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DCNS attend avec prudence l’élaboration de la future LPM

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DCNS attend avec prudence l’élaboration de la future LPM

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A l’issue de la présentation, hier, du nouveau Livre Blanc sur le Défense et la Sécurité nationale, l’heure était au soulagement chez DCNS. Le leader français et européen de la navale militaire se montre plutôt satisfait : « Le Livre Blanc marque une volonté de soutenir l’industrie militaire française, dont il reconnait l’importance en termes de savoir-faire technologique, d’innovation, d’exportation et d’emploi », note-t-on chez DCNS, où l’on se félicite que les scénarios catastrophes évoqués dans une période récente ne se soient pas concrétisés. Pour autant, le groupe naval ne crie pas victoire et demeure prudent car il faut désormais voir comment les orientations du Livre Blanc seront traduites dans la future Loi de Programmation Militaire, qui couvre la période 2014-2019 et doit être présentée cet été. « Il est urgent de connaitre le contenu de la LPM afin que nous ayons de la visibilité ». La principale préoccupation de DCNS concerne deux volets : d’abord, entériner le périmètre des programmes et savoir s’ils feront l’objet d’étalements dans le temps. De ces données dépendra le plan de charge des sites du groupe, qui emploie 13.000 personnes en France.

 

 

Barracuda et FREMM

 

 

Suivant les conclusions de la commission du Livre Blanc, le programme des 6 nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda est conforté dans son format initial. Une bonne nouvelle pour les établissements de Cherbourg, qui construit les bâtiments, mais aussi de Ruelle (Charente), où sont réalisés différents équipements (systèmes de lancement, lignes d’arbres…) et d’Indret  (Loire-Atlantique), en charge de la propulsion, dont la cuve du réacteur nucléaire. L’enthousiasme pourrait néanmoins être terni par un étalement du programme permettant à l’Etat de lisser l’effort budgétaire. Ainsi, alors que les trois premiers SNA sont en cours de construction (le premier doit être mis à flot en 2016), la commande du quatrième, qui devait intervenir en 2013, a été reportée. Si elle intervient l’an prochain, DCNS pourra absorber le retard mais, si la notification est plus tardive, la situation deviendra rapidement problématique.

 

 

SNA du type Barracuda (© : DCNS)

SNA du type Barracuda (© : DCNS)

 

 

Concernant les frégates multi-missions (FREMM), dont la tête de série, l’Aquitaine, a été livrée fin 2012 et les trois premiers sisterships sont en cours de fabrication à Lorient, le programme semble naviguer dans un certain brouillard. En effet, le Livre Blanc réduit le format des frégates de premier rang de 18 à 15, ce qui semble devoir se traduire par l’annulation de 3 des 11 FREMM et FREDA (version de la FREMM dédiée à la défense aérienne et devant être construite à 2 exemplaires) actuellement en commande. L’abandon de 3 bâtiments ne serait toutefois pas certain et serait lié à la rénovation des 5 La Fayette, qui doivent être notamment dotées d’un sonar. Si DCNS parvient à démontrer que la réalisation des FREMM est, globalement, plus intéressante que la modernisation de bateaux plus anciens, le groupe pourrait sauver tout ou partie des 3 FREMM/FREDA aujourd’hui sur la sellette. Si ce n’est pas le cas, DCNS peut alors espérer combler le plan de charge de Lorient avec des FREMM destinées à l’export (l’idée d’une location de deux unités à la Grèce entre dans cette hypothèse).   

 

 

La FREMM Aquitaine (© : DCNS)

La FREMM Aquitaine (© : DCNS)

 

 

Diversification

 

 

Dans tous les cas, la situation actuelle valide la stratégie du groupe naval qui, depuis plusieurs années, a lancé une politique de diversification anticipant la décrue des contrats nationaux. « Cette politique permet à DCNS de développer son activité sur le marché international et dans le secteur très porteur des énergies marines renouvelables, afin de compenser la baisse des commandes nationales. Pour autant, nous voulons rester le partenaire majeur de la Marine nationale et, même si les volumes sont plus faibles, nous continuons de nous battre pour être plus compétitifs et répondre aux besoins de notre client historique ».  

Naval Group (ex-DCNS)