Construction Navale
Dix paquebots seront livrés en 2016

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Dix paquebots seront livrés en 2016

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Si 2014 et 2015 sont des années relativement « calmes » pour l’industrie de la croisière en termes d’entrées en flotte, le secteur va retrouver, en 2016, un niveau très élevé de livraisons, qui n’est pas sans rappeler la période euphorique qui a prévalu il y a quelques années (sans pour autant atteindre le même niveau).

Alors que le carnet de commandes mondial compte actuellement 24 navires de croisières pour une valeur d’environ 15 milliards de dollars, pas moins de dix bateaux sortiront des chantiers pour la seule année 2016, contre cinq en 2014 et sept en 2015 (*).

 

 

Etat des lieux par constructeur

 

 

Le groupe italien Fincantieri achèvera en 2016 six navires : trois unités de luxe, le Seven Seas Explorer (54.000 GT, 369 cabines) pour Regent Seven Seas Cruises, deux sisterships du Viking Star (47.800 GT, 464 cabines) de Viking Ocean Cruises, ainsi que le nouveau Seabourn (40.350 GT, 302 cabines). S’y ajouteront deux gros paquebots, le Carnival Vista (135.000 GT, 2000 cabines) de Carnival Cruise Line et le nouveau navire d’Holland America Line (99.000 GT, 1330 cabines).  L’ensemble représente une capacité de 9858 passagers en base double (deux passagers par cabine) et un investissement de plus de 2.6 milliards de dollars.

L’Allemand Meyer Werft, de son côté, n’achèvera que deux navires. Mais il s’agit de deux mastodontes : le troisième paquebot de la classe Quantum of the Seas (167.800 GT, 2090 cabines) de Royal Caribbean International, et le nouveau navire de Star Cruises (150.000 GT, 1680 cabines). D’un coût global de 2 milliards de dollars, ils représentent une capacité en base double de 7540 passagers.

Le chantier STX France de Saint-Nazaire livrera, pour sa part, le troisième géant de la classe Oasis of the Seas, les plus gros paquebots du monde (227.700 GT, 2700 cabines). L’Oasis 3 coûtera à lui seul environ 1.3 milliard de dollars.

Il reste enfin les chantiers japonais Mitsubishi Heavy Industries, qui achèveront en 2016 le sistership de l’AIDAprima (125.000 GT, 1625 cabines), dont le prix est estimé à 650 millions de dollars.

 

 

Un redressement contrasté

 

 

Le redressement apparent des constructions de paquebots est néanmoins contrasté. Dans le cas de Fincantieri, par exemple, le carnet de commandes s’est certes enrichi, mais essentiellement avec de petits navires de luxe qui, si intéressants soient-ils, sont loin d’équivaloir en charge de travail la réalisation d’un grand paquebot. L’outil industriel du groupe italien, qui compte huit chantiers, dont quatre sur le segment de la croisière, n’a donc pas retrouvé sa capacité nominale.

Alors que le Japonais MHI signe son grand retour sur le secteur de la croisière et doit faire ses preuves avec la commande d’AIDA Cruises, filiale allemande du groupe américain Carnival, STX France est toujours dans une situation difficile, même si 2016 sera pour Saint-Nazaire une bonne année avec l’achèvement de l’Oasis 3 mais aussi d’un grand navire propulsé au gaz pour Brittany Ferries. Quant à  STX Finland, sa survie est actuellement en jeu dans la mesure où son dernier paquebot, le Mein Schiff 4, sera livré en 2015.

Sans oublier la nécessité absolue, pour tous les constructeurs européens, de remplir le carnet de commandes à partir de 2017. Car, pour l’heure, seuls deux navires sont prévus cette année là : le Norwegian Bliss (163.000 GT, 2100 cabines) qui sera réalisé pour NCL par Meyer Werft, et le quatrième Viking Star chez Fincantieri. La concurrence est donc extrêmement vive en Europe, où les chantiers demeurent clairement en surcapacité au regard de la demande, cela alors que la menace asiatique se précise de plus en plus.

 

 

Quelques opportunités à saisir

 

 

Sur le créneau des grands paquebots, parmi les opportunités à saisir dans les mois qui viennent, il y a d’abord le projet Vista de MSC Cruises, qui porte sur des unités d’environ 150.000 GT et 2000 cabines, la livraison des deux premières étant espérée entre 2017 et 2019. Du côté du groupe Carnival, sa filiale américaine CCL devrait logiquement lancer à plus ou moins court terme une commande, avec peut-être un prototype inaugurant une nouvelle série. Après avoir pris livraison en octobre prochain du Costa Diadema (132.500 GT, 1850 cabines), la marque italienne du groupe, Costa Crociere, devrait également poursuivre son développement avec de nouveaux paquebots et, sans doute, au moins un sistership pour le Diadema, probablement pour 2017.  

Du côté de Royal Caribbean Cruises Ltd, les jeux restent ouverts. Il conviendra de voir si l’armateur américano-norvégien affermira cette année, chez STX France, l’option portant sur un quatrième Oasis, qui serait s’il est confirmé mis en service en 2018. Et puis il y a la question de la nouvelle classe Quantum, qui pourrait elle aussi être allongée, à moins que RCCL opte pour un projet différent. Le groupe doit, par ailleurs, assurer le développement de ses filiales, à commencer par Celebrity Cruises, dont le dernier navire, le Celebrity Reflection (126.000 GT, 1515 cabines), a été livré par Meyer Werft en 2012.

 

 

(*) Les livraisons prévues :

 

En 2014 : Pour Fincantieri le Regal Princess (141.000 GT, 1800 cabines) et le Costa Diadema (132.500 GT, 1850 cabines), pour Meyer Werft le Quantum of the Seas (167.800 GT, 2090 cabines) en plus du Norwegian Getaway (146.600 GT, 2000 cabines) livré en janvier ; et pour STX Finland le Mein Schiff 3 (99.300 GT, 1250 cabines). S’y ajoute le petit Pearl Mist (8700 GT, 105 cabines), construit en Amérique du nord et qui devait être mis en service en 2009. Il ne devrait finalement l’être que cet été, avec cinq ans de retard.

En 2015 : Pour Fincantieri, le Britannia de P&O Cruises (141.000 GT, 1800 cabines), le Viking Star (47.800 GT, 464 cabines) et Le Lyrial de la Compagnie du Ponant (10.700 GT, 132 cabines) ; pour Meyer Werft l’Anthem of the Seas (167.800 GT, 2090 cabines) et le Norwegian Escape (163.000 GT, 2100 cabines), pour STX Finland le Mein Schiff 4 (99.300 GT, 1250 cabines) et pour Mitsubishi Heavy Industries l’AIDAprima (125.000 GT, 1625 cabines). 

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