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DCNS remporte le plus gros contrat à l'export de son histoire

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DCNS remporte le plus gros contrat à l'export de son histoire

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Quelques 7 milliards d'euros. C'est, de sources concordantes, le montant du gigantesque contrat d'armement naval conclu aujourd'hui par la France et le Brésil au cours d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et son homologue Luiz Inacio Lula Da Silva. Le marché porte sur la vente de quatre sous-marins d'attaque à propulsion conventionnelle, une assistance technique pour la réalisation du premier sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) brésilien, ainsi que l'édification d'une base navale et d'un nouveau chantier près de Rio de Janeiro. « Ce que nous allons faire avec les quatre sous-marins Scorpène et avec notre collaboration technique pour construire les coques des futurs sous-marins nucléaires d'attaque brésiliens est une décision historique. La France pense qu'un Brésil puissant, c'est un élément de stabilité dans le monde », a déclaré Nicolas Sarkozy.

Une bonne partie du premier sous-marin à Cherbourg

Bonne nouvelle pour l'établissement DCNS de Cherbourg, une grande partie du premier sous-marin conventionnel, prévu pour entrer en service d'ici 2016, sera réalisée dans le Cotentin. Le projet mobilisera 100 personnels cherbourgeois à compter de 2010 et de 150 à 200 personnes les années suivantes. Les unités réalisées après la tête de série seront, en revanche, construites en transfert de technologie au Brésil. Les sites français de DCNS se verront néanmoins confier, comme pour d'autres contrats similaires (exemple de l'Inde), d'importants travaux d'ingénierie (50.000 heures au total) ainsi que la production d'équipements complexes et sensibles (on pense par exemple, aux appareils à gouverner, à des éléments de coque résistante et d'étanchéité, aux mâts, aux tubes lance-torpilles et aux systèmes de manutention des armes...) Pour mener à bien ce programme, DCNS et le groupe brésilien Odebrecht vont créer une société commune, chargée de la maîtrise d'oeuvre des sous-marins conventionnels. Ces derniers seront du type Scorpène, étudié en coopération avec l'industrie espagnole. Toutefois, quant à la question de savoir si Navantia est impliqué, ou non, dans ce contrat, DCNS se refuse pour le moment à tout commentaire.

SNA, base et chantier naval

En plus des sous-marins conventionnels, qui seront amenés à assurer la protection des approches brésiliennes dans un rayon dépassant 8000 kilomètres, le groupe français, et c'est une grande première, assistera la marine brésilienne dans l'élaboration du design de son futur SNA. Cette assistance technique ne portera, toutefois, que sur les parties « non nucléaires » du navire. La conception et la réalisation de la chaufferie embarquée restera, en effet, à la charge des Brésiliens.
En plus du contrat portant sur les cinq sous-marins, DCNS a également été sélectionné dans le cadre de la réalisation d'une nouvelle base navale et d'un nouveau chantier de construction. Le groupe français apportera son expertise dans ce domaine pour permettre à son partenaire Odebrecht de mener à bien l'édification des nouvelles infrastructures. Mais, particularité de ce contrat, DCNS sera également associé à l'exploitation du futur chantier naval, où seront assemblés les futurs sous-marins. La mise en oeuvre du futur chantier et de la nouvelle base navale devrait mobiliser une centaine de salariés de DCNS.

Nouvelle percée en Amérique latine


Plus gros marché remporté jusqu'ci à l'export par DCNS, l'ensemble de ces contrats doit entrer en vigueur courant 2009. Outre son importance financière et stratégique, ce succès permet au groupe français de renforcer significativement ses positions en Amérique latine, restée longtemps la chasse gardée de l'industrie allemande. Depuis 1997, DCNS est en effet parvenu à vendre ses produits au Chili, au Venezuela, à l'Equateur et maintenant au Brésil. « Nous nous félicitons de la décision des plus hautes autorités du Brésil en faveur de DCNS. Ce succès confirme la capacité de maître d'oeuvre de notre groupe, ainsi que sa valeur technologique et sa compétitivité à l'exportation. Il représente un apport de charge significatif pour nos activités d'ingénierie et de production. La majorité des centres du groupe sont concernés, au premier rang desquels Cherbourg et Lorient » se félicite Jean-Marie Poimboeuf, qui achève donc son mandat de président de DCNS sur l'un des plus beaux succès commerciaux de l'entreprise.

Naval Group (ex-DCNS)