Défense
DCNS s’implante en Australie pour vendre des sous-marins

Actualité

DCNS s’implante en Australie pour vendre des sous-marins

Défense

Le groupe naval français vient de créer une filiale à Canberra. DCNS Australia a été officiellement inaugurée le 19 novembre en présence de David Johnston, ministre australien de la Défense. La nouvelle société, qui compte pour le moment une petite dizaine collaborateurs, devrait rapidement voir ses effectifs quadrupler. Son objectif est de soutenir les efforts de DCNS pour vendre à l’Australie des sous-marins de nouvelle génération.

 

Hervé Guillou et David Johnston lors de l'inauguration de DCNS Australia (© DCNS)

Hervé Guillou et David Johnston lors de l'inauguration de DCNS Australia (© DCNS)

 

6 à 12 bâtiments à partir de 2025

 

Il s’agit du programme SEA 1000, au travers duquel la Royal Australian Navy prévoit de construire 6 à 12 bâtiments, dont les livraisons débuteraient à partir de 2025. Ces nouveaux sous-marins doivent remplacer les six Collins, mis en service entre 1996 et 2003. Ces bateaux de 77.8 mètres de long et 3350 tonnes de déplacement en plongée, conçus par le Suédois Kockums et réalisés en transfert de technologie à Adelaide, ont rencontré de nombreux problèmes techniques depuis leurs débuts. Ils se révèlent, de plus, peu adaptés aux nouvelles ambitions maritimes de l’Australie, qui souhaite disposer de sous-marins océaniques dotés d’un grand rayon d’action.

 

Sous-marin australien du type Collins (© RAN)

Sous-marin australien du type Collins (© RAN)

 

Du Barracuda au SMX Ocean

 

Dans cette perspective, DCNS a développé le plus gros sous-marin conventionnel imaginé jusqu’ici en Europe, sur la base du design et des études réalisés pour les nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque français du type Barracuda. Dévoilé à l’occasion du salon Euronaval, fin octobre, le SMX Ocean, un bâtiment de 100 mètres de long et 4750 tonnes, peut être équipés des nouvelles piles à combustible et batteries lithium-ion développées par DCNS (voir notre article sur le sujet). Pouvant opérer durant 90 jours, naviguer deux semaines en plongée et offrir une vitesse de transit de 14 nœuds, le SMX Ocean présente des performances encore jamais atteintes par un sous-marin classique. Il dispose, en outre, d’énormes capacités, notamment en armement, avec 34 torpilles et missiles, y compris des silos verticaux pour missiles de croisière (voir notre article détaillé sur le SMX Ocean).

 

Le SMX Ocean (© DCNS)

Le SMX Ocean (© DCNS)

 

« Un marché stratégique »

 

C’est sur la base de ce design que DCNS compte développer un sous-marin répondant aux besoins de la marine australienne. « L’Australie est un marché stratégique  pour le groupe et l’industrie française de défense. Grâce à notre expertise multiple dans le design, la construction et la maintenance de sous-marins de toute taille, y compris dans l’intégration des systèmes de combat, nous espérons pouvoir apporter une contribution majeure au programme de sous-marin du Commonwealth. Avec des solutions sea proven et un planning industriel solide pour le futur programme Sea 1000 nous allons minimiser les risques technologiques liés à la conduite de ce programme et proposer une stratégie de fourniture appropriée aux besoins de la marine », explique Hervé Guillou, président de DCNS.

 

Stratégie multidomestique

 

Alors que la compétition s’annonce rude entre les grands constructeurs internationaux de sous-marins, le programme SEA 1000 porte bien entendu sur une réalisation en Australie des futurs bâtiments. DCNS financera sur fonds propres les premières étapes de la phase de conception des sous-marins, dans l’espoir d’être ensuite retenu pour décrocher le contrat portant sur les études détaillées. L’industriel français travaillera notamment avec Thales Australia, filiale locale de son actionnaire. DCNS s’inscrit d’ailleurs clairement dans la stratégie multidomestique du groupe d’électronique tricolore, qui a depuis de nombreuses années joué la carte de l’implantation locale afin d’accroître son activité à l’international. C’est la logique qui préside aujourd’hui à l’implantation par DCNS d’une filiale en Australie, permettant ainsi au groupe naval d’être au plus près de son client. C’est l’une des grandes leçons retenues suite à l’échec retentissant du projet Echo de sous-marins pour Singapour, tombé finalement dans l'escarcelle allemande. 

Naval Group (ex-DCNS)