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DCNS / Fincantieri : Les discussions en vue d’un rapprochement se poursuivent

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DCNS / Fincantieri : Les discussions en vue d’un rapprochement se poursuivent

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En juin dernier, Mer et Marine révélait l’existence d’un projet de rapprochement franco-italien dans le secteur du naval. Les discussions, qui se déroulent à très haut niveau, se poursuivent et semblent progresser. Si le mariage de DCNS et Fincantieri parait aujourd’hui trop complexe, un rapprochement des deux industriels sur certaines activités est considéré comme plus envisageable. Ainsi, ces dernières semaines, on évoquait dans les coursives l’opportunité d’un premier rapprochement dans le domaine des bâtiments militaires de surface. Une information révélée publiquement le 11 septembre par La Tribune : « Les deux groupes navals ont signé un "Head of Agreement" (HoA) en vue de négocier un rapprochement à 50/50 dans les bâtiments de surface », a précisé le journal économique français.

Une feuille de route pour étudier les opportunités

Un accord a bel et bien été signé cet été. Il ne porte toutefois pas - encore - sur la création d’une société commune. Il s’agit en fait d’un protocole mettant en place la feuille de route permettant à DCNS et Fincantieri d’étudier en détail les sujets de coopération possibles en termes de programmes navals, de technologies et d’équipements. S’ils se révèlent satisfaisants et laissent entrevoir des opportunités, les résultats de ce travail pourraient ensuite servir de base à l’élaboration d’une éventuelle coopération, dont il est aujourd’hui trop tôt pour déterminer le contour.

Les expériences contrastées de FREMM et Horizon

Le rapprochement des activités liées aux bâtiments de surface n’est, en effet, pas si simple, comme l’histoire l’a déjà prouvé. Et toute la question est de savoir s’il est possible, et industriellement souhaitable, de pousser plus avant les coopérations existantes. DCNS et Fincantieri collaborent déjà sur le programme des frégates multi-missions (FREMM) après avoir mené à bien une coopération très poussée (et difficile) sur le précédent programme des frégates Horizon. Or, l’expérience de ces dernières avait laissé un goût amer dans les bouches italiennes et surtout françaises. La conception commune et le partage industriel du programme entre les deux partenaires avait en effet abouti à un montage effroyablement complexe, la répartition des tâches entre industriels étant polluée par les pressions politiques. Avec ce problème majeur : la parité de la répartition de la charge de travail voulue en hauts lieux ne va pas forcément de pair avec les compétences réelles des uns et des autres. Au final, le programme Horizon a connu différents problèmes, des retards et des surcoûts. Tant et si bien que, lorsque Paris et Rome ont de nouveau décidé d’opter pour une solution binationale sur les FREMM, notifiées en 2005, le montage industriel a significativement évolué. D’une architecture intégrée caractérisée par une cascade de sociétés communes franco-italiennes, on est passé à deux projets distincts, avec un design spécifique pour chaque pays. A l’arrivée, la coopération s’est en fait limitée, pour l’essentiel, à l’achat groupé de certains équipements, système propulsif et armement notamment, afin de réduire les coûts d’acquisition par un volume plus important de commandes auprès des fournisseurs. Pour le reste, DCNS et Fincantieri ont produit des bateaux différents qui se retrouvent aujourd’hui en compétition sur le marché export. 

Les torpilles

Avant les Horizon et FREMM, la coopération franco-italienne s’est aussi essayée dans le domaine des torpilles et cela depuis plus de 20 ans. En 1993, le groupement européen d’intérêt économique Eurotorp, détenu à 50% par WASS (filiale de Finmeccanica), 26% par DCNS et 24% par Thales a été constitué afin de développer, produire et commercialiser la torpille légère MU90, née de la fusion du

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