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DCNS : Les syndicats veulent des embauches et le maintien des compétences

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DCNS : Les syndicats veulent des embauches et le maintien des compétences

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Alors que le programme des Frégates Européennes Multi-Missions (FREMM) est désormais intégralement notifié, les syndicats de DCNS réclament des garanties en termes d'emploi et de maintien des compétences. Jeudi dernier, à l'occasion d'un déplacement d'Hervé Morin sur le site de Lorient, ils ont pu s'en ouvrir au ministre et à ses conseillers. « Un plan de charge assuré pour plusieurs années pour le site de Lorient grâce au programme FREMM, cela suppose de développer les capacités industrielles du site, de développer l'emploi dans l'ensemble des métiers de la construction navale et d'améliorer les conditions de travail. Ce programme devrait être le déclencheur d'un recrutement à la hauteur des besoins pour faire face aux nombreux départs (retraite, amiante, ndlr), pour maintenir les compétences et savoir-faire, et pour réaliser le travail dans de meilleures conditions pour le personnel », estime la CGT. La CFDT réclame, également, un plan d'embauches : « Les 11 FREMM étant confirmées, il est maintenant impératif de procéder à des embauches rapides afin de maintenir, de transmettre et conforter les compétences dans l'entreprise. Pour la CFDT, dans cette période de crise, personne ne comprendrait qu'un tel programme ne soit pas générateur d'emplois à DCNS ».

Front commun pour que le programme soit réalisé en interne

Les syndicats souhaitent, par ailleurs, que les frégates soient intégralement réalisées par le groupe naval. Pour les deux premières unités françaises et la frégate marocaine, c'est le cas, avec des montages industriels différents et un partage de l'activité avec Brest et Cherbourg pour la réalisation de blocs. Mais, pour la suite, le doute subsiste, avec des craintes de voir une partie de la charge externalisée, principalement pour des raisons de coûts. La direction de DCNS ne se dit pas opposée à réaliser le programme en interne, mais pose une condition : Améliorer la compétitivité et la performance. L'UNSA considère que « l'amélioration de la performance économique passe d'abord par une meilleure organisation de l'entreprise et une plus grande efficacité de ses méthodes. Elle ne passe pas par une réduction aveugle des effectifs, qui entraîne une irréversible perte de compétence. Il est nécessaire de recruter sans attendre pour réaliser le programme FREMM et le bassin d'emploi lorientais devra y trouver sa juste part ». Et Force Ouvrière d'enfoncer le clou : « Dans cette période de crise internationale, l'Etat actionnaire se doit de préserver l'emploi local induit par ses commandes, et par conséquent doit imposer à DCNS que ses commandes nationales soient réalisées au niveau national, dans ses établissements. A notre sens il en va de la crédibilité de l'Etat même, vis-à-vis de la nation, de sa volonté de garder en France une industrie forte, créatrice d'emploi, en ces temps de fermetures d'entreprises et de licenciements massifs ».

Craintes sur les conséquences d'une consolidation européenne

Président de DCNS depuis janvier dernier, Patrick Boissier dévoilera, fin octobre/début novembre, le nouveau plan stratégique du groupe. L'un des objectif sera, notamment, de mener à bien le rapprochement de l'industrie navale européenne, un vieux projet qui n'a, jusque là, pas abouti. Face à la montée en puissance de la concurrence étrangère, le nombre d'acteurs en Europe est jugé trop important et, à long terme, la compétition au sein de l'UE est souvent considérée comme suicidaire. Comme Michèle Alliot-Marie en son temps, Hervé Morin plaide lui aussi pour la recomposition du paysage de l'industrie navale en Europe. Mais ce projet n'est pas sa provoquer des craintes chez certains syndicats de DCNS. « Cette vision s'inscrit dans un processus de restructuration des industries de défense programmé au niveau européen, avec un chiffrage réalisé de plus de 15.000 emplois supprimés. Une telle vision stratégique se traduirait par des réorganisations profondes des capacités industrielles dans chaque pays, réorganisations qui auraient des conséquences néfastes en termes d'activités, de plans de charge des établissements, d'emplois, de maintien des compétences et des savoir-faire », affirme, par exemple, la CGT.

Diversification

Les représentants du personnel attendent également de voir la stratégie du nouveau président en matière de diversification. Avec la réduction du format de la flotte française, des nouveau bâtiments nécessitant moins de maintenance et la fin du monopole des anciens arsenaux sur la construction et l'entretien des bâtiments de la marine, certaines activités historiques de DCNS vont baisser significativement dans les prochaines années. Dans cette perspective, la CFDT, lors de sa rencontre avec Hervé Morin, a demandé l'aide de l'Etat pour aider DCNS à se diversifier « Ont été évoquées notamment les énergies, nucléaire civil mais aussi les énergies marines en Bretagne et les services, afin de pallier à la réduction d'activité dans le maintien en conditions opérationnelles (MCO) des navires de la Marine nationale. Sans cela, DCNS continuerait à subir globalement des baisses d'effectifs. Ce serait inacceptable », explique le syndicat.

Naval Group (ex-DCNS)