Défense
DCNS : Le CCE hostile au projet de réorganisation

Actualité

DCNS : Le CCE hostile au projet de réorganisation

Défense

Hier, le Comité Central d'Entreprise de DCNS s'est prononcé contre le projet de réorganisation du groupe naval. Les élus CFDT, UNSA et CGC ont unanimement voté un avis motivé défavorable à la nouvelle architecture proposée par la direction. Au sein des syndicats, on explique cette hostilité en raison d'un « manque de clarté sur le projet » et de craintes sur les « conséquences sociales » de cette réorganisation, qui va servir de socle au plan stratégique récemment dévoilé par Patrick Boissier, président de DCNS. « Aujourd'hui, trop de zones d'ombres et de non-réponses subsistent pour que les élus soient en mesure de porter un jugement sur la pertinence et les impacts sociaux de ce projet de réorganisation », peut-on lire dans l'avis rendu hier par le CCE. La CGT, de son côté, a décidé de boycotter la réunion, estimant que les jeux étaient déjà faits : « Ce passage en force consiste à consulter le Comité sur l'organisation de l'entreprise qui, de fait, est finalisée ». Le syndicat avait, ces derniers jours, plaidé auprès des autres organisations pour l' « empêchement » du CCE, dont l'avis était indispensable à la direction pour mettre en oeuvre son projet. Le Comité s'étant tenu et un avis (même négatif) ayant été formulé, la réorganisation peut désormais entrer en vigueur. Des CE sont d'ailleurs prévus cette semaine dans la plupart des établissements du groupe, séances au cours desquelles les modalités locales de la nouvelle architecture seront présentées. « Le projet d'organisation du groupe est au service d'une stratégie de croissance ambitieuse. Il répond aux principes de simplicité, d'efficacité et de responsabilisation », indiquait-on hier soir à la direction de DCNS.

Trois divisions et trois à quatre Business Unit

Pour mémoire, le projet comporte la restructuration de DCNS en trois grandes divisions : Systèmes Navals de Surface (SNS), Sous-Marins (SMA) et Services. Lorient, Le Mouillon et Bagneux seront rattachés à SNS. Alors que Cherbourg et Nantes-Indret rejoindront SMA, Brest et Toulon dépendront de la division Services. Le cas de Ruelle est plus compliqué, ses activités étant assez diversifiées. L'établissement charentais de DCNS sera, en fait, scindé en trois parties, ses activités étant réparties entre SMA et SNS. Une « Business Unit » sera, en parallèle, créée pour les simulateurs et la formation. « Cette décision est mal vécue par les personnels de Ruelle, qui ne comprennent pas l'éclatement du site. La logique est surprenante et la création d'une BU pour les simulateurs peut être prématurée », estime-t-on à l'UNSA. Outre les simulateurs, la nouvelle architecture comprendra d'autres BU. La première, dont la dénomination demeure « Armes sous-marines », concerne l'établissement de Saint-Tropez, spécialisé dans les torpilles. D'autre part, un « incubateur », consacré aux énergies marines renouvelables, sera implanté à Brest et pourra se transformer en Business Unit. Enfin, une autre nouvelle BU sera dédiée au nucléaire civil. Mais, là aussi, les syndicats s'interrogent : « On ne voit pas comment cela va fonctionner au niveau de la réalisation d'équipements, d'une part pour les bâtiments, et de l'autre pour le nucléaire civil ».

Les élus veulent être consultés sur les plans d'actions

Les syndicats attendent donc d'avoir des éclaircissements, non seulement sur la réorganisation, mais aussi sur les modalités pratiques du plan stratégique Championship. Dévoilé début décembre par le président de DCNS, la nouvelle stratégie ambitionne de réduire les coûts de 30% en trois ans et d'augmenter de 50 à 100% le chiffre d'affaires du groupe d'ici 2020. La direction s'est engagée à ne pas mettre en oeuvre de plan social mais parle de redéploiements, dont l'ampleur reste à déterminer. « Des pourcentages d'amélioration de la compétitivité et d'augmentation de chiffre d'affaire, des ré internalisations d'activité, des créations d'emploi dans les métiers en développement, une indemnité de départ volontaire pour certains personnels affectés aux fonctions support, des transferts de charge entre établissements, de la mobilité temporaire ... sont annoncés. Par contre, rien n'est dit sur les moyens à mettre en oeuvre pour y arriver », a noté hier le CCE dans son avis. Ce dernier a, néanmoins, pris acte « que la direction s'engage formellement à le consulter sur l'ensemble des plans d'actions et, en général, sur les moyens qu'elle entend mettre en oeuvre pour atteindre ses objectifs et mener sa stratégie dite « Championship », et sur leurs conséquences prévisibles pour le personnel, tant économiques, qu'organisationnelles et sociales, sur la base d'un dossier précis et complet, de telle manière que les élus soient en mesure d'y apporter une analyse critique et, autant que de besoins, des contre-propositions susceptibles d'être prises en compte ».
Leader européen dans le secteur naval militaire, DCNS emploie en France près de 13.000 personnes. Détenu à 75% par l'Etat et à 25% par Thales, le groupe a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires d'environ 2.5 milliards d'euros.

Naval Group | Actualité industrie navale de défense