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Départ de la 12ème mission Jeanne d’Arc

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Départ de la 12ème mission Jeanne d’Arc

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Le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre et la frégate Surcouf ont appareillé hier de Toulon pour conduire la 12ème édition de la mission Jeanne d’Arc, un départ en présence du chef d'état-major de la Marine nationale, l'amiral Pierre Vandier. Ce déploiement de cinq mois répond à trois objectifs : parachever la formation des officiers-élèves, déployer des capacités opérationnelles dans des zones d’intérêt stratégique et conduire des opérations de coopération avec les pays riverains des régions traversées. Cette année, le groupe amphibie assurant la mission Jeanne d’Arc évoluera en Méditerranée, en mer Rouge, en océan Indien et jusque dans le Pacifique, en passant par la mer de Chine méridionale.

 

La frégate Surcouf lançant le départ de la mission avec son canon de salut (© FRANCIS JACQUOT)

La frégate Surcouf lançant le départ de la mission avec son canon de salut (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le Surcouf quittant Toulon en longeant dans la rade son aîné, le La Fayette  (© FRANCIS JACQUOT)

Le Surcouf quittant Toulon en longeant dans la rade son aîné, le La Fayette  (© FRANCIS JACQUOT)

Le Tonnerre quittant Toulon, militaires au poste de bande sur le pont d'envol  (© FRANCIS JACQUOT)

Le Tonnerre quittant Toulon, militaires au poste de bande sur le pont d'envol  (© FRANCIS JACQUOT)

Le Tonnerre quittant Toulon, militaires au poste de bande sur le pont d'envol  (© FRANCIS JACQUOT)

Le Tonnerre quittant Toulon, militaires au poste de bande sur le pont d'envol  (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le Tonnerre embarquant sa batellerie avant de quitter Toulon  (© FRANCIS JACQUOT)

Le Tonnerre embarquant sa batellerie avant de quitter Toulon  (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

En plus des équipages (200 marins pour le Tonnerre et 150 pour le Surcouf), le groupe accueille 148 officiers-élèves (Ecole navale, officiers sous contrat long, commissaires), dont 8 étrangers suivant le cursus de l’Ecole navale (de nationalités allemande, camerounaise, ivoirienne, malgache, togolaise et vietnamienne) et 5 autres invités (ils viennent d’Egypte, d’Ethiopie, d’Indonésie, de Malaisie et du Maroc). S’y ajouteront pour des périodes courtes 61 stagiaires (administrateurs des Affaires maritimes, médecins des armées, ingénieurs de la DGA et étudiants de l’EDHEC).

Pour le volet opérationnel, le PHA compte à son bord des éléments de l’armée de Terre, avec un groupe tactique embarqué (GTE) comprenant 155 militaires de la 6ème brigade légère blindée. Il est composé d’une compagnie de commandement du 2e régiment étranger d’infanterie, une compagnie de commandement du 2e régiment étranger d’infanterie, un peloton blindé du 1er régiment de spahis, deux sections de combat du 31e régiment de génie, une section d’artillerie sol-air du 54e régiment d’artillerie et une équipe JTAC (joint terminal attack controller) du 3e régiment d’artillerie de marine. S’y ajouteront deux hélicoptères Gazelle et 30 personnels de la 4ème brigade d’aérocombat. Les moyens terrestres pourront être mis en œuvre par la batellerie du Tonnerre, constituée d’un engin de débarquement amphibie rapide (EDAR) et deux chalands de transport de matériel (CTM). Les moyens aériens sont par ailleurs complétés par un hélicoptère Panther de la flottille 36F embarqué sur la frégate Surcouf.

