quoi, la situation des établissements de DCN deviendra critique. C’est le message adressé au gouvernement par les syndicats CFDT et UNSA, à la veille d’un comité central d’entreprise. Le programme FREMM, mené en coopération entre Paris et Rome, porte sur 27 navires et 5,3 milliards d’euros pour la partie française (17 bâtiments). Le contrat pour les 14 premières (8 pour la Marine nationale, 6 pour la Marina militare) devait être passé il y a plus d’un an mais ne cesse d’être repoussé, en raison de problèmes budgétaires rencontrés des deux côtés des Alpes. Selon nos informations, le retard de ce programme, par rapport à son calendrier initial (livraison du premier navire en 2008), pourrait atteindre deux ans. A DCN Propulsion, près de Nantes, la machine RE 40, nécessaire pour tailler les engrenages des roues de réducteurs n’a toujours pas été commandée. Selon la CFDT, un délai de 16 mois (14 pour la livraison et 2 pour la formation du personnel) est nécessaire avant que cette rectifieuse soit opérationnelle. Concrètement, l’usinage prévu pour la partie moteurs ne débutera pas avant la fin du second semestre 2006. Pour tenir les délais de livraison de la première frégate, la commande de la RE 40 devait intervenir, au plus tard, en juin dernier.

Mise sur cale de la première FREMM en 2007?

A Lorient, où les bâtiments seront assemblés, on s’inquiète également du retard qui s'accumule. « Il s’agit tout simplement d’une question de survie pour le site », nous confie un cadre de l’entreprise. Pour mener à bien cet ambitieux programme, l’établissement morbihanais a investi 60 millions d’euros dans la construction d’un nouveau bâtiment d’ingénierie et la modernisation de l’outil coque, avec une nouvelle nef et le remplacement des machines de découpe au plasma. Les travaux de construction du nouvel atelier doivent débuter cet automne. Alors que certaines études auraient été ralenties face au manque de financement, on parle à Lorient d’une première mise sur cale au début de l’été 2007. Compte tenu des délais relativement longs imposés par les essais sur la tête de série, la Marine nationale risque bien de ne pas toucher son premier navire avant 2010. Pour DCN, la situation est extrêmement complexe car le groupe s’est engagé à limiter le prix des FREMM à 280 millions d’euros pièce. Or, ce coût ne peut être tenu qu’en respectant un calendrier bien précis, une cadence de construction de 3 navires tous les deux ans et un nombre déterminé de bâtiments. Ce devis exclu donc toute réduction du nombre de bateaux et tout étalement dans le temps du programme, faute de quoi, le budget explosera inévitablement, avec, en prime, une mise en difficulté des anciens arsenaux, propulsés par l’état dans le monde du grand capital. En mai dernier, Jean-Marie Poimboeuf avait d’ailleurs prévenu : « C’est un programme majeur qui doit structurer la vie de DCN sur les 10 prochaines années ». Le patron de DCN a d’ailleurs fait un nouvel appel du pied au gouvernement ces derniers jours en affirmant qu’il « espérait une signature du contrat au mois d’octobre ».

Glissement de Barracuda

Derrière le programme FREMM, qui monopolise l’attention médiatique, se cache un autre projet tout aussi important pour DCN. Il s’agit des 6 sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda. Ces bâtiments devaient remplacer, nombre pour nombre, les SNA du type Rubis à partir de 2012. Or, selon l’UNSA DCN, le programme serait reporté d’un an. « Si cela se confirme, nous aurons de très gros problèmes de charge à Cherbourg et Indret », affirme le secrétaire général du syndicat. Pour Jean-Michel Janeau, la perte d’activité pourrait se traduire « par un déficit de 600.000 heures de travail l’année prochaine » (500.000 pour Cherbourg, 100.000 pour Indret). Comme pour les FREMM, les bureaux d’études tourneraient au ralenti sur Barracuda et il serait question, d’ici la fin septembre, « de ramener de 90 à 30 le nombre de personnes travaillant sur ce projet ». Selon l’UNSA DCN, 450 emplois directs et un millier d’emplois indirects en dépendent. La CFDT est également très inquiète et parle d’un « trou de charge énorme en 2006 et 2007. Vu que l’état ne débloque pas les crédits nécessaires, il y a de gros problèmes financiers. Certains budgets alloués pour les études ont été supprimés et DCN doit rogner sur tout pour construire des sous-marins 30% moins cher ». Face à cette situation, les syndicats appellent le gouvernement à réagir et à signer les contrats avant que la situation ne devienne catastrophique. « Il faut que les politiques prennent leurs responsabilités. La gauche a mis DCN sur les rails de la privatisation, la droite a poursuivi le mouvement. En juillet 2003, un contrat d’entreprise a été signé. L’état s’est engagé à confirmer rapidement les programmes FREMM et Barracuda pour assurer le plan de charge nécessaire à l’entreprise », rappelle Jean-Michel Janeau. « Aujourd’hui, le gouvernement doit respecter ses engagements », conclu la CFDT.

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