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Dividendes : Pour l'Etat, c'est Noël avant l'heure chez DCNS

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Dividendes : Pour l'Etat, c'est Noël avant l'heure chez DCNS

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que les administrateurs salariés de DCNS sont remontés, après le Conseil d'Administration qui s'est tenu hier soir. Durant cet ultime CA de 2007, l'Etat, actionnaire à 75% de l'entreprise, a demandé, et obtenu, une avance sur ses dividendes de l'année. L'enveloppe s'élèverait à plusieurs dizaines de millions d'euros. « C'est Noël pour l'Etat », tempêtent, dans un communiqué, les administrateurs CFDT. Ces derniers sont d'autant plus agacés que cette avance intervient au moment où DCNS présente une année assez décevante, sans prise de commande à l'export. « Alors que l'entreprise DCNS affiche des résultats inférieurs aux prévisions et annonce sa volonté de se développer sur des activités nouvelles, l'Etat au lieu de l'y aider, demande sans état d'âme un gros chèque pour finir l'année. Malgré l'opposition des administrateurs salariés, l'Etat a eu gain de cause ». Selon les administrateurs CFDT, l'entreprise est confrontée à une situation « très tendue », l'Etat étant à la fois son actionnaire majoritaire, aux côtés de Thales (25%), mais aussi son client principal. Or, ce client, face aux restrictions budgétaires, tire de plus en plus les prix, sans pour autant garantir un respect des commandes. A trois mois des conclusions du Livre Blanc sur la Défense, qui risque de se traduire par des coupes sombres dans les programmes d'armement, « Nul doute que cette somme (les dividendes perçus, ndlr) aurait été bien utile pour préparer l'avenir. Ainsi, l'Etat, à la fois client intransigeant et actionnaire avide de bénéfices, n'hésite pas à fragiliser DCNS en hypothéquant ses capacités de développement ».
On notera que, depuis la transformation de l'ex-Direction des Constructions Navales en société de droit privé, en 2003, l'Etat actionnaire a encaissé environ 1 milliard d'euros de dividendes. Par rapport au système des arsenaux, Bercy a également pu compter sur de nouvelles recettes, au travers de l'impôt sur les sociétés, des taxes foncières et, bien évidemment, des charges salariales, sans oublier la TVA. Autant de recettes qui n'existaient pas du temps de DCN administration.

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