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DCNS et CMN collaborent sur des offres communes

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DCNS et CMN collaborent sur des offres communes

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Après des années de tensions entre les deux constructeurs, l’heure est plus qu’à la détente, elle est à la collaboration. C’est Hervé Guillou qui l’a révélé le 7 octobre, au détour d’une phrase, lors d’une rencontre avec des journalistes spécialisés, à laquelle nous participions. Le président de DCNS évoquait alors la problématique de la vente de STX France et sa volonté d’éviter, quel que soit le repreneur, que se « rallume une guerre franco-française sur l‘export ». « Nous avons fait beaucoup d’efforts ces dernières années pour que l’équipe de France retrouve une situation sereine et mature », expliquait-il, citant alors un exemple précis : « nous faisons des offres communes avec CMN ».

Alors que les deux industriels se sont retrouvés à de multiples reprises en compétition sur le marché international, et parfois de manière féroce, il a donc été décidé d’enterrer la hache de guerre et de travailler ensemble puisque, comme on le rappelle chez DCNS, « quand les Français d’entredéchirent, ce sont nos concurrents étrangers qui en profitent ».

Plateformes et systèmes

Aucune information n’a pour le moment été donnée quant aux pays visés par ces offres communes. Mais on sait que certaines marines sont par exemple très intéressées par les corvettes issues de la gamme Baynunah de CMN, dont les six exemplaires réalisés pour les Emirats Arabes Unis se montrent redoutablement efficaces, en particulier dans les opérations militaires menées au Moyen-Orient depuis 2015. Plutôt que de présenter une contre-offre, DCNS pourrait donc s’associer au constructeur cherbourgeois et intégrer à son design certains de ses systèmes et équipements.

Quelle place pour Kership ?

Il conviendra ensuite de voir jusqu’où cette collaboration peut aller et si elle peut s’étendre aux patrouilleurs. Avec évidemment, comme question, la place dans ce partenariat de Kership, société commune de Piriou et DCNS qui n’a, depuis sa création en 2013 et malgré un fort soutien politique, vendu pour le moment aucun modèle de sa gamme de vedettes et patrouilleurs à l’export. Il faudra sans doute déterminer, en fonction des cas de figure, qui est le mieux placé pour emporter un contrat à l’international et, ainsi, favoriser le succès de « l’équipe France », régulièrement mise en avant par Hervé Guillou.

Lanester et la « paix des braves »

Alors que la création de Kership avait clairement entrainé une dégradation des relations avec CMN, le rachat du chantier STX de Lanester fut, il faut le rappeler, le point de départ d’un vrai réchauffement entre les industriels bretons et normands. Même si Kership avait emporté la compétition face à CMN, également candidat à la reprise, le chantier cherbourgeois, avant même que le choix du repreneur soit annoncé, avait plaidé pour une paix des braves. « Si demain DCNS considère qu’un travail commun sur certains pays peut booster l’activité, nous sommes tout à fait ouverts », nous avait ainsi indiqué en janvier 2016 Pierre Balmer, président de CMN. Et lorsque Kership fut désigné, le repreneur de STX Lanester avait immédiatement assuré que la capacité industrielle du site pourrait être ouverte à d’autres acteurs, à l’image de l’industriel normand.  

 

Naval Group (ex-DCNS) Constructions Mécaniques de Normandie (CMN)