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Devenir béret vert : L'école des commandos (1/5)

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Devenir béret vert : L'école des commandos (1/5)

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Département commando, école des fusiliers-marins de Lorient. Les ordres claquent. Derrière leurs visages peints en camouflage, les regards des jeunes marins sont déterminés. Ils sont 120, alignés devant leurs instructeurs, devant ces marins aux bérets verts. Ce fameux béret vert qu'ils veulent tous.
Commando marine. L'élite de l'élite. Les forces spéciales. 400 marins ultra sélectionnés, entraînés aux opérations les plus délicates, de l'exfiltration d'otage, à l'assaut à la mer ou au parachutage sans récupération en zone hostile. « Oui, c'est un métier qui attire toujours, sourit un des instructeurs, il y a des centaines de candidats chaque année. » Des candidats, qui avant même de pouvoir être convoqués à la base des fusiliers-commandos de Lorient, doivent remplir des critères physiques minimum, d'endurance principalement. « Une grosse majorité des candidats vient du corps des fusiliers marins, détaille le commandant du stage, soit ils ont déjà travaillé dans des unités, soit ils arrivent de l'école des matelots ou du cours maistrance, qui forment les jeunes civils aux bases des métiers de la Marine. Mais nous avons également d'autres spécialités, comme des mécaniciens ou des infirmiers. Tous les marins peuvent venir se présenter au stage. »

(© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
(© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© : MER ET MARINE -CAROLINE BRITZ)
(© : MER ET MARINE -CAROLINE BRITZ)

Et cette année, il y a beaucoup de monde au stage. « La Marine encourage désormais les différentes unités à faciliter la mise à disposition des volontaires au stage commando. Du coup, nous avons plus de candidats », précise le commandant. Donc plus de commandos à la sortie ? « Nous n'avons aucune obligation de chiffre, même si on a des objectifs. Ce qui nous importe, c'est, à la sortie, d'avoir des commandos avec l'état d'esprit et les compétences qui vont bien. Je suis responsable de leur formation. Je ne peux pas me permettre d'envoyer un gars moyen en opération sous prétexte qu'il faut davantage de commandos. Nous n'avons aucune pression à ce niveau-là. Notre hiérarchie nous demande de former des commandos, aptes aux missions dangereuses qui leur seront confiées.

(© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
(© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

"La victoire se construira d'abord dans leurs têtes"

Commando marine. Les quelque 120 candidats en treillis de la session de septembre savent que pour pouvoir intégrer ce métier, il va d'abord falloir passer quatre semaines de sélection drastique. Puis, pour ceux qui s'en seront sortis, il y aura ensuite sept semaines de formation pour le brevet élémentaire commando. C'est seulement ensuite qu'ils recevront le béret vert et qu'ils seront intégrés dans un des commandos : Jaubert,de Penfentenyo, Trepel, de Montfort et Kieffer. (NDLR le commando Hubert recrute au sein de ces cinq commandos).
Une sélection initiale réputée comme l'une des plus difficiles au monde. Quatre semaines d'efforts, de pression physique, d'endurance, d'épreuves de résistance. Quatre semaines où il ne faudra pas douter, pas une seconde. Quatre semaines où il faudra serrer les poings et les dents. Où il ne faudra penser qu'à ça. « La victoire, elle se construira dans leurs têtes, dit doucement un des majors commandos, se prouver en permanence qu'on est capable de faire des choses que l'on n'imaginait pas. Se dépasser et refuser de se laisser abattre. Trouver des ressources en soi et pas forcément dans ses muscles. C'est cela devenir commando. » Dans le hall d'entrée, il y a une affiche qui le rappelle bien. « Quand on abandonne une fois, on abandonnera toujours, on s'habitue à l'autojustification et on ouvre les portes de la défaite. »

(© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
(© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Marcher des kilomètres dans la boue

Pour celui qui arrive dans ce milieu un peu fermé, le discours peut parfois paraître extrême. Les instructeurs du stage commando le savent bien. Alors ils expliquent. « Nous ne sommes pas là pour casser du bonhomme. Ce n'est pas par plaisir sadique que nous les réveillons en pleine nuit à coup de grenade d'exercice ou que nous les faisons marcher dans la boue pendant des kilomètres. Non. Pendant ces quatre semaines, nous allons devoir à la fois juger leurs aptitudes mais également vérifier qu'ils savent à quoi s'attendre. Leur donner une idée de ce qu'est le métier de commando. Dans lequel il faut parfois marcher des kilomètres dans la boue, mais pas dans la rade de Lorient avec la base au bout du chemin. Que ce n'est pas non plus uniquement pour vérifier leur capacité musculaire qu'on les fait pagayer pendant douze nautiques. C'est parce qu'en opération, il peut arriver que le moteur soit noyé et qu'il faille ramer pour se sortir, tous ensemble, d'une zone ennemie. Eux ne s'en rendent pas forcément compte. Mais nous gardons cela à l'esprit en les évaluant. »
Commandos marine. Leur rêve de béret vert est au bout d'eux même. « Et nous allons faire ce que nous pouvons pour les aider à savoir qu'ils peuvent le faire », sourit un des jeunes instructeurs.

(© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
(© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Marine nationale Devenir béret vert: à l'école des commandos