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Démonstration des moyens satellites du BPC Tonnerre au salon du Bourget

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Démonstration des moyens satellites du BPC Tonnerre au salon du Bourget

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Cinquante ans après le lancement du satellite russe Spoutnik, qui avait ouvert l'ère de la conquête spatiale, l'espace sera à l'honneur du salon aéronautique de Paris, qui se tiendra au Bourget du 18 au 24 juin. La Marine nationale a été sollicitée pour présenter l'importance du domaine spatial dans ses missions opérationnelles. Pour cela, une communication sera établie, deux fois par jour, entre le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre et le stand du ministère de la Défense. En escale à Rio de Janeiro depuis le 10 juin, le BPC naviguera, au moment du salon, entre le Brésil et l'Afrique du Sud. Outre les conférences prévues quotidiennement, à 11 H et 15 H, deux webcams ont été installées à bord durant l'escale à Fort de France, du 25 au 28 mai. Elles permettront aux visiteurs de découvrir, en temps réel, l'activité du pont d'envol et de la passerelle. Avec son sistership, le Mistral, le BPC Tonnerre est doté des plus importants moyens de liaisons par satellites en service dans la marine française. leurs capacités dépassent même, en matière de débit, celles du porte-avions Charles de Gaulle. Chaque jour, les officiers du Tonnerre expliqueront aux invités présents au salon du Bourget l'intérêt des investissements consentis dans le domaine spatial, un outil devenu indispensable pour les armées modernes. « Le satellite permet de travailler n'importe où, en s'affranchissant des distances, et de communiquer en permanence et au travers de lignes sécurisées avec l'état major », explique un officier. Les Mistral et Tonnerre disposent du nouveau système Syracuse 3 et peuvent transmettre des volumes de données très importants. Par rapport à une station terrestre, le challenge technologique a notamment résidé dans la maîtrise de l'univers marin, avec une plateforme mobile soumise aux mouvements de houle. Afin de maintenir une liaison visuelle et sonore permanente, il fallait donc parvenir à conserver un faisceau satellite cohérent. A l'instar d'une webcam sur Internet, le système satellite utilisé par la marine permettrait, grâce à un débit supérieur à 500 kb par seconde, d'obtenir une image à la résolution équivalente à celle d'un téléviseur.

De la liaison de données tactiques à la télémédecine

Pour le Tonnerre, qui est un bâtiment de commandement, il était nécessaire de disposer d'un important débit pour les liaisons satellites, afin de transmettre au plus vite les informations vers les centres de décisions. Le système a, également, été conçu pour s'adapter à une autre grande fonction des BPC, celle de centre hospitalier. Cette capacité peut aussi bien servir en cas de guerre qu'en cas de catastrophe naturelle ou d'opération humanitaire, comme ce fut le cas l'été dernier au Liban. Avec un total de 800 m², les BPC sont les plus gros hôpitaux flottants de la marine, avec des moyens analogues à ceux d'un hôpital militaire de campagne. « Auparavant, les navires n'assuraient que le transit des blessés. Désormais, les Mistral et Tonnerre peuvent les accueillir, les soigner et les conserver longtemps à bord. Cette fonction est d'autant plus intéressante que, dans certaines zones de conflits, les hôpitaux peuvent devenir des cibles ». Doté de 2 blocs opératoires et jusqu'à 70 lits, les BPC embarquent une équipe médicale. Néanmoins, les médecins et chirurgiens ne peuvent être des spécialistes de toutes les pathologies. C'est là qu'interviennent les capacités de liaisons satellitaires du bâtiment. Avec elles, la télémédecine en mer devient une réalité. Ainsi, le médecin peut être aidé, en direct, par un spécialiste situé à terre. Celui-ci peut suivre l'intervention en direct et en vidéo, tout en conseillant son collègue et en guidant ses gestes.
Afin de permettre la communication entre le Tonnerre et le Bourget, une liaison « double bond » a été installée, chacun pouvant émettre et recevoir. Au salon, un Véhicule de l'Avant Blindé (VAB) doté d'un système Syracuse assurera le relais avec le stand. Interopérable avec les forces alliées, le système Syracuse 3 remplace progressivement le Syracuse 2 dans les armées françaises, notamment la marine. Un premier satellite (Syracuse 3A) a été lancé en 2005 et un second l'année suivante (3B). Deux autres satellites de l'ancienne génération sont toujours en service pour assurer le maillage. La France dispose également d'accords pour l'utilisation de moyens internationaux, notamment ceux de l'OTAN.
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- Voir notre dossier sur les Bâtiments de Projection et de Commandement

- Voir notre article sur le retour d'expérience du Mistral au Liban


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