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DCNS va lancer la construction de son usine d’hydroliennes à Cherbourg

Alors que Ségolène Royal inaugure aujourd’hui à Brest la seconde machine produite par DCNS pour le parc expérimental d’EDF EN à Paimpol-Bréhat, le groupe naval français va lancer la construction, à Cherbourg, de son premier atelier d’assemblage d’hydroliennes. Les travaux débuteront dès la fin de l’année en vue d’une mise en production à partir de 2017.

Le lancement de ce projet, le premier du genre en France, découle de l’autorisation de dépôt du permis de construire du futur atelier, qui a été signée hier par Hervé Guillou, patron de DCNS et Hervé Morin, président de la Région Normandie, Ports Normands Associés (PNA) et Ouest Normandie Energies Marines (ONEM). 

Une usine modulaire

Le futur atelier sera installé sur un site de 25 hectares derrière le Fort des Flamands, juste à côté de l’extension réalisée par PNA pour accueillir un hub logistique dédié aux EMR, en particulier les éoliennes offshore. « Le principe est de développer une usine modulaire, dont les capacités pourront être étendues en fonction des besoins de la production. Pour débuter, nous allons construire un premier module qui pourra produire jusqu’à 25 turbines par an. Ensuite, nous pourrons y ajouter des modules supplémentaires en fonction des contrats que nous décrocherons », explique Christophe Chabert, directeur d’OpenHydro France.

 

 

OpenHydro

Cette société irlandaise, filiale de DCNS depuis 2013, emploie aujourd’hui près de 200 personnes sur trois sites : le centre technique de Carlingford, en Irlande, le siège à Dublin et une filiale canadienne à Halifax, en Nouvelle-Ecosse. C’est là que le groupe développe son premier projet à l’export avec le parc pilote de la Baie de Fundy, qui comprendra deux hydroliennes de 2 MW. « Notre organisation vise à conserver en Irlande toute la partie ingénierie centrale mais la taille des machines oblige à développer des centres de production à proximité des sites où sont implantées les hydroliennes. C’est ce que nous faisons au Canada et c’est ce qui va voir le jour à Cherbourg avec ce nouvel atelier ».

 

 

Le Raz Blanchard et Aurigny en ligne de mire

Le site du Cotentin travaillera pour commencer sur les 7 hydroliennes du parc pilote du Raz Blanchard, qui doit voir par la suite la réalisation de grandes fermes commerciales. Par ailleurs, DCNS travaille toujours sur le développement d’un parc de 100 machines de 2 MW à Aurigny. Le calendrier industriel de ce projet dépend de la réalisation du câble qui reliera la France à l’Angleterre, sur lequel seront branchées les hydroliennes. Sablink, qui gère ce projet avec RTE, prévoit une connexion à l’horizon 2021.

Construction mais aussi maintenance

En dehors de la fabrication des hydroliennes, l’atelier de Cherbourg servira également à leur maintenance. Tous les cinq ans environ, il faudra en effet relever les machines immergées pour les ramener sur leur lieu de construction afin d’assurer leur entretien et d'eventuelles répérations. « Nous devrions rapidement avoir une noria de 50 hydroliennes par an dans l’usine, entre celles que nous produirons et celles dont nous assurerons la maintenance ».

 

 

Des centaines d’emplois à la clé

L’atelier cherbourgeois devrait générer la création d’une quarantaine d’emplois dans un premier temps, avec une montée en puissance prévue des effectifs selon les contrats commerciaux qui seront engrangés. « Des emplois de monteurs, soudeurs, manutentionnaires… Après, pour les fermes commerciales, l’estimation devient plus difficile car ni la taille de ces fermes d’hydroliennes, ni le planning ne sont connus. En partant d’une base de construction de 150 turbines, alors on peut estimer à des centaines d’emplois, pour tout le bassin régional. La maintenance des hydroliennes installées génère aussi des emplois : environ la moitié des emplois nécessaires à la construction. Si le processus de mise en place des fermes commerciales est lancé en France, en parallèle des fermes pilote, DCNS pourra créer  des emplois industriels sur la façade ouest, auprès des sites historiques du Groupe, au début de la prochaine décennie. Mais dès aujourd’hui DCNS recrute à Brest et à Cherbourg pour les fermes pilote et la préparation des fermes commerciales, dans les métiers de l’ingénierie, du programme et de la production », souligne DCNS.

Le groupe mise notamment sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui, en plus des fermes pilotes, doit voir le lancement, en 2019, de nouveaux appels d’offres pour l’installation de plusieurs gigawatts de parcs éoliens marins et hydroliens. 

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