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DCN - Thales : Un mariage presque consommé

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DCN - Thales : Un mariage presque consommé

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Comme attendu, les ministères de la Défense et de l'Economie, ainsi que DCN et Thales ont signé, hier, les accords entérinant le rapprochement des activités navales militaires en France. Cette annonce fait suite à la signature d'une lettre d'intention, le 15 décembre 2005, à l'Hôtel de Brienne. A l'issue d'une longue période de négociation, portant notamment sur la valorisation de DCN et des actifs de Thales, les deux groupes se sont accordés sur la coopération industrielle et commerciale qui régirait le rapprochement. « Le regroupement majeur s'inscrit dans la perspective de la constitution d'un pôle naval de défense européen dans lequel DCN aura un rôle actif à jouer. Cette étape marque l'entrée de Thales dans le capital de DCN à hauteur de 25% », indique le ministère de la Défense. Thales devient « l'actionnaire industriel partenaire » de DCN et les modalités de gouvernance lui permettront de jouer un rôle actif au sein du Conseil d'Administration, où deux de ses membres vont entrer. Par ailleurs, dans les deux ans, l'Electronicien pourra porter sa participation à 35%. « La mise en oeuvre de cette consolidation en France va dans le sens d'une simplification de l'interface commerciale. Plus intégrés, nos deux groupes sauront se montrer très réactifs et compétitifs pour nos clients. En rapprochant nos activités navales françaises, nous avons pour ambition de positionner DCN comme le moteur en France de la construction d'un futur pôle naval de défense européen. Cette initiative représente une réelle opportunité de développement pour nos deux Groupes et leurs personnels», expliquent pour leur part les présidents de DCN et Thales, Jean-Marie Poimboeuf et Denis Ranque.

La fin de la concurrence nationale mais toujours des compétitions à l'export

Outre l'ouverture du capital des anciens arsenaux de la marine, le projet Convergence voit également le rachat, par DCN, des activités navales de Thales en France, hors équipements. L'ex-Direction des Constructions Navales reprend donc TNF et les participations de Thales dans Armaris (filiale commune dédiée à l'export et aux programmes en coopération), MOPA2 (société en charge du projet de second porte-avions). L'ensemble devrait coûter à DCN quelques 480 millions d'euros, somme qui servira à Thales pour financer une grande partie de son entrée dans le capital de son partenaire. La valorisation exacte de DCN sera connue dans quelques semaines, au moment du « closing » de l'opération. Les dernières estimations évoquaient le chiffre de 2.3 milliards d'euros.
Pour être effectif, le rapprochement doit encore être validé par la Commission des Participations et des Transferts, ainsi que par la Commission Européenne. DCN et Thales espèrent disposer de toutes les autorisations avant le début du mois d'avril. D'ici là, en février, la nouvelle organisation du groupe sera dévoilée aux partenaires sociaux. Quelques évolutions pourraient intervenir par rapport au projet déjà présenté, notamment au niveau des directions fonctionnelles et des BU équipementières.
Sur un plan national, Convergence signera la fin de la concurrence franco-française, qui avait par exemple vu, l'an passé, l'affrontement des sonars de Thales et du SeaKeeper de DCN pour protéger le goulet de Brest. Sur les programmes en coopération ou à l'export, les équipes de gestion des projets d'Armaris seront supprimées, revenant dans le giron de DCN. A l'international, la concurrence restera néanmoins présente. Les filiales de Thales, comme TNL, pourront toujours présenter des offres, en compétition avec le groupe français.
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- Ecouter l'interview de Jean-Marie Poimboeuf

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