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Dernière sortie à la mer pour le Jean de Vienne

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Dernière sortie à la mer pour le Jean de Vienne

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Après 34 ans de service, la frégate anti-sous-marine Jean de Vienne a réalisé le 1er juin sa dernière sortie à la mer. Après son retrait du service actif, prévu cet été, le bâtiment sera désarmé et intégré à terme à la filière de déconstruction des vieilles coques de la Marine nationale.

 

Dernière sortie à la mer

Dernière sortie à la mer (© : MARINE NATIONALE) 

Dernière sortie à la mer

Dernière sortie à la mer (© : MARINE NATIONALE) 

 

Mis à l’eau à Brest en novembre 1981 et opérationnel depuis mai 1984, le Jean de Vienne est la quatrième des sept frégates du type F70 ASM, une série qui a commencé avec le Georges Leygues, admis au service actif en décembre 1979 et qui fut désarmé en septembre 2013. Après la mise en retraite des Dupleix et Montcalm, en 2014 et 2017, le Jean de Vienne était la dernière unité toulonnaise du type F70 ASM. Ces bâtiments sont remplacés par les nouvelles frégates multi-missions (FREMM), dont deux exemplaires sont actuellement basés à Toulon, le Languedoc 2016) et l’Auvergne (2017), la Provence allant les rejoindre courant juillet. Cette frégate était depuis sa livraison par Naval Group en 2015 stationnée à Brest.

C’est là que se trouvent désormais les trois dernières F70 ASM, les plus récentes de la série. Il s’agit des Primauguet (1986), La Motte-Picquet (1998) et Latouche-Tréville (1990), qui prendront leur retraite à partir de 2019 et quoiqu’il arrive avant 2025. Elles seront également remplacées par des FREMM, l’Aquitaine (2012) étant déjà basée dans la cité du Ponant, de même que la nouvelle Bretagne, qui est arrivée le mois dernier et sera bientôt officiellement livrée. S’y ajoutera la future Normandie en 2019.

 

La FREMM Provence

La FREMM Provence (© : MARINE NATIONALE) 

 

Les F70 (ex-C70) étaient pour mémoire appelés à l’origine corvettes, dénomination abandonnée en 1988 au profit de celle de frégates.

Long de 139 mètres pour une largeur de 15 mètres et un déplacement de plus de 4800 tonnes en charge, le Jean de Vienne, armé par 215 marins, avec comme dernier commandant le capitaine de vaisseau Fabrice Berthelot, a été conçu pour pouvoir atteindre la vitesse de 30 nœuds grâce à deux turbines à gaz Olympus, version navalisée des réacteurs du Concorde.

Destinée prioritairement à la lutte anti-sous-marine, la frégate dispose d’un sonar de coque, son  DUBV-23 d’origine ayant été remplacé en 2008 par un UMS 4110 intégré dans le bulbe d’étrave. S’y ajoute un sonar remorqué à immersion variable DUBV-43. Le bâtiment compte deux tubes lance-torpilles, restés équipés des anciennes L5 (remplacées par des MU90 sur les FASM brestoises). La lutte ASM était aussi conduite grâce à un hélicoptère Lynx pouvant mettre en œuvre un sonar trempé et des torpilles. Le hangar a été dimensionné pour accueillir deux appareils de ce type, configuration qui était devenue depuis longtemps exceptionnelle mais qui redevint d'actualité sur le Jean de Vienne pendant la mission Arromanches en 2016.

 

Le Jean de Vienne avec un SNA du type Rubis

Le Jean de Vienne avec un SNA du type Rubis (© : OTAN) 

 

Equipé de radars DRBV-26 et DRBV-15 pour la veille surface et aérienne, le Jean de Vienne pouvait mettre en œuvre jusqu’à 8 missiles antinavire Exocet MM40, logés en quatre rampes doubles. A la fin des années 90, dans le cadre de la refonte OP3A, destinée à améliorer leurs capacités de d’autodéfense anti-missile, les Dupleix, Montcalm et Jean de Vienne avaient vu l’intégration au-dessus de la passerelle principale d’une nouvelle structure accueillant une passerelle de défense à vue. Ces frégates ont également reçu à cette occasion de nouveaux moyens de guerre électronique et de l’armement supplémentaire, avec l’ajout de deux systèmes surface-air à courte portée Sadral complétant le système Crotale d’origine. L’artillerie a également été musclée à cette époque, les trois frégates intégrant en plus de leur tourelle de 100mm deux canons Breda-Mauser de 30mm. Ces systèmes ont néanmoins été débarqués en 2012, l’artillerie secondaire étant depuis basée sur des affûts de 20mm et 12.7mm.

 

Le Jean de Vienne avant la refonte OP3A

Le Jean de Vienne avant la refonte OP3A (© : MARINE NATIONALE) 

 

Le Jean de Vienne et les milliers de marins qui ont servi à son bord auront été engagés sur les principaux théâtres maritimes et la fin de carrière du bâtiment s'est révélée particulièrement active. « En 2017-2018, la frégate aura été absente de son port base près de 200 jours. Pendant les quatre premiers mois de l’année 2018, elle a joué un rôle clé en océan Indien avec la saisie de 5 tonnes de drogue, pour une valeur de 275 millions d’euros, participant ainsi directement à la lutte contre les réseaux de financement du terrorisme. Elle a également pris part à de très nombreux déploiements interalliées avec les marines australienne, américaine, égyptienne, indienne, libanaise…. », souligne la Marine nationale.

Durant ses 34 années de service actif, le Jean de Vienne a participé aux principaux engagements militaires français : guerre du Golfe (1990-1991), déploiements dans le Golfe arabo-persique (2001 et 2008), évacuation de ressortissants au Liban (2006), lutte contre la piraterie au large de la Somalie (2009), opération Harmattan en Libye (2011), lutte contre le terrorisme en océan Indien (2015 et 2016), ainsi qu’en Méditerranée Orientale (2016-2018).

 

(© : MARINE NATIONALE)

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 (© : MARINE NATIONALE) 

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