Défense
DCNS ne concevra pas les futurs cotres de l'US Coast Guard

Actualité

DCNS ne concevra pas les futurs cotres de l'US Coast Guard

Défense

L’US Coast Guard a annoncé les trois chantiers retenus en finale de son appel à projets pour la réalisation de 25 nouveaux cotres dans le cadre du programme OPC (Ocean Patrol Cutter). Tous les constructeurs en lice étaient américains, les OPC devant être fabriqués aux Etats-Unis, mais ils ont été nombreux à s’allier avec des groupes européens. Les designs conçus en Europe, très optimisés et recourant à des normes civiles, répondent en effet mieux, de manière générale, aux exigences de l’USCG. Face à la nécessité de réduire les coûts, à laquelle les Américains n’échappent plus, les garde-côtes souhaitent des bateaux robustes, endurants et surtout économiques. Ce que les chantiers US, moins habitués aux cadres budgétaires très contraints et surtout spécialisés dans de grosses unités militaires complexes et onéreuses, ont du mal à proposer.

C’est dans cette perspective que DCNS s’était allié à VT Halter Marine pour proposer un modèle dérivé de sa gamme de corvettes du type Gowind. Le groupe norvégien Ulstein coopérait quant à lui avec Vigor sur la base d’un bâtiment adoptant le design X-Bow à étrave inversée, retenu depuis 14 ans pour plus de 100 navires de service à l'offhore pétrolier. Alors que l’Italien Fincantieri, via sa filiale américaine FMG - qui détient notamment Marinette Marine, constructeur des LCS (Littoral Combat Ships) du type Freedom – proposait apparemment une évolution des patrouilleurs hauturiers italiens du type Cigala Fulgosi, l’Espagnol Navantia a présenté le BAM avec le chantier BIW (General Dynamics). Quant au Néerlandais Damen, il s’est logiquement allié à son partenaire Bollinger, avec lequel il travaille déjà pour l’USCG dans le cadre du programme des patrouilleurs de la classe Sentinel.

 

 

La solution proposée par Vigo et Ulstein (© ULSTEIN)

La solution proposée par Vigo et Ulstein (© ULSTEIN)

 

 

Au final, ce sont les propositions de BIW et Navantia, ainsi que Bollinger et Damen, qui ont été retenues. S’y ajoute un troisième dossier, porté par l’Américain Eastern Shipbuilding Group, apparemment sans soutien européen. Ces trois finalistes ont remporté chacun un contrat préliminaire de 22 millions de dollars portant sur le futur choix du design. Une fois les offres affinées techniquement et économiquement, l’USCG devrait choisir un lauréat vers 2016. Celui-ci remportera la commande de la tête de série, avec une option pour 10 autres cotres. En tout, les 25 bâtiments prévus dans le cadre du programme OPC devrait coûter quelques 10 milliards de dollars.

Les futurs cotres auront une longueur d’un peu plus de 100 mètres et présenteront un déplacement d’environ 4000 tonnes. Ils seront dotés d’une tourelle de 57mm et d’artillerie légère, avec en plus la capacité d’embarquer un hélicoptère. Les OPC vont remplacer les 28 unités de 64 à 86 mètres (14 du type Reliance, 13 de la classe Famous et l’Alex Haley) mises en service entre 1964 et 1991.

 

 

Le design proposé par Eastern Shipbuilding Group (© ESG)

Le design proposé par Eastern Shipbuilding Group (© ESG)

 

 

L'OPC vu par BIW et Navantia (© GD)

L'OPC vu par BIW et Navantia (© GD)

 

 

On ne connait pas, pour le moment, les raisons qui ont présidé au choix des finalistes. La sélection du BAM de Navantia, qui est certes très utilisé par la marine espagnole mais qui n'a pas encore été vendu à l'export, est une surprise, d'autant que le groupe ibérique n'est pas encore présent aux Etats-Unis. Il a, cependant, probablement réalisé un coup stratégique en s'alliant à General Dynamics, l'un des plus grands fournisseurs des forces navales américaines. Damen, de son côté, a probablement bénéficié de sa collaboration avec Bollinger sur le programme des 58 Fast Response Cutter (FRC) du type Sentinel, qui adoptent le design Stan Patrol 4207 et dont le premier exemplaire a été livré à l'USCG en 2012. Concernant l'OPC, on ne sait pas si c'est une variante des patrouilleurs hauturiers néerlandais du type Holland qui a été proposée. C'est ce que laissait supposer une vue diffuser il y a deux ans par Thales, qui fournit le mât intégré des Holland. Bollinger et Damen n'ont, toutefois, pas encore communiqué sur le design proposé à l'USCG. 

 

 

Version du Holland néerlandais pour l'USCG (© THALES)

Version du Holland néerlandais pour l'USCG (© THALES)

 

 

Pour ce qui est des candidats malheureux, alors que le modèle d'Ulstein était peut-être trop avant-gardiste en termes d'architecture pour les Américains, celui de DCNS était sans doute techniquement très bon. Mais l'industriel français a probablement été handicapé par son manque de présence sur le marché américain et n'a peut être pas eu le meilleur partenaire. Le gros de l'activité de VT Halter Marine réside en effet dans les navires civils et, bien que le constructeur ait aussi une longue expérience dans les bateaux gris, celle-ci se limite essentiellement à des vedettes et petits patrouilleurs. Enfin, il faut noter que le modèle de DCNS demeure virtuel et ne s'appuie pas sur un bâtiment déjà en service et éprouvé à la mer. Quant à Fincantieri, le groupe italien est resté extrêmement discret sur le sujet, notamment pendant la phase de l'appel à projets, au point que l'on peut se démander s'il caressait vraiment l'espoir de décrocher le contrat. Peut être que, compte tenu de la logique de partage entre industriels prévalant aux Etats-Unis, les chances étaient très minces, FMG étant déjà bien loti par l'Etat fédéral avec le programme LCS. 

Naval Group (ex-DCNS)