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DCNS : Les délégués syndicaux centraux occupent le siège

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DCNS : Les délégués syndicaux centraux occupent le siège

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Alors qu'une nouvelle journée d'action nationale mobilisait hier des centaines de salariés dans les établissements, les délégués syndicaux centraux de DCNS ont occupé le siège parisien du groupe. Ils ont exigé la réouverture de la Négociation Annuelle Obligatoire, portant notamment sur les augmentations salariales des personnels sous conventions collectives. Arrivés à 8 heures du matin, les responsables de la CFDT, de la CGT, de l'UNSA et de la CFE-CGC ont menacé toute la journée de passer la nuit sur place s'ils n'obtenaient pas satisfaction. En fin d'après-midi, ils ont finalement été reçus par la direction. Fait rarissime, et preuve selon un responsable syndical « de la volonté des organisations de trouver une issue à la crise », un protocole de fin de conflit a été unanimement proposé par les organisations, certaines faisant d'importantes concessions par rapport à leurs revendications de base (*). Malgré tout, la direction est restée inflexible. « Je n'ai jamais vu cela à DCNS. Nous avons entendu des propos très durs, c'est catastrophique », estimait à la sortie de la dernière réunion un délégué, pourtant très pondéré habituellement. Un autre responsable syndical, qui n'a lui aussi rien de vindicatif d'ordinaire, estime que les rencontres d'hier soir constituent « une rupture complète du dialogue social ».

Appel au blocage dans tous les établissements

Les discussions ont, une dernière fois, repris à 21H15. Mais, un quart d'heure plus tard, la rupture était consommée. « Les propositions et les conditions associées ont été jugées inacceptables par toutes les organisations syndicales », expliquait l'UNSA en fin de soirée. Constatant le désaccord, les 8 délégués centraux de DCNS ont décidé de continuer d'occuper le hall du siège. Alors que la nuit débutait, certains étaient encore abasourdis par ce blocage : « La direction s'engage dans un jeu très dangereux. Les attentes des personnels, à qui l'on demande toujours plus, sont très fortes et cette manière de pratiquer le dialogue social est ahurissante. Quelque chose vient de se casser et l'entreprise va avoir du mal à s'en remettre. Nous sommes maintenant dans le bras de fer le plus complet », prédisait un syndicaliste. Loin de baisser pavillon, les DSC ont décidé, cette nuit, de durcir le mouvement. Faisant front commun, les organisations syndicales ont appelé à lancer à partir de ce mercredi, dans tous les établissements du groupe, des actions de blocage des directions. Les organisations syndicales réitèrent, par ailleurs, leur appel à l'Etat, actionnaire à 75% de DCNS, pour qu'il intervienne afin de faire cesser le conflit. En ce sens, les organisations ont écrit à Gérard Longuet, ministre de la Défense, pour qu'il assure une mission de médiation.

Un mois de conflit

Depuis un mois, les syndicats réclament une meilleure revalorisation des salaires, les dernières propositions de la direction étant jugées insuffisantes. Manifestations, blocages d'accès aux navires en construction ou en entretien, grève du zèle, action pour perturber les opérations de communication du groupe, démontage des panneaux dédiés au plan de performance Championship... De Brest au Mourillon (Toulon) en passant par Ruelle, Lorient, Cherbourg et Indret (Nantes), la protestation perdure. En vain, la direction considérant que les négociations se sont achevées sur ses dernières propositions le 15 février. « Les conclusions de ces négociations maintiennent DCNS au-dessus de la moyenne des entreprises industrielles françaises en termes d'augmentations salariales », affirme DCNS. Mais, pour l'intersyndicale, le compte n'y est pas. CFDT, CGT, UNSA et CFE-CGC considèrent que le groupe, qui demande aux personnels d'importants efforts de productivité, peut faire plus, d'autant que les bénéfices de DCNS ont augmenté de 8.6% en 2010. Au-delà de la NAO, les représentants du personnel s'inquiètent plus généralement d'une dégradation des conditions de travail, dénonce un creusement des écarts de salaires entre la base et les cadres dirigeants, tout en réclamant la remise à plat de la gestion du dialogue social au sein de l'entreprise, qui emploie 12.500 salariés. Alors qu'elle paraissait « endormie » depuis quelques années, la culture syndicale des anciens arsenaux est peut-être bien en train de se réveiller...
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(*) Le protocole de fin de conflit proposé par les organisations syndicales :

1 - Une augmentation générale de 1,7% pour tous les OETAM salariés, applicable au 1er janvier 2011.

2 - Une mesure « bas salaires » de 1.9% (augmentation générale + augmentation individuelle) garanti pour les personnels dont le salaire annuel de base est inférieur à 25000 euros brut au 31/12/2010

3 - Le versement d'une prime d'intéressement supplémentaire de 500 euros - en plus de celle résultant de l'accord d'intéressement de 2009.

4 - Un engagement de la direction à n'effectuer aucune retenue de salaire pour les personnels qui ont participé aux mouvements sociaux relatifs à la NAO.

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