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DCNS : Le message de Patrick Boissier aux personnels

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DCNS : Le message de Patrick Boissier aux personnels

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Le nouveau président de DCNS a débuté, mardi, sa tournée des différents établissements du groupe naval. Pour sa première visite, Patrick Boissier s'est rendu à Indret, près de Nantes, où il s'est entretenu durant une heure avec les organisations syndicales. Ces dernières l'ont notamment interrogé sur un potentiel rapprochement avec les chantiers de Saint-Nazaire, entreprise voisine qu'il dirigeait de 1997 à 2006. Selon la CFDT, « Patrick Boissier a affirmé que personne ne lui a dit, même pas Nicolas Sarkozy, qu'il fallait travailler à un rapprochement navale civile- navale militaire ». Selon le syndicat, le nouveau président a mis l'accent sur le savoir-faire et l'outil industriel de DCNS, rares en Europe, sur l'évolution rapide de l'entreprise « dans la bonne direction » et sur la nécessité pour le groupe de « garder une base industrielle forte en France ». Affirmant n'arriver « avec aucune idée préconçue », Patrick Boissier a assuré qu'il voulait « poursuivre l'évolution et le développement de l'entreprise ». Selon la CFDT : « Il a été agréablement surpris par les changements positifs menés à DCNS ces dernières années. Il juge l'entreprise sur la bonne voie. Il a insisté sur les compétences et l'outil industriel de DCNS, sur ses formidables réalisations. Il a affirmé ne pas se placer dans une démarche de rupture, car DCNS est en marche et n'est pas au bord du gouffre. Il juge par exemple pertinents les axes de développement définis en juillet dernier ».

Interrogé sur le fameux article 10 de la Loi de Programmation militaire

Actuellement, l'un des grands sujets d'inquiétude des syndicats de DCNS est l'article 10 du projet de Loi de Programmation Militaire. Cet article concerne l'avenir du groupe public et ce que certains syndicats estiment déjà comme une première marche vers la privatisation, voire un démantèlement. L'article 10 « donnerait à DCNS toutes facilités pour filialiser et transférer plusieurs activités de l'entreprise à d'autres sociétés » avaient fait valoir en novembre CGT, CFDT, UNSA, CFE-CGC, FO et CFTC, qui s'inquiètent également de l'élargissement de la mise à disposition des personnels de l'Etat (ouvriers et fonctionnaires détachés) dans des entreprises où le groupe serait minoritaire. Face aux syndicats, qui martèlent leur attachement à « l'unicité » de DCNS, Patrick Boissier a répondu, selon la CFDT, « qu'il n'est pas question de vendre l'entreprise par appartement ». Le syndicat précise qu'il n'a donné « aucun exemple concret de l'utilité de cet article, si ce n'est que des alliances (notamment à l'échelon européen) seraient certainement nécessaires pour assurer le développement de l'entreprise. Et qu'à ce titre, des souplesses juridiques étaient nécessaires ».

Sur le plan social

Prenant acte des engagements du PDG sur le maintien d'une « base industrielle forte en France », la CFDT a interrogé le nouveau patron sur les importantes baisses d'effectifs survenues ces dernières années dans les établissements. « Il affirme qu'il ne donnera jamais d'objectifs chiffrés sur les effectifs, mais qu'ils sont directement liés au niveau d'activité. La CFDT a vigoureusement réagi en affirmant que la diminution aveugle des effectifs depuis des années a été très mal vécue par les personnels qui sont aujourd'hui inquiets pour l'avenir, souvent mal dans leur travail et de plus stressés par la pression qui leur est mise. Le tout dans une entreprise en perpétuelle évolution. En réponse, M. Boissier a justifié qu'une entreprise était un corps vivant qui devait évoluer et bouger. Pas de réponse donc... si ce n'est pas d'embauches a priori dans l'état actuel des choses. Il a toutefois insisté sur l'importance du dialogue pour expliquer mais aussi écouter les avis de chacun ».
Les délégués CFDT d'Indret, site spécialisé dans les systèmes propulsifs, en ont profité pour réclamer une intensification des efforts d'investissements sur l'établissement, notamment en vue de la diversification des activités. Indret, qui réalise les chaufferies nucléaires des bâtiments de la marine, souhaite se développer sur le segment du nucléaire civil. « Réponse du PDG : au regard de ce que j'ai vu dans les ateliers, votre capacité industrielle n'est pas saturée ». Pour la CFDT, « cette réponse est inquiétante car elle ne prépare pas l'avenir et ne tient compte que de l'instant présent. Préparer l'avenir, qui plus est avec la volonté de se développer sur de nouveaux marchés, exige une politique industrielle ambitieuse, confortée par des investissements significatifs. Nous continuerons donc à nous battre pour le développement de l'outil industriel ».
A l'issue de cette première rencontre avec Patrick Boissier, la CFDT d'Indret fait la conclusion suivante : Les « belles paroles et déclarations généralistes devront se traduire en actes concrets dans l'avenir. Par contre, rien de rassurant sur les effectifs et l'outil industriel ».

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