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DCNS - STX : Denis Ranque ne juge pas pertinent un rapprochement capitalistique

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DCNS - STX : Denis Ranque ne juge pas pertinent un rapprochement capitalistique

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Interrogé par Mer et Marine, le Président de Thales ne se montre pas favorable à un mariage entre DCNS et les chantiers de Saint-Nazaire (STX France). « DCNS doit être prêt à participer à des rapprochements avec d'autres acteurs du secteur naval militaire en Europe. Je ne crois pas qu'un mouvement capitalistique avec les chantiers civils soit pertinent. Il y a plutôt des coopérations et des synergies à trouver sur des grands navires, des méthodologies à partager, voire des sous-traitances à faire », explique Denis Ranque. Le président de Thales n'évoque pas de programme en particulier. Toutefois, on pense, bien évidemment, à la commande anticipée d'un troisième Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC), dont la réalisation viendrait compenser la baisse de charge dans les chantiers nazairiens en 2010. Le contrat, actuellement en cours d'élaboration par DCNS et STX France, comprendra une option pour la construction d'une quatrième unité. Car, face au manque de commandes de paquebots, Saint-Nazaire ne pourra se contenter d'un unique BPC. Si deux bâtiments de ce type permettront de « limiter les dégâts » en 2010 et 2011, il faudra impérativement apporter d'autres contrats à l'entreprise avant que le marché de la croisière ne reparte. D'où la nécessité, selon les industriels, de relancer le projet de second porte-avions, pour lequel une décision doit être prise par le chef de l'Etat en 2011 ou 2012. Les Britanniques ayant décalé le programme Carrier Vessel Future (design de Thales) de deux ans, une coopération est toujours envisageable. Les études sur un navire dérivé des CVF étant très avancées, cette option permettrait de démarrer rapidement la construction, après avoir alimenté immédiatement les bureaux d'études nazairiens. Représentant plus de deux ans de charge pour les chantiers, soit bien plus que les BPC, le second porte-avions permettrait à Saint-Nazaire de ne pas sombrer en attendant la reprise du marché de la croisière (vers 2013).

La montée au capital de DCNS effective à la fin de l'année

Actionnaire aux côtés de l'Etat de DCNS, dont le Conseil d'Administration vient de désigner Patrick Boissier (ancien président des Chantiers de l'Atlantique) à sa tête, Thales s'apprête à accroître sa participation dans le groupe naval de défense. A compter du 1er avril, l'électronicien pourra acquérir 10% supplémentaires dans DCNS, s'ajoutant aux 25% déjà rachetés à l'Etat en 2007. Cette opération, qui a reçu l'aval de Dassault, futur second actionnaire de Thales, devrait être bouclée à la fin de l'été ou au début de l'automne. Elle devrait rapporter à l'Etat plus de 200 millions d'euros, enveloppe qui sera revue à la hausse si DCNS remporte le programme Sawari III pour l'Arabie Saoudite (4 à 6 frégates, une base navale et des sous-marins à moyen terme).
Thales ne semble donc pas favorable, pour le moment, à l'entrée de DCNS dans le capital de STX France. Regroupant les anciens sites Alstom Marine de Saint-Nazaire et Lorient, cette société est détenue à 33.34% par l'Etat, 16.65% par Alstom et 50.01% par STX Europe (ex-Aker Yards), filiale du groupe sud-coréen STX Shipbuilding. Toutefois, bien que l'électronicien dispose d'un droit de regard sur les grandes décisions stratégiques, les investissements et les évolutions de capital des anciens arsenaux, il reste en réalité contraint par les grandes orientations politiques. Car l'Etat, actionnaire principal de DCNS, est également le premier actionnaire de Thales. La décision concernant un éventuel rapprochement des chantiers civils et militaires en France, question relancée en septembre 2008 par Nicolas Sarkozy, sera donc tranchée, in fine, par l'Elysée.
Le choix de Patrick Boissier plutôt que celui d'un « Thalésien » pour remplacer Jean-Marie Poimboeuf à la tête de DCNS vient en témoigner. Denis Ranque dit ne pas être « déçu » par cette décision. « Il y a eu un processus de sélection très rigoureux et nous sommes respectueux des choix de l'actionnaire majoritaire de DCNS. Nous apportons tout notre soutien à Patrick Boissier pour continuer la transformation de DCNS en société industrielle compétitive et proche de ses clients ».

Naval Group (ex-DCNS) Thales