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Développement durable : Quand les coquilles d'huîtres servent au marquage routier

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Développement durable : Quand les coquilles d'huîtres servent au marquage routier

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Chaque année, les ostréiculteurs sont confrontés à l'élimination de centaines de milliers de tonnes de déchets conchylicoles. Pour traiter ce problème, différentes initiatives de valorisation ont vu le jour avec, parfois, des débouchés étonnants. C'est le cas par exemple dans le Morbihan, où les coquilles d'huîtres ont une seconde vie dans la peinture servant au marquage des routes. Spécialisée depuis les années 60 dans l'élaboration de fertilisants en limitant le recours aux composants chimiques, l'usine de Kervellerin, à Cléguer, s'est lancée en 2004 sur ce marché. En partenariat avec la CCI et le groupe Bouygues, cette PME a élaboré la « peinture à l'huître », qui permettra de valoriser chaque année plusieurs milliers de tonnes de coquilles. Après trois ans d'études, le processus industriel est opérationnel depuis le début de l'année et la peinture commercialisée par la société Prosign, affiliée au groupe Bouygues : « Les professionnels de la mer sont très embêtés pour évacuer les déchets. Nous avons donc mis au point un procédé permettant d'isoler la partie propre de la coquille », explique Martine Le Lu, gérante de l'entreprise. L'astuce, c'est que le produit obtenu va remplacer le carbonate de calcium, non renouvelable car issu des carrières, dans la composition des peintures blanches utilisées sur les routes.
L'usine organise la collecte des déchets dans les établissements ostréicoles morbihannais, puis les traite afin d'obtenir une poudre blanche, dénommée Ostrécal. « Nous jouons la carte de la proximité avec les professionnels du département, qui ont tout à y gagner. Quand la matière est propre, nous rémunérons les ostréiculteurs, sinon, nous la récupérons gratuitement », explique Martine Le Lu, qui espère bien que l'expérience bretonne « donnera des idées à d'autres ».