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DCNS et la marine préparent la modernisation du Charles de Gaulle

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DCNS et la marine préparent la modernisation du Charles de Gaulle

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Début 2017, le porte-avions français, en service depuis 14 ans, débutera son second arrêt technique majeur (ATM 2). Une longue période d’immobilisation, prévue pour durer une vingtaine de mois, qui comprendra en plus des travaux d’entretien et de maintenance classiques une modernisation à mi-vie du Charles de Gaulle.

CO, système de combat et senseurs rénovés

Le bâtiment verra, ainsi, son central opération refondu et son système de combat rénové. Les réseaux informatiques seront remplacés et une attention toute particulière sera portée à l’accroissement de leur sécurité, notamment face aux cyber-attaques. Les communications et les senseurs du porte-avions, qui dispose depuis l’origine de radars DRBV-26D, DRBV-15, DRBJ-11B et Arabel, vont également être modernisés. Terma devrait assurer le remplacement des radars de navigation et Thales fournira une nouvelle solution pour les radars de surveillance et la conduite de tir. Différentes évolutions sont aussi prévues en matière de capteurs infrarouges et de systèmes optroniques.

 

Rafale Marine et SEM sur le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

Rafale Marine et SEM sur le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

 

Passage au « Tout Rafale »

L’ATM 2 comprendra, par ailleurs, des travaux destinés à adapter le bâtiment et ses locaux à un groupe aérien embarqué constitué uniquement, pour sa composante d’avions de combat, de Rafale Marine. Ces derniers se seront effet définitivement substitués l’an prochain aux Super Etendard Modernisés (SEM), dont la dernière flottille de chasse équipée, la 17F, passera à l’été 2016 sur Rafale, comme le sont déjà les 11F et 12F. Dans cette perspective, les installations d’aide à l’appontage et les systèmes de trajectographie seront refondus.

Parmi les autres modernisations, on notera celles du système de surveillance centralisée des installations, des systèmes d’aide à la maîtrise des avaries, ainsi que des automates de conduite de la plateforme. Ces améliorations permettront de remettre le Charles de Gaulle aux standards les plus récents.

 

Au cours du premier ATM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Au cours du premier ATM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Rechargement des cœurs nucléaires

En parallèle, DCNS effectuera toutes les opérations classiques liées à un arrêt technique majeur du bâtiment : carénage et entretien de l’ensemble des installations, à commencer par la partie énergie/propulsion, avec comme opération principale la visite des chaufferies et le rechargement des deux cœurs nucléaires. La maintenance des deux catapultes à vapeur, longues de 75 mètres, sera également menée à bien, de même que la rénovation de la climatisation.

 

Le CDG lors d'un arrêt technique intermédiaire (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le CDG lors d'un arrêt technique intermédiaire (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Jusqu’à 2000 personnes mobilisées

D’un coût de 1.3 milliard d’euros, l’ATM 2 du Charles de Gaulle, légèrement retardée puisqu’annoncée fin 2013 comme devant se dérouler entre septembre 2016 et février 2018, mobilisera jusqu’à 2000 personnes. Maître d’œuvre du chantier, DCNS compte déjà 400 collaborateurs mobilisés sur la phase de préparation et de développement des nouveaux systèmes qui équiperont le bâtiment. En plus des équipes du groupe naval et de ses sous-traitants, l’arrêt technique du porte-avions verra son équipage très largement associé aux travaux.

Pour mémoire, c’est en 2007/2008 que le Charles de Gaulle avait bénéficié de son premier ATM, sa durée de vie prévisionnelle étant de 40 ans.

 

(© MARINE NATIONALE)

(© MARINE NATIONALE)

 

Plus de 42.000 tonnes et une trentaine d’aéronefs

Réalisé à Brest par DCNS, le Charles de Gaulle, mis sur cale en avril 1989 et lancé au printemps 1994, a été admis au service actif en mai 2001. Long de 261.5 mètres pour un déplacement de plus de 42.000 tonnes en charge, le porte-avions français peut atteindre la vitesse de 27 nœuds grâce à un appareil propulsif développant 61 MW. Son groupe aérien embarqué (GAE) comprend, théoriquement,  jusqu’à 40 d’aéronefs, Rafale Marine, SEM et avions de guet aérien Hawkeye, ainsi que des hélicoptères. Dans la pratique, le bâtiment embarque plutôt une trentaine d’appareils, la future configuration du GAE prévoyant de pouvoir embarquer deux flottilles de Rafale, soit 24 avions, deux Hawkeye et des hélicoptères pour la sûreté des opérations aériennes, le sauvetage en mer, les missions logistiques et les opérations de récupération de pilotes en territoire hostile.

 

Hawkeye (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Hawkeye (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L’autodéfense du Charles de Gaulle, particulièrement puissante, comprend deux systèmes surface-air SAAM dotés chacun de 16 missiles à lancement vertical Aster 15 , deux systèmes Sadral (lanceurs sextuples avec missiles Mistral), de l’artillerie légère, ainsi que toute une panoplie de contre-mesures, dont deux brouilleurs et quatre lance-leurres anti-missile et anti-torpille.

 

Tir de missile Aster 15 (© MBDA)

Tir de missile Aster 15 (© MBDA)

 

Le plus puissant - et pour longtemps - bâtiment de surface d’Europe

Armé par 1800 marins (1260 pour l’équipage et 540 pour le GAE), auxquels peut s’ajouter un état-major d’une centaine de personnes, le Charles de Gaulle est le plus grand bâtiment de surface d’Europe. Il sera certes supplanté en gabarit par les nouveaux porte-avions britanniques, longs de 280 mètres et affichant un déplacement en charge de 65.000 tonnes, mais le fleuron de la flotte française demeurera plus puissant. Les porte-avions à catapultes, technologie que seuls les Etats-Unis et la France mettent œuvre, offrent en effet des capacités bien supérieures aux bâtiments équipés d’avions à décollage court et appontage vertical, comme ce sera le cas pour les futurs HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales. Ces derniers ne pourront, de plus, mettre en œuvre d’avion de guet aérien et devront se contenter d’hélicoptères d’alerte lointaine, à l’allonge et aux performances moindres que celles de l’Hawkeye. 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)