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DCNS/EDF: Bientôt deux hydroliennes à Bréhat

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DCNS/EDF: Bientôt deux hydroliennes à Bréhat

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Après Sabella qui vient de connecter au réseau une première hydrolienne devant Ouessant, EDF s'apprête à installer deux nouvelles turbines sur le site de Paimpol-Bréhat. Nouveau design, nouveaux objectifs. EDF et DCNS voient grand.

300 tonnes pour l'hydrolienne de 16 m de diamètre et 900 tonnes pour son socle capable de la maintenir dans les courants les plus forts. La turbine développée par DCNS-OpenHydro pour EDF impressionne par ses mensurations et son dessin. Si le principe mécanique du prototype a été gardé, le design a profondément évolué avec des pales qui ne vont plus jusqu'au moyeu central. La structure de la turbine n'est plus en composite mais en métal. Seules les pales sont encore en fibre pour leur légèreté et leur propriété mécanique.

 

 

Une première hydrolienne a été testée la semaine dernière en rade de Brest et s'apprête, dès que les conditions météo le permettront, à être posée sur son lieu d'exploitation. La deuxième est toujours en cours d'assemblage dans la base militaire à Brest. Elle devrait être opérationnelle au début du mois de janvier. L'objectif est de connecter au réseau électrique ces deux machines de présérie avant la fin de l'hiver. Cette double connexion constituerait une première mondiale, sur le même câble, à l'aide d'un seul convertisseur pour les deux machines. Ces deux hydroliennes qui pourraient accueillir deux autres modèles sur le site de Paimpol sont programmées pour fonctionner cinq années, dans le cadre d'une concession de quinze ans.

Sept machines au Raz-Blanchard

La véritable dimension industrielle est programmée à Cherbourg, autour du projet d'implantation d'une ferme d'exploitation dans le Raz-Blanchard (sept machines raccordées en 2018 selon EDF), disposant de courants beaucoup plus forts que sur le premier site d'expérimentation. La puissance visée dans les Côtes-d'Armor est d'un demi-mégawatt par machine, soit une couverture électrique estimée à 500 foyers. Mais dans les courants les plus forts, comme ceux de la baie de Fundy au Canada, où EDF mène un projet strictement identique avec le développement de deux machines de même taille, les turbines pourront donner jusqu'à deux mégawatts. «  À terme, nous visons la production de sept machines par an et une montée en puissance jusqu'à 25 » explique Remi Courtial, maître d'oeuvre pour EDF.

La Bretagne devancée

Construit à Belfort, le convertisseur électrique, pièce maîtresse du dispositif sous-marin, est fourni par Général Electric. La construction et l'assemblage de l'hydrolienne s'effectueront à Cherbourg. Les pales en composite et les prochaines barges continueront-elles à être construites à Lorient ? Brest, pourtant bien positionné pour assurer la maintenance et le suivi du site de Paimpol-Bréhat, doit s'incliner une nouvelle fois face à Cherbourg. Le projet développé par EDF et DCNS-OpenHydro a fini par échapper en grande partie à la Bretagne. Reste la carte Sabella, à Ouessant, déjà connectée au réseau électrique et également présente sur l'échiquier international.

Le programme de 40 M€ financé par EDF englobe la mise au point de la technologie et l'exploitation du site de Paimpol-Bréhat pendant au moins cinq ans.

Un article de la rédaction du Télégramme

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