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DCNS prend le contrôle d’Openhydro

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Comme cela était prévu, le groupe DCNS a annoncé hier, par la voix de son président Patrick Boissier, la prise de contrôle de la société irlandaise Openhydro, spécialisée dans l’ingéniérie et la construction d’hydroliennes. DCNS possédait déjà, depuis, 2011, 11% de cette start-up, qui emploie actuellement 90 personnes en Irlande et en Ecosse. Depuis hier, DCNS détient 59.72% du capital d’Openhydro après avoir racheté des titres aux actionnaires et augmenté un capital qu’elle s’est réservé. L’opération, qui s'élève à 130 millions d’euros, devrait aboutir, après les autorisations règlementaires applicables en la matière, au premier semestre de cette année.

Avec cette prise de contrôle, DCNS continue sa démarche de diversification que le groupe inscrit dans son objectif de doublement du chiffre d’affaires d’ici 2020. « Notre groupe tend vers une activité répartie entre un tiers sur le marché historique du naval de défense en France, un tiers sur le naval de défense à l’export et un tiers dans le domaine de l’énergie, dans le nucléaire civil et les énergies marines renouvelables », précise Patrick Boissier. DCNS, notamment via son incubateur brestois mais également Outre-mer, focalise ses recherches sur plusieurs types d’EMR : l’éolien flottant en partenariat avec Vergnet et Nass&Wind pour la construction d’une machine d’1 MW qui sera testée devant Le Croisic, le houlomoteur avec Fortum sur un site test en baie d’Audierne et l’énergie thermique des mers avec un site test à La Réunion. Et bien sûr l'hydrolien.
 
 
Un chiffre d'affaire d'un million d'euros en 2025
 
 
Pour cette technologie, qui utilise le courant des marées, DCNS a choisi Openhydro, « c’était le meilleur partenaire. La technologie qu'ils ont développée, la turbine de 16 mètre de diamètre avec un centre ouvert et capable de produire 2 MW avec un courant de 5 mètres par seconde, est la plus mature et la plus prometteuse ». En plus, dans la corbeille de la mariée, se trouvent également un contrat déjà attribué en Ecosse et plusieurs autres bien avancés autour des îles britanniques et à Aurigny. Openhydro travaille également sur des sites pilotes au Canada et aux Etats-Unis. En France, c’est avec EDF et EDF-EN que la société, déjà associée avec DCNS, travaille sur le site pilote de Paimpol-Bréhat.
 « L’énergie hydrolienne est la plus régulière et la plus prévisible des énergies marines renouvelables. Elle est respectueuse à la fois de la faune et la flore marine, du trafic maritime ainsi que de l’environnement visuel. Compte tenu du nombre de sites pouvant utiliser cette technologie, le potentiel industriel au niveau mondial représente plus d’une dizaine de milliers de turbines qui pourraient produire entre 90 et 110 GW », assure le patron de DCNS.  Patrick Boissier est convaincu par cette technologie et son potentiel de croissance qu’il évalue, pour le court et moyen termes, à 53 GW. Et il avance des chiffres ambitieux. « Nous visons d’ici 2025 un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros sur le marché hydrolien ». Un développement industriel dont le patron chiffre également les retombées en termes d’emplois. « A proximité de chaque futur site, il faudra installer une usine d’assemblage. Pour des commandes d’une centaine de turbines par an, cela représente 1000 à 1500 emplois directs et locaux. Auxquels il faut ajouter ceux crées pour la construction de chacun des éléments de la machine ».
 
 
Pas encore d'appel d'offres en France
 
 
Pour le marché français, le premier site concerné pourrait être celui du Raz Blanchard, au large du Cotentin. DCNS et Openhydro ont déjà annoncé qu’en cas d’attribution, l’usine d’assemblage se trouverait à Cherbourg. Un appel d’offres avait été annoncé au printemps par le ministre de l’époque, Eric Besson.  Mais, depuis, pas de nouvelle. « Nous n’avons pas d’information sur un calendrier d’appel d’offres ». En attendant ce dernier, ou un appel d’offres sur une autre zone comme, par exemple, le Fromveur entre les îles bretonnes de Molène et Ouessant, DCNS et Openhydro vont poursuivre leur test sur la zone de Bréhat avec l’hydrolienne Arcouest, qui est toujours posée au fond de la rade de Brest suite à un incident technique intervenu en septembre dernier sur sa barge de transport. « La turbine devrait être récupérée dans les semaines à venir. En tous cas, dans sa phase de test, elle a donné entière satisfaction et nous avons pu constater que sa pose et sa récupération sont aisées et qu’elle ne bouge pas ». 

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