Marine Marchande
Des ferries estoniens conçus à Toulouse

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Des ferries estoniens conçus à Toulouse

Marine Marchande

Le nom de l’entreprise est norvégien mais l’accent est bien français. Toulousain, pour être plus précis. « L’histoire commence bien à Bergen, où j’ai travaillé au siège de la société d’ingénierie et d’architecture navale LMG Marin. Après quelques années, j’ai eu envie de rentrer en France. La société m’a proposé d’ouvrir une filiale en France pour poursuivre notre collaboration, c’est comme ça qu’est née LMG Marin France ». Vincent Rudelle est gérant de cette entreprise créée en février 2013 et qui compte désormais six salariés, tous architectes navals. « Nous appartenons au groupe LMG Marin et travaillons en lien étroit avec le siège norvégien. Mais nous sommes très autonomes sur nos projets ».

La grande spécialité de l’équipe de LMG Marin France, ce sont les ferries. « C’est une des branches d’activités de notre maison-mère norvégienne, à côté de la construction militaire et du marché offshore ». Les ferries font partie de l’ADN norvégien, où les innombrables fjords de la côte sud et ouest sont sillonnés par des centaines de navires. C’est également un laboratoire d’idées, en termes d’innovation en architecture navale.

En 2004, le gouvernement norvégien lance un appel d’offres pour la construction d’une série de cinq navires propulsés au gaz naturel liquéfié sur la route Bergen-Stavanger. « C’était quatre ans après la construction de Glutra, le premier ferry au GNL », se souvient Vincent Rudelle. LMG Marin se lance dans la course et remporte le marché. « Ça a été un projet passionnant d’un point de vue technique : peu d’équipementiers proposaient des produits GNL à l’époque, les chantiers n’étaient pas familiers de ces nouvelles technologies.  Mais également parce qu’il a fallu beaucoup dialoguer avec les armateurs, les rassurer sur cette nouvelle propulsion ».

 

(LMG MARIN)

(LMG MARIN)

(LMG MARIN)

(LMG MARIN)

 

La série des cinq ferries du type Bergensfjord, 130 mètres de long et une capacité de 212 véhicules, équipée de moteurs Rolls-Royce, sort à partir de 2006 des chantiers Aker (aujourd'hui Vard) de Langsten. « A partir de là, les appels d’offres se sont enchaînés, la transition vers le GNL était enclenchée ». LMG Marin remporte un nouveau marché en 2008 pour la série des quatre ferries de type Moldefjord, exploités sur les fjords de Molde et Trondheim. Les quatre unités, d’une longueur de 123 mètres et d’une capacité de 130 véhicules, sont construites dans les chantiers Remontowa de Gdansk, en Pologne. En 2010, LMG supervise le retrofit du Tresfjord, converti au GNL. Puis, ce sont les ferries de desserte de l’archipel des Lofoten qui sont renouvelés. « Une série de quatre petits ropax de 93 mètres de long, que nous avons également construits chez Remontowa en 2012 ». L’expertise est là, le nom de LMG Marin commence à être connu. « La Norvège est un marché qui se renouvelle beaucoup. Mais ce que nous voulons, c’est exporter notre savoir-faire à l’étranger ».

 

Un ferry type Moldefjord (LMG MARIN)

Un ferry type Moldefjord (LMG MARIN)

Ropax Landegode (LMG MARIN)

Ropax Landegode (LMG MARIN)

Le Ryfylke (LMG MARIN)

Le Ryfylke (LMG MARIN)

 

C’est précisément une des missions de LMG Marin France. Qui a déjà décroché un contrat, puisque la société toulousaine va concevoir quatre ferries pour l’autorité portuaire de Tallin, en Estonie. « Nous avons signé en octobre 2014, pour une livraison fin 2016 ». Les ferries amphidromes, qui effectueront des liaisons courtes entre le continent et une île à l’ouest de Tallin, vont mesurer 114 mètres de long pour 19.2 mètres de large. Ils auront une capacité de 700  passagers et150 véhicules ou 10/12 camions. Classés Ice Class 1A, les ferries seront réalisés dans les chantiers turcs Sefine et polonais Remontowa, soit deux navires chacun.  « Ils sont construits avec une propulsion diesel classique, mais nous avons déjà anticipé un futur passage au GNL. C’est une demande de l’armateur, qui est en attente de futures infrastructures portuaires de fourniture de GNL. Le pont pourra donc facilement être découpé et un espace de stockage pour un tank de 100 m3 est déjà prévu ».

 

Vue des futurs ferries de Tallin (LMG MARIN)

Vue des futurs ferries de Tallin (LMG MARIN)

(LMG MARIN)

(LMG MARIN)

 

Une belle première commande pour LMG Marin France qui, par ailleurs, continue à suivre la construction de plusieurs programmes norvégiens, tous en construction chez Sefine en Turquie :  « nous avons livré le Kvernsund, un petit bateau de 25 véhicules à Norled ; le Ytterøy, 38 voitures, a été mis à l’eau en décembre et nous avons encore un ferry de 40 véhicules en construction pour Norled ».

L’objectif à moyen terme est de travailler sur le marché des gros ropax, propulsé au GNL. « Il y a encore beaucoup de travail à faire sur ce segment, notamment pour convaincre les armateurs de la pertinence économique de ce nouveau type de propulsion. C’est ce que nous voulons faire en utilisant notre savoir-faire, et ce notamment sur le marché français ».

 

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