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DCNS : Jour J pour le contrat des sous-marins brésiliens

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DCNS : Jour J pour le contrat des sous-marins brésiliens

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C'est aujourd'hui, en marge de la visite du président français au Brésil, que l'accord de défense conclu en décembre 2008 doit déboucher sur un contrat d'achat de sous-marins français. Le sénat brésilien doit autoriser le gouvernement à emprunter 6,1 milliards d'euros afin de faire construire quatre bâtiments du type Scorpène et un sous-marin nucléaire d'attaque, ainsi que lancer l'acquisition de 50 hélicoptères de transport EC-725 Caracal. Selon la Commission des Affaires économiques du sénat, l'emprunt, remboursable sur 15 ans, sera contracté auprès de six banques européennes (BNP Paribas, Société Générale, Santander, Calyon, CIC et Natixis). Ainsi, 4.32 milliards d'euros devraient être consacrés au programme naval. Ce dernier, mené par le groupe français DCNS (allié au Brésilien Odebrecht) comprendra plusieurs volets. Le premier concerne la réalisation de quatre sous-marins conventionnels de la famille Scorpène. Alors que le premier bâtiment de la série (prévu pour entrer en service en 2016) sera en grande partie construit à Cherbourg, les suivants seront achevés au Brésil, grâce à un transfert de technologie. Ils seront assemblés dans un nouveau chantier naval, qu'Odebrecht édifiera (en même temps qu'une nouvelle base navale) avec le soutien et l'expertise de DCNS dans ce domaine. Une fois l'infrastructure réalisée, DCNS sera associé à l'exploitation du chantier naval. Le projet mobilisera 100 personnels cherbourgeois de DCNS à compter de 2010 et de 150 à 200 personnes les années suivantes. Les autres sites français du groupe naval bénéficieront également des retombées du contrat. Outre les importants travaux d'ingénierie (50.000 heures au total), DCNS assurera la fourniture d'équipements complexes (on pense par exemple, aux appareils à gouverner, à des éléments de coque résistante et d'étanchéité, aux mâts, aux tubes lance-torpilles et aux systèmes de manutention des armes...) En dehors des quatre Scorpène, l'accord conclu fin 2008 comprend, également, l'assistance technique française pour permettre aux Brésiliens de réaliser leur premier sous-marin d'attaque à propulsion nucléaire. Dotés d'armements conventionnels, ce SNA doit être mis en service en 2021. DCNS interviendra sur les parties « non nucléaires » du bateau, dont la coque pourrait être directement dérivée de celle du Scorpène.
Pour la France, qui a conclu avec le Brésil un partenariat stratégique, ce contrat est donc de première importance. Outre les sous-marins et les hélicoptères, Paris espère prolonger les commandes brésiliennes avec des avions de combat Rafale. Dans le cadre de la modernisation de la force aérienne brésilienne, l'appareil de Dassault Aviation est en compétition avec le F/A 18 de l'Américain Boeing et le Gripen du Suédois Saab. Une première tranche de 36 avions est en jeu.
On notera qu'en plus de l'armée de l'air brésilienne, le choix du Rafale pourrait aussi intéresser la marine. Celle-ci pourrait, en effet, doter le porte-avions Sao Paulo d'appareils modernes, le Rafale pouvant être mis en oeuvre sur l'ex-Foch.

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