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Déconfinement et retour en mer : les interventions en hausse, appels à la prudence

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Déconfinement et retour en mer : les interventions en hausse, appels à la prudence

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Après quelques valses hésitations et des confusions, les plages du littoral français ont fini par rouvrir après plus de six semaines de confinement. Les loisirs nautiques et la plaisance peuvent également à nouveau être pratiqués. Le pont du week-end de l’Ascension, qui a bénéficié d’une très belle météo, a ainsi vu un afflux massif sur le littoral. Avec son lot d’accidents et d’incidents, pour certains aux caractéristiques « habituelles » pour d’autres davantage liés au déconfinement, avec en particulier beaucoup de problèmes techniques sur les bateaux des plaisanciers.

La SNSM enregistre 80 sorties pour le seul week-end de l'Ascension

Les sauveteurs bénévoles de la SNSM n'ont pas chômé lors du pont de l'Ascension. Pas moins de 80 sorties ont été enregistrés pour ce que l’association qualifie de « week-end lourd en interventions ». Remorquage d'un voilier à Dunkerque, avaries sur des vedettes à Propriano, La Rochelle, Porto-Vecchio, Ouistreham, déséchouement d'un bateau à Quiberon ou encore recherche de disparus dans le Finistère, le Morbihan ou en Corse... La SNSM, dans l'optique de la saison à venir, conseille aux plaisanciers de s'équiper d'un dispositif individuel d'alerte et de localisation qui permet de donner la position exacte de son porteur et de réduire ainsi considérablement les délais de sauvetage.

Sur la façade atlantique

« Sur notre zone, qui va du Mont St Michel à la frontière basque, nous avons constaté entre 20 et 30% d’interventions des secours en plus par rapport à l’an passé », explique-t-on à la préfecture maritime de l’Atlantique. Le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de Corsen, qui surveille la partie septentrionale de cette zone, a enregistré 82 opérations (avec trois zones qui se détachent : le parc marin de l’Iroise, la baie de Saint-Malo et l’ouest Trégor) depuis le 11 mai, « 30 % d’entre elles étaient liées à des avaries de propulsion sur des unités de plaisance ». Le confinement ayant bousculé nombre de routine, certains ont pu oublier de réviser leur moteur ou tout simplement de faire le plein. « Nous insistons sur la nécessité de bien vérifier l’état de son bateau avant de prendre la mer, et également de prendre un moyen de communication pour pouvoir joindre le 196 en cas de problème ». Le CROSS Etel a coordonné 158 opérations, « on a vu évidemment une nette hausse de la fréquentation du littoral à la faveur du déconfinement, du pont et de la très belle météo ». Plusieurs zones ont concentré les opérations : Lorient-Groix, le golfe du Morbihan, Quiberon et le bassin d’Arcachon. « En tout, quatre personnes sont décédées, deux autres disparues sur la façade Atlantique. Avec le déconfinement, tout le monde a envie d’aller en mer, de rattraper le temps perdu ce qui a parfois pu amener à prendre des risques alors même que la forme physique a parfois été altérée par le manque de sport pendant le confinement. Nous voulons rappeler à tout le monde que la mer peut encore être très formée à cette période de l’année et la différence entre la température de l’eau et celle de l’air est encore très importante ». La préfecture maritime de l’Atlantique a donc décidé de miser sur la prévention et mène une campagne active sur les réseaux sociaux pour « appeler à la vigilance et la prudence ».

