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DF-21D : Que penser du « tueur de porte-avions » chinois ?
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DF-21D : Que penser du « tueur de porte-avions » chinois ?

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De nombreuses questions se posent actuellement autour des capacités réelles ou supposées des missiles balistiques chinois à capacité antinavire.

Le 27 janvier, Pékin a autorisé pour la première fois la diffusion d’images montrant le tir de DF-26, les media nationaux affirmant que cet engin était capable de cibler un porte-avions. Faisant référence au scepticisme occidental quant à une telle capacité, la télévision et la presse chinoises ont montré les quatre gouvernes dont dispose la tête du missile et assuré que l’exercice récemment conduit par l’Armée populaire avait démontré que l’engin était « hyper-manoeuvrant » et pouvait « ajuster considérablement sa position en plein vol pour attaquer avec précision un porte-avions en mouvement ».

 

Images de l'exercice de tirs de DF-26 diffusées la semaine dernière

 

Dissuader les Américains d’approcher la mer de Chine en cas de conflit

Le DF-26 viendrait donc compléter le désormais bien connu DF-21D, présenté depuis plusieurs années par la Chine comme une arme conçue pour détruire des porte-avions à grande distance depuis la côte. La menace ciblée est claire : il s’agit des groupes aéronavals américains susceptibles d’intervenir en cas de conflit en Asie du sud-est et, plus particulièrement, en mer de Chine. Une zone que Pékin considère comme son pré-carré, revendiquant la souveraineté sur différents archipels et même de simples récifs affleurant la surface, que les Chinois s’empressent de transformer en îles pour exiger la zone économique exclusive qui va autour. Ils y aménagent ports et bases aériennes, transformant des îlots artificiels en autant de porte-avions incoulables. C’est ainsi que, depuis plusieurs années, on assiste à la bunkerisation de la mer de Chine, en particulier dans sa partie méridionale, et à un regain de tension avec les pays riverains. L’obsession de Pékin pour le rattachement de Taïwan n’a, de plus, pas faibli.  

Un glacis défensif multicouches

Cette politique de mainmise sur un espace maritime international relativement enclavé s’accompagne d’un développement considérable de la marine et de l’aviation chinoises, désormais omniprésentes dans ces eaux et l’espace aérien comme la dimension spatiale qui les surplombent. L’ensemble découle d’une stratégie défensive d’interdiction au travers de laquelle Pékin veut faire de la mer de Chine un glacis de protection suffisamment puissant pour empêcher, ou du moins dissuader, toute intervention étrangère. Mais il s’agit aussi de créer un bastion où peuvent évoluer en sécurité les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins chinois, à l’image de ce que l’URSS avait fait naguère dans le Grand Nord, autour de la mer Blanche.

Contrairement à leurs homologues occidentaux, extrêmement silencieux et qui se diluent dans l’immensité des océans, les SNLE chinois sont réputés comme étant encore trop bruyants, et donc détectables, pour s’aventurer loin d’un espace sécurisé.

Une missile d’une portée supérieure à 1500 km

C’est dans ce contexte qu’a été développé le Dong-Feng 21D. C’est l’héritier du

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