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DCNS met sur cale sa première corvette du type Gowind

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DCNS met sur cale sa première corvette du type Gowind

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Cinq mois et demi après la découpe de sa première tôle, la tête de série du programme Gowind Egypte a été mise sur cale le 30 septembre dans la forme de construction du site DCNS de Lorient. L’assemblage va désormais débuter en vue d’une livraison de la corvette fin 2017. Ce bâtiment est le premier d’une série de quatre unités commandées par la marine égyptienne, le contrat étant assorti d’une option pour deux autres. Il s’agit aussi de la première Gowind 2500 réalisée par DCNS, qui voit ainsi sa nouvelle génération de corvettes devenir réalité. Alors que la tête de série est construite en France, ses trois sisterships seront réalisés localement en transfert de technologie. Dans cette perspective, une dizaine d’Egyptiens sont actuellement en formation à Lorient. DCNS et ses fournisseurs livreront au chantier ASY d’Alexandrie différents équipements, dont le mât unique PSIM (Panoramic Sensor Intelligence Module) intégrant la plupart de senseurs ainsi que le Central Opération (voir notre article sur ce module).

 

Mise sur cale du premier bloc de la Gowind égyptienne (© : DCNS)

Mise sur cale du premier bloc de la Gowind égyptienne (© : DCNS)

 

Longues de 102 mètres pour une largeur de 16 mètres et un déplacement de 2600 tonnes en charge, les Gowind égyptiennes pourront dépasser la vitesse de 25 nœuds, avec une autonomie de 3700 milles à 15 nœuds. Elles disposeront d’une propulsion diesel-électrique, la puissance atteignant 10 MW. Armées par un équipage de 65 marins (détachement hélicoptère inclus), ces corvettes auront la possibilité d’embarquer au moins 15 personnes supplémentaires, par exemple des forces spéciales. Celles-ci pourront notamment être déployées au moyen de semi-rigides, les Gowind 2500 disposant de deux niches latérales pour des embarcations de 6.5 mètres. Puissamment armés, les bâtiments pourront mettre en oeuvre 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, 16 missiles surface-air VL Mica, une tourelle de 76mm, deux canons télé-opérés de 20mm, ainsi que des torpilles. Le hangar et la plateforme sont dimensionnés pour accueillir un hélicoptère de 10 tonnes. L’armement, comme les équipements électroniques, seront gérés par un système de combat SETIS, initialement développé par DCNS pour les FREMM. Les Gowind égyptiennes disposeront d’un mât unique abritant sous un radome un radar de veille SMART-S avec un balayage à 360°, ainsi qu’une suite de guerre électronique qui devrait notamment comprendre des systèmes Vigile 200 et Altesse. Il y aura également à bord des lance-leurres Sylena. Par ailleurs, les futurs bâtiments se distingueront par leurs importantes capacités anti-sous-marines, avec un sonar de coque de la famille Kingklip et un sonar remorqué Captas 2.

 

 

Au niveau du plan de charge de Lorient, la première Gowind égyptienne s’intercale entre les frégates multi-missions Auvergne (mise à flot début septembre pour une livraison en 2017) et Bretagne, dont la construction via bientôt débuter en vue d’un achèvement en 2018. Troisième FREMM Française, la Languedoc va, quant à elle, bientôt débuter ses essais en mer, la Marine nationale devant la réceptionner l’an prochain. Trois autres FREMM suivront ensuite, dont deux avec des capacités de défense aérienne renforcées.

Concernant l’Egypte, sa flotte est en train de connaître une modernisation impressionnante. Après la livraison en juin de la FREMM Tahya Misr (ex-Normandie) et les Gowind à venir, Le Caire a décidé d’acquérir les deux bâtiments de projection et de commandement que la France a refusé de livrer à la Russie. Il devraient être remis en mars 2016 à la marine égyptienne. 

 

La FREMM Tahya Misr à l'inauguration du canal de Suez

Les futurs BPC égyptiens (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les futurs BPC égyptiens (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Celle-ci sera donc la première à mettre en oeuvre des Gowind 2500, dont une variante a également été achetée par la Malaisie. Six unités légèrement plus grandes (111 mètres pour un déplacement de 3000 tonnes en charge) vont être réalisées par le chantier malaisien Boustead Naval Shipyard avec l'assistance technique française. Fort de ces premiers succès commerciaux, DCNS popose sa nouvelle corvette à différents pays, comme la Pologne et le Pérou. 

 

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