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DCNS : La CFDT interpelle le ministre de la Défense

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DCNS : La CFDT interpelle le ministre de la Défense

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Les conseillers sociaux et industriels d'Hervé Morin ont reçu, lundi, une délégation de la CFDT de DCNS. Le syndicat souhaitait exprimer au ministre de la Défense ses inquiétudes quant au rôle de l'Etat vis-à-vis de l'un des derniers poids lourds de l'industrie lourde, une entreprise dont il détient 75% du capital. Le montage industriel des frégates multi-missions, pour lesquelles une partie de la réalisation doit être confiée à des chantiers extérieurs, a notamment été abordé : « Même si une évolution sensible a eu lieu récemment sur le montage industriel du programme, l'enveloppe budgétaire fixée par le client Etat, très contraignante, va conduire l'industriel DCNS à délocaliser une partie de la production des frégates hors de France et ce malgré des efforts d'optimisation de l'organisation du travail entrainant des gains de productivité », souligne la CFDT. Pour la confédération : « cet exemple montre bien la problématique qui se pose aujourd'hui au gouvernement : comment réaliser tous les programmes militaires annoncés avec le budget dont il dispose ? La pression exercée sur le maitre d'oeuvre DCNS a pour conséquence un risque de délocalisation encore plus importante de l'activité vers des pays à bas coût, au détriment des emplois locaux. En entrant dans cette logique, le gouvernement pourrait peut-être respecter ses engagements initiaux ... mais détruirait en même temps des emplois industriels ! ».

Le syndicat invite l'Etat a être moins gourmand sur les dividendes versés

Les navires étant destinés à la Marine nationale, et donc écot de la nation à la sûreté du territoire, la CFDT propose des pistes pour que l'argent public serve au mieux l'emploi national. Alors que le coût d'une frégate multi-missions est donné à 280 millions d'euros (hors études), DCNS aurait versé à l'Etat 250 millions d'euros de dividendes au titre de l'exercice 2006 : « L'Etat actionnaire est-il en mesure, par exemple, d'être moins gourmand en dividendes versés et d'accepter, en conséquence, un effort financier, notamment sur le programme FREMM, afin d'éviter toute délocalisation ? La question a été posée. Elle est restée sans réponse. Les conseillers en ont seulement pris note en affirmant qu'ils étaient attachés au maintien des emplois liés à la production ».
En dehors des frégates multi-missions, la délégation syndicale a également fait part de ses craintes concernant une remise à plat des programmes militaires et souligné la nécessité de sécuriser les programmes structurants, tels les FREMM mais aussi les sous-marins du type Barracuda.
Présent à Paris, Brest, Cherbourg, Lorient, Nantes-Indret, Ruelle, Toulon et Saint-Tropez, le groupe DCNS emploie aujourd'hui plus de 13.000 personnes.

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