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Dernière cérémonie des couleurs sur le Jean de Vienne

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Dernière cérémonie des couleurs sur le Jean de Vienne

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Après une ultime sortie à la mer le 1er juin 2018, la frégate anti-sous-marine Jean de Vienne a connu hier, à Toulon, sa dernière cérémonie des couleurs. Désarmé, le bâtiment est maintenant voué à intégrer la filière de déconstruction des vieilles coques de la Marine nationale, avec peut-être, au préalable, un séjour plus ou moins long en tant que brise-lames.

Construit à Brest et mis en service en mai 1984, le Jean de Vienne est la quatrième des sept frégates du type F70 ASM, une série qui a commencé avec le Georges Leygues (1979), désarmé en septembre 2013. Après la mise en retraite des Dupleix (1981) et Montcalm (1982), en 2014 et 2017, le Jean de Vienne était la dernière unité toulonnaise de cette classe. Ces bâtiments sont remplacés par les nouvelles frégates multi-missions (FREMM), dont trois exemplaires sont désormais basés à Toulon, les Provence, Languedoc et Auvergne, respectivement livrés en 2015, 2016 et 2017 par Naval Group.  

Il ne reste désormais plus que trois F70 ASM dans la flotte française, les Primauguet (1986), La Motte-Picquet (1988) et Latouche-Tréville (1990), toutes stationnées à Brest. La première sera retirée du service cet été et les deux dernières à l’horizon 2022. Le renouvellement des frégates brestoises est également assuré par les nouvelles FREMM, avec actuellement deux unités, l’Aquitaine (2012) et la Bretagne (2018), la Normandie allant les rejoindre cette année. Une quatrième frégate s’y ajoutera lorsque les deux FREMM à capacités antiaériennes renforcées, les futures Alsace et Lorraine, seront opérationnelles. En construction à Lorient et livrables en 2021 et 2022, ces unités succèderont aux deux frégates antiaériennes du type F70 AA, les Cassard (1988) et Jean Bart (1991), basées à Toulon. La première sera retirée du service dès cette année.

Long de 139 mètres pour une largeur de 15 mètres et un déplacement de plus de 4800 tonnes en charge, le Jean de Vienne était armé par 215 marins, avec comme dernier commandant le capitaine de vaisseau Fabrice Berthelot. Il a été conçu pour pouvoir atteindre la vitesse de 30 nœuds grâce à deux turbines à gaz Olympus, version navalisée des réacteurs du Concorde.

Destinée prioritairement à la lutte anti-sous-marine, la frégate mettait en œuvre un sonar de coque, son  DUBV-23 d’origine ayant été remplacé en 2008 par un UMS 4110 intégré dans le bulbe d’étrave. S’y ajoutait un sonar remorqué à immersion variable DUBV-43. Le bâtiment comptait deux tubes lance-torpilles, restés équipés des anciennes L5 (remplacées par des MU90 sur les FASM brestoises). La lutte ASM était aussi conduite grâce à un hélicoptère Lynx pouvant mettre en œuvre un sonar trempé et des torpilles. Le hangar a été dimensionné pour accueillir deux appareils de ce type, configuration qui était devenue depuis longtemps exceptionnelle mais qui redevint d'actualité sur le Jean de Vienne pendant la mission Arromanches en 2016.

Equipé de radars DRBV-26 et DRBV-15 pour la veille surface et aérienne, le Jean de Vienne pouvait mettre en œuvre jusqu’à 8 missiles antinavire Exocet MM40, logés en quatre rampes doubles. A la fin des années 90, dans le cadre de la refonte OP3A, destinée à améliorer leurs capacités de d’autodéfense anti-missile, les Dupleix, Montcalm et Jean de Vienne avaient vu l’intégration au-dessus de la passerelle principale d’une nouvelle structure accueillant une passerelle de défense à vue. Ces frégates ont également reçu à cette occasion de nouveaux moyens de guerre électronique et de l’armement supplémentaire, avec l’ajout de deux systèmes surface-air à courte portée Sadral complétant le système Crotale d’origine. L’artillerie a également été musclée à cette époque, les trois frégates intégrant en plus de leur tourelle de 100mm deux canons Breda-Mauser de 30mm. Ces systèmes ont néanmoins été débarqués en 2012, l’artillerie secondaire étant depuis basée sur des affûts de 20mm et 12.7mm.

 

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