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DCNS : La nouvelle FREMM ER dévoilée à Ottawa

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Alors que le groupe français est en compétition pour le programme de renouvellement des frégates et destroyers de la marine canadienne, il a profité du salon CANSEC, qui s’est déroulé les 25 et 26 mai à Ottawa, pour dévoiler la nouvelle version de sa FREMM ER. Révélée en octobre 2012 à Euronaval, la frégate multi-missions dite Extended Range dispose de capacités renforcées en matière de défense aérienne de zone et même de défense anti-missile balistique grâce au nouveau radar Sea Fire 500 de Thales. Doté de quatre faces planes, offrant une surveillance permanente à 360 degrés, ce nouveau radar, qui utilise la technologie des antennes actives, sert à la détection, l’identification, la poursuite et la conduite de tir en haute mer comme en zones littorales. Il est intégré dans un mât unique surplombant la passerelle et accueillant la plupart des autres senseurs, systèmes de communication et équipements de guerre électronique.  Par rapport à la première version de la FREMM ER, le nouveau modèle, que DCNS a révélé avec la feuille d’érable rouge canadienne sur la cheminée, a notamment vu le positionnement des quatre antennes du Sea Fire 500 évoluer.

 

FREMM ER (© DCNS)

FREMM ER (© DCNS)

 

Une plateforme extrêmement polyvalente

La FREMM ER est toujours basée sur le modèle de la frégate multi-missions commandées à huit exemplaires par la marine française (la troisième a été livrée en mars, la dernière le sera en 2022), DCNS ayant également vendu deux unités de ce type au Maroc et à l’Egypte. Longs de 142 mètres pour une largeur de 20 mètres, ces bâtiments sont dotés d’un système de combat intégré SETIS qui gère l’ensemble des senseurs et de l’armement. La frégate française, adaptable selon les besoins des clients, est une redoutable plateforme de lutte anti-sous-marine, avec un sonar d’étrave, un sonar remorqué Captas 4, des tubes lance-torpilles et la possibilité d’embarquer un ou deux hélicoptères.

 

Captas 4 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Captas 4 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le bâtiment peut également mettre en œuvre une tourelle de 76 ou 127mm, de l’artillerie légère télé-opérée, 8 missiles antinavire et dispose à l’avant de lanceurs verticaux totalisant 32 cellules. Celles-ci peuvent abriter des missiles surface-air, comme l’Aster 15 et l’Aster 30, ainsi que des missiles de croisière. Il est également possible, notamment près du hangar, d’installer d’autres lanceurs verticaux pour des missiles surface-air à courte portée, comme le VL Mica. Pour les opérations spéciales, deux niches situées sur chaque bord peuvent abriter des embarcations commando. Les FREMM, qui sont dotées d’une propulsion hybride (électrique et donc silencieuse jusqu’à 16 nœuds et sur turbine à gaz pour les vitesses élevée avec une allure maximale de 27 nœuds), sont enfin des bateaux très automatisés, permettant de réduire leur équipage de moitié par rapport aux frégates de la génération précédente.

 

FREMM ER (© DCNS)

FREMM ER (© DCNS)

 

Une frégate éprouvée à la mer et parfaitement interopérable

C’est donc un bâtiment complet et extrêmement polyvalent, avec des capacités de supériorité dans tous les domaines de lutte, que la France propose au Canada. Et c’est en plus un produit éprouvé puisque les deux premières FREMM de la Marine nationale ont été engagées sur différents théâtres d’opération, en eaux chaudes comme en eaux froides. L’Aquitaine et la Provence ont notamment participé cet hiver aux opérations de lutte contre le groupe terroriste Daech au Moyen-Orient. Elles y ont notamment démontré leur parfaite interopérabilité avec les systèmes OTAN et marines alliées, en particulier la flotte américaine, qui preuve de sa confiance a intégré une FREMM française dans le dispositif de protection du porte-avions USS Harry S. Truman.

 

La FREMM Provence avec l'USS Harry S. Truman en décembre 2015 (© MARINE NATIONALE)

La FREMM Provence avec l'USS Harry S. Truman en décembre 2015 (© MARINE NATIONALE)

Deux FREMM dans le groupe aéronaval du Charles de Gaulle dans le golfe Persique (© MN)

Deux FREMM dans le groupe aéronaval du Charles de Gaulle dans le golfe Persique (© MN)

 

Un argument opérationnel très précieux pour l’offre de DCNS, qui a créé en 2014 une filiale au Canada. Le groupe bénéficie en outre des retombées très positives liées au choix de l’Australie de sélectionner son design Shortfin Barracuda dans le cadre de son programme de 12 nouveaux sous-marins océaniques. A ce titre, l’industriel français ne devrait d’ailleurs pas manquer de se positionner sur le projet des futurs sous-marins canadiens, qui devraient succéder aux Victoria vers 2030.

15 frégates et destroyers à remplacer

En attendant, l’heure est donc au Canadian Surface Combatant (CSC), le programme de renouvellement des 15 frégates et destroyers des types City et Tribal. C’est l’un des éléments clés de la Stratégie nationale de construction navale, dévoilée par le gouvernement fédéral en 2010 et qui prévoit d’investir 35 milliards de dollars canadiens dans le renouvellement de la marine et de la garde-côtière.

Le processus de sélection en train d’être remanié

Dans le cadre du processus initial pour l’attribution du contrat CSC, les autorités canadiennes avaient lancé deux consultations distinctes, l’une sur le design du futur bâtiment et l’autre sur son système de combat. Sachant que la construction des bâtiments doit être confiée au chantier Irving d’Halifax. Après avoir été pré-qualifié dans chacune, DCNS avait été désigné parmi les finalistes en novembre 2015. Toutefois, au regard de l’enveloppe budgétaire prévue (26 milliards de dollars à l’origine), des besoins exprimés par la marine et de leur traduction industrielle, le gouvernement canadien  a décidé début 2016 de revoir le processus. Il pourrait finalement s’orienter vers le choix d’une proposition unique associant plateforme et système de combat, ce qui permettrait de simplifier et accélérer le projet. Rien n’a encore été officialisé mais on devrait y voir rapidement plus clair puisque Ottawa prévoit de lancer prochainement une procédure de type RFP (Request for Proposal) qui détaillera notamment le nombre de navires, leurs capacités, les prestations souhaitées et le calendrier du programme. Sachant que les marins canadiens souhaiteraient disposer de leurs premières CSC d’ici 2025.

Ce programme de grande ampleur suscite évidemment un vif intérêt de la part des groupes navals internationaux puisqu’en plus des Français, Britanniques, Allemands, Espagnols ou encore Américains sont en lice. 

 

Naval Group (ex-DCNS)