En Méditerranée 

Sur la façade méditerranéenne, le déconfinement a lui-aussi vu le retour des activités nautiques et avec elles les opérations de sauvetage. Sans hausse majeure néanmoins, assure-t-on à la préfecture maritime de la Méditerranée. Une stabilité à relativiser toutefois car du fait de la fermeture des frontières et des limitations de circulation dans le pays, les touristes ne sont pas encore là. « Sur le premier week-end ayant suivi le déconfinement, le volume des opérations coordonnées par le CROSS Med a été équivalent à ce que l’on avait l’année dernière à la même période, avec cependant un public différent puisque globalement local. Il y a eu une vingtaine d’opérations notables et deux décès, un jeune apnéiste près des Embiez et un plaisancier au large de Nice suite à un malaise ». Les usagers de la mer, pressés de retrouver l’eau après une longue période d’interdiction, ont-ils fait plus que d’habitude preuve d’inconscience ou d’imprudence ? « On ne note pas forcément plus d’inconscience et d’imprudence, plutôt des gens qui veulent repartir vite et qui n’ont pas vérifié comme il se devait leur matériel ». Depuis le week-end dernier, deux bateaux ont d’ailleurs été secourus pour des pannes de moteur, peut-être liées justement à un problème d’entretien. « La période habituelle de préparation des bateaux avant la saison a été elle aussi perturbée car les usagers étaient confinés. Il faut prendre compte cette dimension et bien vérifier le matériel avant de prendre la mer, c’est l’un des grands messages que nous adressons aujourd’hui aux usagers. L’autre porte sur la condition physique. La période de confinement n’a pas été propice aux activités sportives et il ne faut donc pas surestimer ses capacités pour la reprise des activités, en particulier la plongée ou le kitesurf ».

En Manche et mer du Nord

Dans le secteur de la Manche et de la mer du Nord, différentes opérations de sauvetage sont intervenues depuis le week-end du 15 mai, nécessitant le déploiement de moyens aériens et nautiques. Une tendance qui s’est évidemment poursuivie du jeudi 21 au lundi 25 mai, le week-end de l’Ascension s’étant accompagné d’une météo clémente et ensoleillée, conjuguée à des autorisations dérogatoires prises pour de plus en plus de zones par les préfets de département. Ces conditions ont favorisé la pratique des loisirs nautiques et de la plaisance. Avec leur lot d’opérations d’assistance et de sauvetage sur l’ensemble de cette façade, où les CROSS ont recensé 20 opérations au cours de ce week-end de quatre jours. La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord appelle donc, elle aussi, à « la vigilance et la préparation nécessaire face à la dangerosité que peuvent représenter les loisirs nautiques en mer et les sorties de plaisance. Il est essentiel de contacter le 196 au moindre doute, que vous soyez usager de la mer ou témoin ». Pour leur sécurité, il est demandé aux usagers de vérifier l’état de leur embarcation, le niveau de carburant avant de partir en mer et que la révision annuelle des moteurs soit faite. « Cinq des opérations du week-end dernier concernent des pannes de bateaux de plaisance ou de jet-ski qui ont nécessité l’intervention de stations SNSM locales. Les CROSS ont recensé plusieurs alertes pour des engins en mauvais état, comme le démâtage d’un catamaran au large de Cabourg ou encore une voile de kitesurf déchirée au large de Merville-Franceville ». Il est également impératif de vérifier les horaires des marées avant de se rendre en mer. Cela, pour éviter par exemple la mésaventure d’un bateau de plaisance secouru le 21 mai : « L’embarcation a heurté le fond et s’est échouée sur un banc de sable découvert par la marée. La manœuvre a provoqué une importante voie d’eau qui a nécessité l’intervention de la SNSM de Chausey pour obstruer la brèche dans la coque avant que la marée ne remonte et l’envahisse. Une fois réparée, les sauveteurs de la SNSM ont remorqué et escorté la vedette de plaisance jusqu’au port du Herel. Cette opération a mobilisé les sauveteurs en mer pendant près de 7 heures ». Autre exemple, le samedi 23 mai, une opération coordonnée par le CROSS Jobourg avec la SNSM de Honfleur a permis de secourir 3 personnes isolées par la marée et qui s’étaient mises à l’abri dans le refuge de la digue du ratier. La préfecture maritime rappelle aussi qu’il faut absolument examiner en détail les prévisions météorologiques avant de naviguer. Ce qui évitera, comme le jeudi 21 mai, de devoir lancer une opération d’assistance pour guider un voilier perdu dans le brouillard dans le secteur de Saint-Germain-sur-Ay.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.