Marine Marchande
Décrue : les transporteurs fluviaux inquiets des dégâts sur le réseau

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Décrue : les transporteurs fluviaux inquiets des dégâts sur le réseau

Marine Marchande

Les fortes précipitations de mai et juin 2016 qui ont touché l'Île-de-France ainsi qu'une partie du Centre et du Nord ont entraîné un épisode de crue historique, en particulier sur l'axe séquanien et sur la Marne.
  Cette crue exceptionnelle a fait apparaître, si besoin en était, l'insuffisance de l'entretien du réseau fluvial français et de ses infrastructures. Les barrages, vieillissants et pour certains en travaux, n'ont pas joué pleinement leur rôle de régulation des risques hydrologiques. Le manque chronique de dragage des fleuves, rivières et canaux, propice à un envasement des voies d'eau, a aggravé les effets d'une crue déjà exceptionnelle.

L'augmentation du niveau des cours d'eau a conduit à des interdictions totales de navigation sur la Seine, la Marne, la Moselle, l'Yonne, le Loing, le canal de Briare, le réseau Nord-Pas-de-Calais, etc. et ce, durant plusieurs jours. Des centaines de bateaux de marchandises s'y sont trouvés bloqués, entraînant d'importantes pertes d'exploitation qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par jour pour les plus grandes unités fluviales, ainsi que des mises au chômage technique.

A titre d'exemple, plus d'une vingtaine de bateaux de marchandises restent encore bloqués à l'écluse de Vives-Eaux dans l'attente de savoir si demain, dans trois jours ou dans une semaine ils pourront de nouveau reprendre leur activité et dans quelles conditions.

La décrue qui s'est amorcée suscite des inquiétudes de la part des professionnels qui ne sont pas assurés de pouvoir retrouver des conditions de navigation garantissant un niveau de sécurité satisfaisant. 

La crue a provoqué des dommages sur de nombreux ouvrages fluviaux : digues rompues, berges et quais effondrés, barrages endommagés, portes d'écluses éventrées, plateformes logistiques inondées, signalisation arrachée, etc. L'étendue des dégâts reste pour l'heure inconnue, mais pourrait être sans précédent et nécessiter d'importants travaux de remise en état et ainsi reporter d'autant un retour à la normale de l'activité fluviale. La réouverture progressive à la navigation pourrait en effet s'étaler sur plusieurs semaines, voire, sur certains réseaux, sur plusieurs mois.

Communiqué de la Chambre nationale de la batellerie artisanale, 9/06/16