Construction Navale

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Delavergne sort d’une très bonne année

Construction Navale

En Vendée, le chantier Delavergne profite d’une dynamique nouvelle. « Depuis l’année dernière, les commandes et les discussions pour de potentiels contrats se développent fortement », explique Patrick Delavergne. Cet ancien chaudronnier, qui a lancé sa société dans le domaine naval en 1983, est toujours à la barre. Spécialisée dans l'aluminium, l’entreprise bénéficie d’une surface industrielle de 6000 m2 d’ateliers sur son site d’Avrillé, où elle a emménagé en 1990. « Nous sommes satisfaits de nos bâtiments. Il n’y a pas de besoin d’agrandissement », détaille le patron du chantier, qui peut produire des unités mesurant jusqu’à 35 mètres.

Des besoins en main-d’oeuvre

Depuis l’ouverture du site, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. « J’ai commencé là-bas par construire un catamaran myticole de 16 mètres avec un seul ouvrier ». Aujourd’hui, 15 salariés animent l’entreprise, ainsi qu'une quinzaine d’autres personnes travaillant en tant que sous-traitants lors des pics de charge. « Nous restons maîtres des opérations. Nous sommes responsables des travaux », indique Patrick Delavergne, qui regrette toutefois de ne pas trouver de nouveaux employés. La Vendée est en effet un territoire où le taux de chômage est bas et les compétences demandées en soudure aluminium difficiles à trouver chez les candidats. L’entreprise a du mal à embaucher les 5 ou 6 nouveaux employés dont elle a besoin.

 

Patrick Delavergne, à côté d'une maquette du baliseur Gavrinis ( © MER ET MARINE - MATTHIAS ESPERANDIEU)

 

Une forte activité depuis plusieurs mois

La reprise est donc palpable depuis 2017. Outre des vedettes de moins de 10 mètres de longueur pour différents services portuaires, le chantier s’est aussi distingué par des productions innovantes.

En mars 2018, Delavergne a livré le Bernard Palissy 3, un bateau de tourisme fluvial pour Pascal Duc, armateur dans la région charentaise. Il mesure 24.65 mètres pour une largeur de 6.30 mètres avec un tirant d’eau de 0.45 mètre. Ce navire en aluminium peut accueillir 149 passagers et 8 à 10 vélos. Il croise dans des vitesses comprises entre 9 et 13 km/h. Dessiné par le bureau d’études Ship-ST, il incorpore une propulsion hybride électro-solaire.

 

Le Bernard Palissy 3 donne déjà satisfaction à son armateur ( © PHOTO VIDEO 17)

Les batteries du Bernard Palissy 3 (© ALTERNATIVES ÉNERGIES)

 

Cette propulsion repose sur des batteries recyclables lithium/fer/phosphate non inflammable avec 7h30 d’autonomie et deux moteurs de 36 kW. Il naviguera en moyenne 9h30 par jour. Sa fabrication a coûté 1.2 million d’euros, dont 5% du coût lié aux moteurs et 13% aux batteries. L’ensemble batterie énergie propulsion a été conçu par Alternatives Énergies, une entreprise de La Rochelle. Ce qui tombe bien, car généralement les essais des bateaux construits chez Delavergne ont lieu depuis le port charentais. 

 

(© PHOTO VIDEO 17)

 

Par ailleurs, le chantier vendéen s’est aussi illustré dans la construction du Gavrinis pour le compte de l’Armement des Phares et Balises. Livré en novembre dernier, il a été officiellement baptisé mardi 15 mai lors du salon Navexpo de Lorient qui s’est terminé hier. Ce baliseur côtier de 27 mètres est appelé à travailler le long du littoral du Morbihan et du Finistère. Réalisé à partir d’un design du bureau d’études HT2, le Gavrinis a été optimisé pour réduire son empreinte environnementale, avec une consommation réduite en carburant ou encore l’intégration de caisses de traitement des eaux usées (grises et noires), pour lesquelles l'APB aurait pu obtenir une dérogation mais que l'armement public a préféré avoir dans le cadre de sa volonté d'exploiter des bateaux plus vertueux. 

 

Le Gavrinis lors de sa construction chez Delavergne ( © APB)

Le Gavrinis à quai au port de Lorient La Base lors du salon Navexpo ( © MER ET MARINE - MATTHIAS ESPERANDIEU)

 

Du crew boat à l’amphibie pour 2018

Le chantier Delavergne travaille actuellement sur une commande de deux crew boats pour un opérateur offshore au Gabon. Ce sont des navires monoques équipés de moteurs Scania de 550 ch. La première unité, appelée Jeanne, a quitté La Rochelle il y a trois semaines alors que la seconde, Christina, est en finition au chantier d’Avrillé.

 

Le crew boat Jeanne pour un opérateur offshore au gabon ( © CHANTIER DELAVERGNE)

 

Enfin, les prochains projets de l’entreprise concernent un chaland myticole et un engin amphibie. Le premier est destiné à un client de La Rochelle. Le second, conçu par HT2, est pour un exploitant du Vivier-sur-Mer. Cet amphibie de 18 mètres doit pouvoir se déplacer à la même vitesse qu’un navire normal en mer, et ce grâce à système de relèvement original des roues qui reste pour l’instant encore confidentiel. La livraison est prévue pour l’été prochain.

 

Chantiers Navals 2018