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DCNS veut créer une usine de production d'hydroliennes à Cherbourg

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DCNS veut créer une usine de production d'hydroliennes à Cherbourg

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Un nouveau site industriel dédié aux hydroliennes, avec des centaines d'emplois à la clé. C'est ce qu'ont annoncé hier DCNS et Ports Normands Associés. PNA, qui gère le port de Cherbourg, a signé avec le groupe naval un accord permettant d'allouer à DCNS des surfaces situées sur le terre-plein du quai des Flamands, ainsi que son extension vers la grande rade. C'est là que le groupe souhaite développer une usine de production, d'assemblage et de maintenance d'hydroliennes, structures générant de l'électricité grâce aux courants marins. « L'accord prévoit, d'ici à un an, la rédaction d'un protocole destiné à finaliser les éléments financiers du dossier, avec une adaptation des périmètres d'emprises prédéfinis. DCNS pourrait donc démarrer son activité dès 2014 via l'implantation d'un site de production pour la fabrication, l'installation et la maintenance des premières hydroliennes dans le Raz Blanchard », précise le groupe français, qui avait annoncé, le mois dernier, un accord avec la société britannique Alderney Renewable Energy (ARE) en vue d'étudier la ressource énergétique et les possibilités d'exploitation de fermes d'hydroliennes en Manche, en profitant des forts courants du Raz Blanchard et autour de l'île d'Aurigny. « Cherbourg, situé à proximité du Raz Blanchard, l'un des sites les plus prometteurs au monde pour l'exploitation de l'énergie hydrolienne, est idéalement positionné pour accueillir cette nouvelle activité ».

Turbine d'hydrolienne  (© : DCNS)
Turbine d'hydrolienne (© : DCNS)

Pose d'une hydrolienne en mer (© : OPENHYDRO)
Pose d'une hydrolienne en mer (© : OPENHYDRO)

Hydroliennes (© : OPENHYDRO)
Hydroliennes (© : OPENHYDRO)

Produire une centaine d'hydroliennes par an à l'horizon 2018

Le projet de site industriel à Cherbourg entre dans la stratégie de diversification de DCNS sur les énergies marines renouvelables, qu'il s'agisse d'hydroliennes, d'énergie des vagues, d'éolien en mer ou d'énergie thermique des mers. Et les ambitions du groupe, en la matière, sont importantes. A Cherbourg, notamment, il s'agit d'un développement industriel d'envergure puisque DCNS compte produire à la pointe du Cotentin une centaine d'hydroliennes par an à partir de 2018. Cette activité aura des retombées sociales et économiques importantes, avec dit-on près d'un millier d'emplois pouvant être créés. C'est en 2011 que DCNS s'est résolument lancé sur le segment de l'énergie hydrolienne, en faisant l'acquisition de 11% de la société irlandaise OpenHydro, leader du secteur. Ensemble, les deux entreprises réalisent pour le compte d'EDF une ferme pilote de quatre hydroliennes d'une puissance unitaire de 0.5 MW sur le site de Paimpol-Bréhat. Présentant un diamètre de 16 mètres et un poids de 850 tonnes, la première machine, baptisée Arcouest, dont la turbine a été réalisée à Dublin et la structure métallique à Brest, a été testée en mer à l'autonome dernier. Avec le développement d'une véritable filière industrielle à Cherbourg, DCNS et OpenHydro veulent donc passer à la vitesse supérieure. « Notre ambition est qu'elle soit la première usine de ce type en Europe. Notre développement dans l'hydrolien, où nous voulons jouer un rôle de premier plan mondial, constitue un axe majeur dans notre plan de croissance championship. Avec ce nouveau site de production, DCNS renforcera le tissu industriel et favorisera la création d'emplois dans le bassin de Cherbourg », affirme Patrick Boissier, président du groupe naval. DCNS et OpenHydro visent non seulement le marché français, mais aussi, grâce à l'accord signé avec ARE, les eaux britanniques.

Construction de la structure métallique d'Arcouest à Brest (© : DCNS)
Construction de la structure métallique d'Arcouest à Brest (© : DCNS)

Une grande filière dédiée aux EMR

A Cherbourg, on se félicite évidemment de l'émergence de ce nouveau projet. « En allouant à DCNS une surface de plusieurs hectares sur le port de Cherbourg, notre volonté est de permettre le développement industriel d'une véritable filière bas-normande des Energies Marines Renouvelables » ; souligne Laurent Beauvais, président de Ports Normands Associés. Récemment, PNA avait présenté un vaste plan pour adapter les infrastructures portuaires cherbourgeoises à l'accueil d'une filière dédiée aux EMR. Le port du Cotentin dispose en effet d'espaces, d'une situation géographique très intéressante mais aussi d'un tissu industriel dense autour de DCNS notamment, qui compte à Cherbourg son grand site spécialisé dans la construction de sous-marins (parmi les grandes entreprises locales, on citera aussi les Constructions Mécaniques de Normandie). Les EMR offrent donc de nouveaux débouchés et constituent une véritable opportunité de diversification pour nombre d'entreprises locales. Et les développements potentiels ne concernent pas uniquement l'hydrolien. Cherbourg se positionne aussi fortement sur l'éolien offshore. Ainsi, le port normand est intégré dans les plans de développement de plusieurs consortiums concourant pour l'appel d'offres sur les cinq premiers parcs français d'éoliennes en mer. EDF EN propose notamment d'implanter à Cherbourg, via un sous-traitant, une usine de fabrication de pales et de mâts, alors qu'Areva, qui appartient au groupement concurrent emmené par Iberdrola, annonçait mardi sa volonté de développer des activités à Cherbourg, notamment avec DCNS, au cas où son consortium remporterait les marchés visés.

Eoliennes offshores (© : AREVA)
Eoliennes offshores (© : AREVA)

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