Défense
Dernière sortie en mer sur le Siroco

Reportage

Dernière sortie en mer sur le Siroco

Défense

Mer et Marine était lundi 6 juillet à bord du transport de chalands de débarquement Siroco, qui a effectué une dernière sortie en mer avant son retrait du service actif au sein de la Marine nationale. Une journée placée sous le signe de l’émotion pour les 220 marins du TCD, commandé par le capitaine de vaisseau Jean-Marc Le Quilliec, mais aussi pour tous ceux qui ont servi à bord de ce bâtiment depuis son intégration au sein de la flotte française à la fin des années 90.

 

A la revue navale du 15 août 2014 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

A la revue navale du 15 août 2014 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Dernier retour de mission au mois d'avril (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Dernier retour de mission au mois d'avril (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Quatre de ses sept anciens commandants était d’ailleurs à bord. Il y avait le contre-amiral Thierry O’Neill, premier pacha du Siroco (1997-2000), ainsi que le contre-amiral Jean-Marie Lhuissier (2000-2002) et le capitaine de vaisseau Pierre-Marie Delplanque (2002-2004). Ces trois officiers en deuxième section étaient accompagnés par le contre-amiral Olivier Coupry, qui a commandé le TCD de 2004 à 2006 et, après avoir passé trois ans à la tête des fusiliers-marins et commandos, deviendra en septembre commandant supérieur des Forces armées aux Antilles. Avant que le Siroco franchisse la rade de Toulon, une cérémonie s'est déroulée à bord, en présence du vice-amiral d'escadre Philippe Coindreau, commandant la Force d'Action Navale. 

 

Dernier appareillage sous pavillon français le 6 juillet (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Dernier appareillage sous pavillon français le 6 juillet (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Dernier appareillage sous pavillon français (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Dernier appareillage sous pavillon français (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le CV Le Quilliec, dernier commandant du Siroco (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le CV Le Quilliec, dernier commandant du Siroco (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Dernier appareillage sous pavillon français (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Dernier appareillage sous pavillon français (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie à bord du Siroco (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie à bord du Siroco (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les quatre anciens pachas présents à bord (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les quatre anciens pachas présents à bord (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le CV Le Quilliec et l'amiral Coindreau (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le CV Le Quilliec et l'amiral Coindreau (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Au large de Toulon (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Au large de Toulon (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Retrait prématuré du service et vente à une marine étrangère

Après cette dernière sortie à la mer sous pavillon français, le Siroco a été officiellement retiré du service actif et placé en complément. Après l’été, il passera en cale sèche afin de bénéficier d’un arrêt technique. Ces travaux permettront de remettre en état les installations et de préparer le TCD à son transfert vers une marine étrangère (certains matériels seront notamment débarqués). Le retrait du service du Siroco est en effet prématuré, le bâtiment disposant encore de 15 à 20 ans de potentiel. Normalement, il devait servir au sein de la Marine nationale jusque dans les années 2020 mais le dernier Livre Blanc sur la Défense a réduit de quatre à trois le nombre de grands bâtiments amphibies. Par conséquent, la flotte française ne va conserver que ses trois bâtiments de projection et de commandement (BPC) du type Mistral, la construction d’une quatrième unité ayant été abandonnée.

On ne connait pas, pour le moment, le nom du repreneur du Siroco. Plusieurs pays ont été évoqués ces derniers mois, à commencer par le Portugal, le Brésil et le Chili. Le TCD sera en tous cas prêt à naviguer sous de nouvelles couleurs d’ici la fin de l’année.

 

Le Siroco en mer Rouge en avril 2014 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Siroco en mer Rouge en avril 2014 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Dernier TCD français

Le Siroco est le dernier transport de chalands de débarquement français, un concept né avec la seconde guerre mondiale et qui, en raison du développement des opérations aéromobiles, a été remplacé par celui des BPC. Version améliorée de la Foudre, mise en service en 1990 et cédée en 2011 au Chili, le Siroco a été mis sur cale à Brest en octobre 1995 et a débuté sa carrière opérationnelle en décembre 1998. Long de 168 mètres pour une largeur de 23.5 mètres et un déplacement de 12.000 tonnes en charge, le bâtiment, capable d’atteindre la vitesse de 21 nœuds, présente une autonomie très importante, soit 11.000 milles à 15 nœuds. La propulsion, qui développe 15.290 kW, repose sur deux moteurs diesels MAN (ex-Pielstick).

