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DCN : Ne nouveaux contrats à l'export ?

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DCN : Ne nouveaux contrats à l'export ?

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Alors qu’une première commande de frégates multimissions (FREMM) devrait être passée la semaine prochaine, nous avons jugé utile de faire le point sur la situation de DCN à l’export. Face aux retards pris par les principaux programmes de la Marine nationale, le marché international pourrait apporter une bouffée d’oxygène aux anciens arsenaux.
Forte du succès de la vente de six sous-marins Scorpene à l’Inde, DCN s’est imposée dans le club très fermé des grands vendeurs de submersibles. A ce jour, 10 Scorpene ont été vendus (6 à l’Inde, 2 à la Malaisie et 2 au Chili). Armaris, filiale export de DCN et Thales, compte sur ces contrats pour inciter d’autres marines à passer commande, notamment en Amérique latine et en Asie du sud-est où de nombreux programmes sont à l'étude. « Il nous a fallu plus de dix ans pour y parvenir mais en passant le cap des dix unités vendues, le Scorpene devient une référence internationale », nous explique un cadre de DCN, tout en reconnaissant que ce ne fut pas simple de se faire une place. Le 13 septembre dernier, Jean-Paul Perrier, directeur général de Thales, espérait « voir triompher prochainement (le Scorpene) au Brésil, à Singapour et au Vénézuela ». Le Chili, qui a accusé réception le 9 septembre du O’Higgins, se propose d’ailleurs, par la voix de son ministre de la Défense, Jaime Ravinet, de mettre en place une base de soutien technique commune si Brasilia et Caracas décident d’acheter des Scorpene (1700 tonnes, 20 nœuds, 18 armes).

Les Russes en embuscade et le retour en force des Allemands

L’affaire semblait donc bien engagée. La situation est en fait un peu plus compliquée qu’il n’y parait, notamment pour le Venezuela qui souhaite acheter trois submersibles pour remplacer ses vieilles unités d’origine allemande (type 209). Dimanche dernier, la marine vénézuelienne indiquait que le commandant de la flotte, l’amiral José Laguna, était attendu en Russie pour effectuer une navigation à bord d’un sous-marin. Objectif : prendre connaissance des caractéristiques tactiques et techniques du navire. Moscou, après le succès de ses Kilo à la fin des années 80 (plus de 20 exemplaires vendus dans le monde), lance la classe Amur (2600 tonnes, 21 nœuds et 18 armes dont missiles de croisière). L’Amur n’est autre que la version export des Lada, dont le premier exemplaire, le Saint-Pétersbourg, est actuellement en essais pour la marine russe. L’amiral Laguna a déclaré que « la préférence sera accordée au submersible qui fera preuve des meilleures caractéristiques tactiques et techniques, et dont le maniement sera facile à apprendre ». Au sein de l’appel d’offres lancé par Caracas, les Allemands d’HDW sont également revenus en force ces derniers mois avec la classe 212/214 (1800 tonnes, 20 nœuds, 12 armes). La bataille s’annonce donc serrée, d’autant que les concurrents allemands et russes avaient accroché de près DCN pour le contrat indien.

BPC, FREMM et corvettes

Dans le domaine des navires de surface, DCN fonde également de grands espoirs dans ses nouveaux produits, à commencer par les Bâtiments de Projection et de Commandement. Alors que le premier BPC, le Mistral, est encore en essais à Brest, un contrat de faisabilité a été achevé pour un navire dérivé destiné à la marine australienne (ces bâtiments serait un peu plus gros, avec une section supplémentaire de 20 mètres). Une seconde phase de définition du design est à l’étude et un plateau de travail comprenant des personnels australiens a été installé à Lorient il y a un mois pour étudier plus en avant la faisabilité du projet. Si le projet australien est connu de longue date, selon la lettre d’information stratégique TTU, l’Espagne serait également intéressée par le concept du BPC. « Une fois cette phase (définition du design) de réduction des risques terminée, les deux pays pourraient lancer des appels d’offres ». Long de 199 mètres pour un déplacement de 21.500 tonnes, les deux BPC français se caractérisent par une construction aux normes marines marchandes. Grâce à un montage industriel innovant (construction de la moitié avant à Saint-Nazaire et de la moitié arrière à Brest avec des blocs venant de Pologne), le prix a été raméné à 650 millions d’euros (pour les deux bateaux), soit 30% de moins que la génération précédente (TCD Sirocco), deux fois moins grosse. Son prix attractif, ses coûts de possession limités et ses excellentes capacités de projection de force en font un un excellent produit de vente à l’heure où de nombreuses marines cherchent à développer leurs flottes amphibies.
Les frégates franco-italiennes FREMM pourrait également trouver preneur à l’étranger. Des discussions ont notamment été lancées avec la Grèce. Enfin, il y a la famille des corvettes Gowind, spécialement conçue pour l’export. Après de longues négociations, la Bulgarie aurait décidé d’acheter ce navire, grâce à une aide de l’Union Européenne. Toutefois, il faudra sans doute attendre les futures élections pour que le contrat voit le jour. Le programme porterait sur quatre navires, dont trois à construire localement avec transfert de technologie. Sur le segment des corvettes, DCN devra également faire face à la concurrence des industriels allemands (corvettes type 130) et russes. Ces derniers ont annoncé cet été la production en série des corvettes du type 20380 (la première, mise sur cale en 2001, doit entrer en service l’année prochaine).

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