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Des foils performants et intelligents

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Et si les foils devenaient encore plus performants ? C’est en tout cas l’objet d’une thèse au centre de recherche Christiaan-Huygens, à Lorient. L’Institut de recherche Dupuy-de-Lôme (IRDL) a choisi Malik Spahic pour traiter de l’hydrodynamie des foils. Alors oui, c’est compliqué, mais à écouter le jeune doctorant, ça a l’air passionnant…

Éviter les pertes de performance dans l’eau

« J’ai commencé en décembre et cela va durer trois ans », explique le doctorant de 23 ans. Actuellement, les voiliers de courses, par exemple, ne peuvent voler qu’à partir d’une certaine vitesse et seulement avec un certain angle d’attaque, « une des idées de la thèse, c’est que le foil puisse changer de position tout seul », explique Malik Spahic. Un foil intelligent qui pourrait également, à basse vitesse, changer de forme lors d’un champ de pression pour diminuer les frottements qui font perdre en performance. La thèse travaille aussi sur les bords de fuite. « À haute vitesse, ils se baissent, se cambrent ce qui leur permet de se surélever, mais une fois en haut, il faut y rester alors le but c’est d’optimiser la forme pour qu’elle permette de rester en l’air », insiste le doctorant.

Les petits bateaux à moteur aussi concernés

Pour arriver à ces conclusions, Malik est encadré par trois chercheurs, dont Vincent Keryvin, son directeur de thèse. Cette dernière ne sera pas appliquée par le doctorant lui-même mais pourrait être développée par des professionnels plus tard. Malik et son équipe d’encadrants développeront, dans les dernières étapes de la thèse, plusieurs prototypes, « c’est académique et ce n’est pas ciblé sur les voiliers en particulier mais adaptable à tout ce qui utilise des foils ». Le système pourrait même être adapté à des dérives. « On pourrait aussi l’utiliser sur des petits bateaux à moteur si on met des foils devant, il va moins sauter et donc gagner en performance », dévoile Malik Spahic. Les objectifs sont simples mais la réalisation, elle, très complexe. Pour améliorer les performances des foils, Malik va utiliser des métamatériaux, « des structures mécaniques à qui on donne une forme et qui vont se multiplier. Ils vont comprendre les contraintes et adapter la forme des foils. Le but, c’est d’optimiser, faire des algorithmes ».

Le jeune ingénieur, passé par l’Université de technologie de Troyes, s’est pris de passion pour l’aéronautique et sera, au terme de ses trois ans à Lorient, docteur en mécanique des structures. Si le domaine maritime était plus inconnu pour le Troyen d’origine, il s’est vite fait à son milieu. « J’ai prévu d’aller voir, en pratique, l’utilisation des foils ». Débarqué à Lorient il y a tout juste un mois, il se voit plus tard « travailler pour des laboratoires privés comme Airbus, Safran ou Naval Group mais pourquoi pas rester dans le domaine universitaire ».

Un article de la rédaction du Télégramme