 

Le PC Propulsion (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le PC Propulsion (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Conçu pour les opérations amphibies et aéromobiles, il peut accueillir près de 500 hommes de troupe et projeter des dizaines de véhicules, dont des blindés. Pour cela, il dispose d’un radier pouvant abriter huit chalands de débarquement de type CTM. Ses installations aéronautiques comprennent trois spots d’appontage, le hangar pouvant loger quatre hélicoptères. Doté d’importantes installations de commandement, le Siroco dispose en outre d’un hôpital embarqué avec deux blocs opératoires, 55 lits d’hospitalisation et deux salles de traitement pour les grands brûlés. Axé sur l'autodéfense, son armement comprend deux systèmes surface-air Simbad, trois canons de 30mm et des mitrailleuses de 12.7mm. 

 

Système Simbad (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Système Simbad (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

CTM dans le radier (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

CTM dans le radier (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvres avec des CTM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvres avec des CTM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvres avec des CTM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvres avec des CTM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvres avec des CTM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvres avec des CTM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvres avec des CTM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvres avec des CTM (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les plateformes hélicoptère (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les plateformes hélicoptère (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Manoeuvre avec une Alouette III (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

16 ans d’opérations

Comptabilisant en moyenne cinq à six mois d’absence de son port-base par an, le Siroco a conduit, sur toutes les mers, des missions de tous types : opérations amphibies et aéromobiles, son cœur de métier mais également évacuation de ressortissants, transport opérationnel et assistance humanitaire.

Quelques dates à retenir dans la vie du bâtiment :

janvier 1999 : Un mois après son admission au service actif, le Siroco part pour sa première opération Corymbe en Afrique de l’Ouest. En 16 ans, il participera 10 fois à cette mission, qui constitua son premier mais aussi son dernier déploiement, le TCD étant rentré d’Afrique au mois d’avril.  

Juin 1999 : Mission Trident (Kosovo). Le bâtiment  transporte entre Toulon et la Grèce un escadron de chars Leclerc et des soldats de la légion étrangère, de l’infanterie de Marine et la gendarmerie qui participent à  la force armée multinationale OTAN (KFOR). Ses capacités font de lui un vecteur efficace pour les missions de transport opérationnel.

Septembre 1999 : Appareillage en urgence en direction du Timor Oriental dans le cadre de l’opération Santal qui vient d’être déclenchée. Il apporte un soutien humanitaire et logistique au profit de la Force Internationale pour le Timor Oriental. Son hôpital embarqué lui permet d’apporter une assistance essentielle aux populations locales.

8 février au 4 mars 2003 : Dans le cadre de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire, le Siroco déploie des éléments de l’armée de Terre à Abidjan afin d’appuyer les forces déjà présentes.

Juillet / août 2006 : Opération Baliste au Liban. Au total, 13 000 ressortissants ont été évacués par voie aérienne et maritime. Le Siroco met en œuvre ses hélicoptères lourds et sa batellerie afin de livrer du fret, d’assurer plusieurs opérations de débarquement ainsi que l’hospitalisation et les soins aux blessés.

Janvier à mars 2010 : A la suite du tremblement de terre qui a secoué Haïti, le Siroco est dépêché pour venir en aide à la population. Après avoir chargé du fret, des hommes et des véhicules, le Siroco utilise ses moyens amphibies et aériens pour débarquer son aide. Ses marins prêtent ensuite main forte aux organisations humanitaires et le Siroco traite les blessés grâce à son hôpital embarqué.

Décembre 2013 à avril 2014 : Commandement français de l’opération Atalante. Neuf nationalités et plus de trente personnes composent l’état-major de la Task force 465, dirigé par le CA Hervé Bléjean, à bord du Siroco.

Novembre et décembre 2014 : Le Siroco participe à l’opération Chammal, en apportant des pièces de rechange et des munitions pour les aéronefs déployés.

Février à mai 2015 : Le Siroco effectue sa dernière opération Corymbe. Celle-ci a été marquée notamment par la conduite d’entrainements communs menés par le Siroco et le CDT Bouan avec les marines européennes patrouillant dans le golfe de Guinée. Le Siroco a également accueilli plus de soixante-dix élèves de l’Ecole Nationale à Vocation Régionale de Bata pour une corvette d’instruction de dix jours.

 

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Marine nationale