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DCNS veut s'internationaliser et se développer sur les marchés civils

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DCNS veut s'internationaliser et se développer sur les marchés civils

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Nouvelles filiales à l'étranger, nucléaire civil, prestations de maintenance au profit des industriels... DCNS a exposé ce matin ses objectifs en matière de développement. Le groupe naval est, en effet, confronté à un marché national très tendu, notamment en raison des problèmes budgétaires de l'Etat. On pense, bien évidemment, au Livre Blanc sur la Défense et la nouvelle loi de programmation militaire. Toutefois, que certaines coupes sombres interviennent, ou non, dans les projets, la direction de DCNS ne veut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. « L'avenir est marqué par un environnement national incertain. Quelque soient les décisions prises, le marché domestique ne sera pas en croissance. Nous avons donc l'obligation de nous mettre résolument dans une perspective de croissance », affirme Bernard Planchais, directeur général délégué de DCNS. « A l'international, l'environnement est porteur car la mer constitue aujourd'hui un enjeu stratégique, par où passe 90% du commerce mondial. Quand nous regardons l'évolution des budgets en Orient, en Asie et en Amérique latine, nous considérons que nous avons de fortes opportunités ». Pour parvenir à décrocher de nouvelles commandes sur un marché soumis à une concurrence accrue, DCNS fait, comme son actionnaire Thales, le pari de l'implantation locale. De nouvelles filiales vont être notamment créées. « L'enjeu est une internationalisation de l'entreprise avec des implantations durables, sous forme de sociétés ou de bureaux, dans des pays où nous avons décroché des contrats. Il s'agit de mieux maîtriser les transferts de technologie et, en étant présent sur place, de saisir d'autres opportunités dans le naval militaire mais aussi sur d'autres domaines », souligne Bernard Planchais. Ainsi, le groupe a reçu le feu vert des autorités de New Delhi pour créer, en milieu d'année, DCNS India. Une implantation à Athènes sera également lancée le mois prochain dans le but de décrocher la commande de frégates pour la Grèce. Le Français est également présent en Arabie Saoudite, au Chili, en Italie, en Malaisie, à Singapour mais aussi en Bulgarie où la vente de corvettes Gowind est toujours espérée pour une livraison à l'horizon 2013.

Des centrales nucléaires à la maintenance des moyens de production d'énergie des usines

Mais l'avenir de DCNS pourrait passer par « d'autres domaines », comme l'explique Bernard Planchais. « En fonction de nos compétences, il y a des opportunités à saisir ». La modification de la raison sociale de la société, à l'été 2007, lui permet désormais de prétendre à des marchés autres que la construction de navires armés. L'entreprise, qui travaille depuis de longues années avec Areva sur les chaufferies embarquées vise, en premier lieu, le nucléaire civil. Des contrats ont déjà été remportés en 2007. Indret et Cherbourg ont réalisé une maquette de 11 mètres de haut et 19 mètres de large de la future chambre à vide de l'International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER). L'établissement du Cotentin produira, également, des sas pour l'EPR, le réacteur de troisième génération conçu par Areva. « Des discussions sont en, cours sur d'autres contrats, qui pourraient se concrétiser en 2008 ». Outre la réalisation d'éléments destinés aux réacteurs, DCNS souhaite, par ailleurs, se positionner sur l'entretien des installations nucléaires. « Indret réalise des composants pour les sous-marins nucléaires depuis des décennies. De leur côté, les équipes de Toulon, Brest et Cherbourg ont des compétences de maintenance avec, par exemple, les chargements et les déchargements de coeurs. Or, si le marché du nucléaire civil est en croissance, les ressources en compétences restent rares ».
Toujours dans le secteur de la maintenance, DCNS souhaite décrocher des contrats autour de l'exploitation des bases militaires. La révision générale des politiques publiques pourrait en effet aboutir à l'externalisation de services au sein du ministère de la Défense. DCNS convoite, dans le même temps, l'entretien de certains équipements lourds mis en oeuvre dans l'industrie. « Nous avons des compétences pour intervenir sur des moteurs diesels ou des turbines équipant des sites industriels et, ainsi, proposer une hausse de la disponibilité à moindre coût, comme nous l'avons fait pour la maintenance des navires de la Marine nationale. » Pour l'heure, la diversification des activités ne représente que quelques dizaines de millions d'euros. « C'est un démarrage. Nous sommes en phase de test et de connaissance du marché ».

Renforcer les partenariats et les acquisitions

Afin d'assoir son développement, notamment sur de nouveaux marchés, DCNS souhaite renforcer ses partenariats avec d'autres groupes. Ainsi, en matière d'IRM (Information Réseau Maintenance), la création d'une société commune avec Veolia serait envisagée. L'année 2007 a également vu la prise de contrôle par DCNS de la société d'ingénierie nantaise Sirhena, spécialisée dans les systèmes de stabilisation et les drones. La signature d'un accord avec Converteam est intervenue l'an passé en vue de promouvoir Inovelis. Ce pod (moteur électrique placé dans une nacelle orientable) doté d'une hélice carénée inspirée des pompes-hélices des sous-marins, est proposé pour équiper des navires civils, notamment des paquebots. Un accord de coopération a aussi vu le jour avec le Norvégien Kongsberg Defense Aerospace en matière de systèmes de combat. Les deux groupes mènent ensemble l'intégration du SDC des patrouilleurs norvégiens du type Skjold. Pour ce qui est de la Recherche et du Développement, DCNS s'est rapproché du Russe Rosoboronexport. Un accord lie désormais le pôle Ingénierie du groupe français à l'Institut de recherche en construction navale de Krylov. Des études conjointes doivent notamment être réalisées en matière d'hydrodynamisme et d'expérimentation sur de futurs bâtiments de surface et sous-marins. DCNS pourra, par exemple, tester en bassin les carènes de ses prochains projets à l'export, comme les mini-sous-marins du type SMX-23.
Vitale pour le développement des nouveaux produits et donc le maintien des positions de DCNS sur le marché, la R&D nécessite une centaine de millions d'euros par an. Ces investissements, très lourds, permettent à DCNS de travailler sur les navires et les systèmes de combat de demain. Côté équipements, le groupe, qui a mis au point le système de propulsion anaérobie Mesma, travaille d'ores et déjà sur la nouvelle génération d'Air Independent Propulsion (AIP) dont seront dotés les futurs sous-marins. Les travaux se poursuivent également sur la mâture intégrée, qui permettra de regrouper tous les capteurs sur un seul mât. L'autofinancement de cette recherche représente aujourd'hui 3% du chiffre d'affaires de DCNS, où l'on regrette la faiblesse du soutien financier de l'Etat. « Le naval ne représente que 5% du budget de R&D financé par l'Etat dans le secteur militaire. Nous pensons qu'un effort plus important est nécessaire pour permettre le développement des générations futures de produits », note Bernard Planchais.

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