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Deux groupes navals chinois en Méditerranée et Europe du nord

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C’est le plus important déploiement naval réalisé jusqu’ici par la marine chinoise autour de l’Europe. Début juillet, deux groupes de trois bâtiments chacun ont franchi Suez. Le premier, constitué du destroyer lance-missiles Hefei (type 052D / Lujang III), de la frégate lance-missiles Yuncheng (type 054A / Jiangkai II) et du pétrolier-ravitailleur Luoma Hu (type 903 / Fuchi), a traversé la Méditerranée, passé Gibraltar puis longé les côtes européennes jusqu’en Baltique. Les bâtiments chinois, qui sont arrivés en fin de semaine dernière à Kaliningrad, vont participer à un exercice commun avec la marine russe. Lors de leur passage en mer du Nord, ils ont été « salués » par le SNMG 1, l’une des forces navales de l’OTAN.

Pendant ce temps, le second groupe chinois évolue en Méditerranée. Il a notamment fait escale à Civitavecchia, en Italie, peu avant la mi-juillet et se trouve actuellement dans le port grec du Pirée. Cette force, qui devrait repartir prochainement pour l’océan Indien, où la Chine dispose notamment d’un point d’appui à Djibouti, est analogue à celle qui a rejoint la Russie. Il y a là le destroyer Changchun (type Lujang II), la frégate Jingzhou (type Jangkai II) et le pétrolier-ravitailleur Chao Hu (type Fuchi).

Ce double déploiement confirme la montée en puissance de la flotte chinoise, devenue la seconde du monde en tonnage derrière celle des Etats-Unis. Une marine qui assoit sa dimension océanique et démontre sa capacité à se déployer partout dans le monde, en particulier là où se trouvent ses intérêts stratégiques et économiques, dont font partie les grandes routes commerciales entre l’Asie et l’Europe.

 

Le destroyer Hefei lors de son transit en mer du Nord (© : OTAN) 

 

Concernant les bâtiments déployés, les Lujang III sont des destroyers de 156 mètres de long pour 7500 tonnes en charge. Dotés d’un radar à faces planes et de sonars (coque et remorqué) ils disposent de 64 cellules de lancement vertical pour missiles surface-air HQ-9 (dérivé du SA-N-6 russe), missiles antinavire Ji-62 et missiles de croisière Ji-18 ; un système surface-air à courte portée HQ-10 (adaptation du RAM germano-américain), une tourelle de 130mm, un canon multitubes du type 730 (version chinoise du Goalkeeper néerlandais), 6 tubes lance-torpilles et un hélicoptère. Cinq bâtiments de ce type ont été mis en service entre 2014 et 2016, deux autres allant s’y ajouter cette année. Et la série se poursuit puisque le 13ème Lujang III a été mis à l’eau début juillet.

Ces unités sont une version améliorée des six Lujang II entrés en flotte entre 2004 et 2015. Ces destroyers de 155 mètres et 7100 tpc sont équipés d’un système surface-air à lancement vertical HQ-9 (48 cellules), 8 missiles antinavire Ji-62 sur rampes quadruples, une tourelle de 100mm (évolution de l’ancien 100mm compact français de Creusot-Loire), deux canons multitubes du type 730, 6 tubes lance-torpilles et un hélicoptère.

Pour ce qui concerne les frégates du type Jiangkai II, dont la 25ème unité vient d’être mise en service (la tête de série a été livrée en 2008), il s’agit de bâtiments de 134 mètres et 3900 tpc équipés d’un système surface-air avec 32 missiles HQ-16 (dérivé du SA-N-12 russe), 8 missiles antinavire C803, une tourelle de 76mm, deux systèmes multitubes du type 730, 6 tubes lance-torpilles, deux lance-roquettes anti-sous-marins et un hélicoptère.

Enfin, les Luoma Hu et Chao Hu font partie des 8 pétroliers-ravitailleurs du type Fuchi, réceptionnés par la marine chinoise entre 2003 et 2016. Ces unités logistiques de 178 mètres et 23.000 tpc disposent de deux portiques de ravitaillement et peuvent notamment transporter près de 11.000 tonnes de combustible pour les bâtiments de combat et de carburant aviation.

 

Le Luoma Hu lors de son transit en mer du Nord (© : OTAN) 

Le Hefei, le Luoma Hu et le Yuncheng lors de leur transit en mer du Nord (© : OTAN) 

Marine chinoise