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Dernière ligne droite pour le rapprochement entre DCN et Thales

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Dernière ligne droite pour le rapprochement entre DCN et Thales

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Conformément à leur volonté, DCN et Thales pourraient annoncer leur rapprochement effectif dans les derniers jours de mars. La date du 28 ou du 29 est évoquée, un comité central d'entreprise extraordinaire étant prévu le 27 mars. Avant cette date, les industriels doivent obtenir le feu vert de la Commission des participations et des transferts, saisie le mois dernier, mais aussi de la Commission européenne dont l'avis est attendu la semaine prochaine. L'entrée en vigueur de l'accord marquera la fin d'un long processus de regroupement des activités navales françaises, initié en 2003 avec le changement de statut des anciens arsenaux. Suite à la lettre d'intention de décembre 2005, les accords entérinant le projet Convergence avaient été signés le 30 janvier dernier par les industriels et les ministères de la Défense et de l'Economie.
Le projet autorise Thales à entrer à hauteur de 25% dans le capital de DCN, avec la possibilité de porter sa participation à 35% dans les deux ans. Dans le même temps, DCN rachète les activités navales françaises de Thales, hors équipements. Le leader européen du naval militaire prend également le contrôle, à 100%, d'Armaris, filiale commune en charge des programmes à l'export et en coopération (Horzion, FREMM, Agosta 90B, Scorpène...) ainsi que de MOPA2, société chargée de la maîtrise d'oeuvre du projet de second porte-avions. La valeur de cette dernière est, toutefois, relative, car son poids réel dépend de l'aboutissement du projet. Au cours de l'année 2006, Eurotorp, chargé de la commercialisation des torpilles légères MU 90, a néanmoins été retiré du « package ». Thales conservera 24% des parts de ce GEIE, aux côtés de DCN (26%) et de l'Italien WASS (50%). Les syndicats de DCN, tous opposés au projet, seront notamment très attentifs à la valorisation de leur groupe et des actifs rachetés à Thales. Depuis plusieurs mois, les différentes centrales dénoncent le « bradage » de l'entreprise publique, qui reste détenue à 75% par l'Etat.

Cérémonie du 16 mars : Les négociations au point mort

Les syndicats sont également mobilisés sur un deuxième front, celui de la politique industrielle et sociale de DCN. Depuis plusieurs mois, le montage industriel retenu pour les frégates multi-missions, dont la moitié avant sera sous-traitée, est le symbole d'une colère qui ne fait que gronder toujours plus. Comme nous l'écrivions hier, la CGT, l'UNSA et FO menacent de bloquer l'établissement de Lorient vendredi, jour où la première tôle de l'Aquitaine doit être découpée en grande pompe. Les trois syndicats ne sont, sur ce point, pas en accord avec la CGC, la CFTC et la CFDT. Cette dernière appelle à une mobilisation à l'extérieur de l'établissement de Lorient, afin de ne pas froisser la susceptibilité des clients présents à la cérémonie. « Le PDG conteste la procédure d'alerte lancée au mois d'octobre, les réunions sociales ont été annulées à la dernière minute et nous avons reçu une fin de non recevoir sur notre demande de voir se prolonger les négociations salariales. La direction s'arque boute sur ses positions depuis plusieurs mois et, si elle continue, en paiera les conséquences », tempête-t-on à l'UNSA. L'enjeu de la cérémonie du 16 mars est, en effet, d'importance pour DCN. Parmi les 500 invités conviés à Lorient, l'assistance comptera plusieurs délégations étrangères potentiellement clientes. « Notre but n'est pas de nous attaquer aux clients mais la réponse à l'arrogance affichée de la direction, c'est une action musclée ». Les syndicats laissent, néanmoins, la porte ouverte aux négociations : « La direction peut encore éviter que le processus (de mobilisation) monte en puissance mais, pour le moment, nous ne percevons aucun signe apparent ». Inscrire la question sociale et la politique industrielle à l'ordre du jour du prochain CCE pourrait être, selon un responsable syndical, une première avancée.

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