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Dégradation du monument des sous-mariniers : La météo et des vélos ?

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Dégradation du monument des sous-mariniers : La météo et des vélos ?

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Après une première constatation lundi soir, les gendarmes maritimes ont poursuivi hier leurs investigations pour savoir si le monument en mémoire des sous-mariniers morts en service commandé avait été ou non volontairement dégradé. Pour mémoire, des membres de l’association générale des amicales de sous-mariniers (AGASM) avaient constaté une détérioration suspecte des plaques en bronze portant les noms des militaires défunts suite à une cérémonie le 27 novembre, trois semaines après une précédente commémoration sur le site.

 

(© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Pensant immédiatement à un acte de vandalisme, ils ont pensé qu’un produit corrosif avait été déversé sur les plaques. Une hypothèse que les gendarmes n’ont pas confirmée. « Il n’y pas de flagrant délit et pas de preuves formelles de dégradations à ce stade », explique-t-on à la préfecture maritime de la Méditerranée. Suite aux observations, une autre piste est avancée, qui signifierait si elle est validée que les apparences sont très trompeuses, ce qui est parfois le cas : « Des images plus anciennes des plaques montrent un début de dégradation naturelle et déjà des traces un peu circulaires, qui pourraient provenir d’actes totalement insouciants de jeunes avec leurs skateboards, sans volonté de nuire ou de porter atteinte à la mémoire des sous-mariniers morts pour la France et les Français ».

 

(© : MARINE NATIONALE)

(© : MARINE NATIONALE)

 

Des vélos plutôt que des skates

De l’avis des spécialistes, si une activité sportive est peut être à l’origine de certaines marques, il faudrait en fait regarder non pas vers les skates, mais plutôt du côté des BMX (vélos de cross) équipés de « pegs ». Ces excroissances métalliques fixées sur l’axe des roues avant et arrière permettent de s'y appuyer pour réaliser des acrobaties. C’est ce que nous a indiqué la Fédération Française de Roller Sports, qui regroupe ces spécialités et à laquelle nous avons envoyé les photos du monument pour avoir son avis. « Au regard de la forme des dégradations, cela ressemblent plutôt à des pegs de BMX qu’à du skateboard ou de la trottinette. Les skates ne peuvent pas causer ce genre de traces, ni les rollers. Cela aurait pu être une trottinette avec des pegs mais une des traces sur une photo montre une courbe qui remonte, ce qui veut dire que l’engin s’est repropulsé alors qu’il était dans la courbe, ça ne peut se faire qu’avec un vélo », explique-t-on à la FFRS. 

 

Cérémonie le 4 septembre dernier. Des traces sont déjà visibles sur les plaques (© : MARINE NATIONALE)

Cérémonie le 4 septembre dernier. Des traces sont déjà visibles sur les plaques (© : MARINE NATIONALE)

 

Alors que le monument est installé dans le parc paysager de la Tour Royale, au Mourillon, il se pourrait donc que des utilisateurs de BMX aient abîmé le vernis protégeant le bronze, accélérant l’usure et la corrosion à certains endroits. Mais cela reste bien entendu une hypothèse et le mystère pourrait bien durer puisqu'à ce jour, à défaut d'un dépôt de plainte, aucune enquête n'a été lancée. Puisqu'il n'a été constaté ni inscription ni revendication hostile à la Marine nationale ou aux sous-mariniers, les autorités militaires et civiles s'en tiennent donc à la piste d'une cause « naturelle », doublée, éventuellement, d’un facteur extérieur « non intentionnel ». 

Quoiqu’il en soit, les photos montrent que le monument aura besoin d’une rénovation, certains des 1600 noms de sous-mariniers inscrits sur les plaques n’étant presque plus visibles ou lisibles. C’est en 2009 que le mémorial a été inauguré sur un terrain dont la gestion a été transférée l’année précédente par le ministère de la Défense à la ville de Toulon.