Disp POPIN non abonne!
Défense

Actualité

Des chalands à propulsion hybride pour la Marine nationale

Défense

La Marine nationale mettra à œuvre, à partir de 2017, un nouveau modèle de chaland multi-missions (CMM) doté d’une propulsion innovante et respectueuse de l’environnement. L’architecture propulsive repose sur des batteries qui alimentent des moteurs électriques de propulsion. « Ce seront les premiers bâtiments à propulsion hybride avec batteries en service dans la Marine nationale : leur système de propulsion électrique pourra en effet être alimenté soit par des groupes électrogènes fonctionnant au gasoil (mode « classique »), soit par des batteries rechargeables à quai ou en mer (mode « zéro émission ») », souligne la Direction Générale de l’Armement.

Celle-ci a notifié le contrat CMM le 16 décembre au chantier iXblue de La Ciotat et à Cegelec Défense Naval Sud-Est, basée à Toulon et qui assurera le maintien en condition opérationnelle après la mise en service. La commande porte sur six unités, avec une option pour deux chalands supplémentaires.

Les CMM ne feront pas partie de la batellerie des bâtiments de projection et de commandement (BPC). Ils sont conçus pour naviguer dans les rades ou à proximité des côtes des bases navales afin de remplir différents types de missions : travaux sous-marins, transport de matériel, lutte anti-pollution, formation des plongeurs.

 

 

Longs de 24 mètres pour une largeur de 8 mètres et un déplacement lège de 53 tonnes, ces chalands dotés d’une coque en aluminium et de superstructures en composite ont été conçus par Bureau Mauric alors qu’Alternatives Energies (AltEn) a été chargée de la partie énergie propulsion, cette société ayant notamment déjà fourni des systèmes hybrides pour des vedettes de transport de passagers dans la rade de Toulon. Pour disposer des meilleures garanties de performance et de sécurité, la technologie de batterie Lithium-ion/fer-phosphate a été proposée. Ainsi, les bateaux pourront naviguer jusqu’à 8 heures à une vitesse de 2 nœuds. 

« Leur profil d'emploi comprendra deux phases distinctes : une phase de transit à vitesse maximale en mode classique, et une phase d'exploitation à faible vitesse en mode « zéro émission ». Ce deuxième mode permettra d’éviter les émissions gazeuses (dont les gaz à effet de serre) à faibles vitesses, là où les moteurs thermiques sont les moins efficaces et les plus polluants. Il permettra aussi d’accroitre considérablement le confort des marins, en réduisant les nuisances sonores lors des longues périodes de travail, et en supprimant les gaz d’échappement », précise la DGA.

 

CMM (© BUREAU MAURIC)

CMM (© BUREAU MAURIC)

 

En lien avec sa propulsion innovante, le CMM a fait l’objet d’un très important travail d’optimisation, par exemple la forme de carène spécifiquement conçue pour sa future utilisation, ou le recours à des superstructures en composite sandwich pour améliorer l’isolation et donc le recours à la climatisation. Les besoins en énergie sont donc réduits, ce qui a permettra d’embarquer un parc de batteries dont l’encombrement correspond au gabarit de de la plateforme souhaité par la Marine nationale.

Capables d’atteindre la vitesse de 10 nœuds, les CMM pourront embarquer jusqu’à 36 marins et/ou plongeurs. Offrant une capacité de remorquage, ils disposeront d’une vaste plage arrière, capable d’accueillir deux conteneurs et dotée d’une grue.

H2X devrait livrer le prototype à partir de la mi-2017. A l’issue d’une période opérationnelle de trois mois, au cours de laquelle le chaland sera testé et validé, la fabrication en série doit ensuite débuter, la DGA prévoyant de réceptionner les cinq CMM suivants en 2019 et 2020. Les bases navales de Brest doivent recevoir deux bateaux chacune, un cinquième étant prévu pour Cherbourg et un sixième pour  le Pôle Ecoles Méditerranée (PEM) de Saint-Mandrier. Quant aux deux chalands en option, ils sont destinés aux Antilles et à la Nouvelle-Calédonie. 

 

CMM en mode anti-pollution (© BUREAU MAURIC)

CMM en mode anti-pollution (© BUREAU MAURIC)

Marine nationale H2X