Pour ce qui est de la mission, le groupe Jeanne d’Arc, à l’issue d’une période d’entrainement initial, va mettre le cap sur la Méditerranée orientale et franchira le canal de Suez avec, en sortie, un passage prévu à Safaga et des manœuvres avec la marine égyptienne en mer Rouge. Le Tonnerre et le Surcouf arriveront ensuite à Djibouti, où se déroulera l’exercice amphibie Wakri. Les deux Gazelle ainsi qu’une grande partie du groupe tactique embarqué quitteront alors le PHA, qui ne conservera à son bord qu’une section du génie et une section d’infanterie. Après Djibouti, l’Etat-major des armées considère en effet que si intervention il doit y avoir pour la suite de la mission, le scenario privilégié est une opération d’assistance aux populations, ne nécessitant pas la présence à bord du GTE.

Après Djibouti, le groupe amphibie partira pour l’Inde, avec une escale prévue à Cochin, en Inde, et une participation à Varuna exercice régulier entre les marines française et indienne auquel doit également se joindre le groupe aéronaval emmené par le porte-avions Charles de Gaulle. Le Tonnerre et le Surcouf mettront ensuite le cap sur l’Indonésie, avec chemin faisant l’exercice Lapérouse organisé au large de Sumatra avec les Indiens, les Japonais et les Américains, et une escale programmée à Sabang. Les bâtiments français descendront ensuite le détroit de Malacca pour après pénétrer en mer de Chine méridionale. Une importante séquence est alors prévue au Vietnam, avec des passages à Cam Ranh et Haiphong, avant que le groupe poursuive au nord vers le Japon. Il ne passera normalement pas par le détroit de Taïwan, afin d'éviter de trop provoquer la Chine qui devrait déjà être suffisamment agacée par les manoeuvres des Français et de leurs alliés (les Australiens devraient être aussi présents). Le PHA et son escorte passeront donc juste au sud de Taïwan pour doubler l'île par l’Est et rejoindre le Japon, d’abord Sasebo puis Okinawa. Les bâtiments reviendront ensuite en mer de Chine, en participant au passage au contrôle international de l’embargo pesant sur la Corée du nord, comme le fait actuellement la frégate Vendémiaire. Après le déploiement de celle-ci, du sous-marin nucléaire d’attaque Emeraude et du bâtiment de soutien Seine dans la zone ces derniers mois, l’importante partie asiatique de la mission Jeanne d’Arc permet de continuer à marquer la présence navale tricolore dans cette région dont la France est riveraine. Paris veut ainsi montrer son attachement à la liberté de naviguer dans les eaux internationales, notamment dans le secteur contesté de la mer de Chine, et renforcer la coopération avec alliés et partenaires régionaux, dont l'Australie et le Japon, mais aussi les forces américaines présentes dans la zone indopacifique. Sans oublier les Britanniques, qui déploieront au second semestre leur groupe aéronaval jusqu'en Asie. La séquence régionale de la mission Jeanne d'Arc se terminera par un important moment diplomatique puisque le Tonnerre et le Surcouf doivent être présents à Singapour au moment de la tenue du prochain Shangri-La Dialogue, prévu pour s’y dérouler les 5 et 6 juin.

 

 

A l’issue, le groupe Jeanne d’Arc retraversera l’océan Indien, avec en cours de route une escale prévu au Sri Lanka, avant de participer aux opérations européenne (Atalante) et internationale (CTF 150) de lutte contre la piraterie, les trafics illicites et le terrorisme au large de la corne d’Afrique. Puis ce sera la remontée de la mer Rouge et une dernière escale prévue en Egypte, cette fois à Alexandrie. Une présence très marquée dans ce pays alors que Paris et Le Caire sont de nouveau en discussion pour des commandes d'équipements militaires. Enfin, avant le retour des bâtiments à Toulon, prévu le 14 juillet, se déroulera Etendard, le grand exercice de synthèse des officiers-élèves qui mettront en pratique tout ce qu’ils ont appris durant la campagne. 

On notera enfin qu’à l’instar des 3000 marins du groupe aéronaval, tous les personnels participant à la mission Jeanne d’Arc ont été vaccinés contre le Covid-19.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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