Marine Marchande
Dominique Perben et Thierry Breton attendus à Marseille

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Dominique Perben et Thierry Breton attendus à Marseille

Marine Marchande

Les ministres des Tansports et de l’Economie sont attendus ce matin dans la cité phocéenne. Une nouvelle table ronde consacrée à l’avenir de la Société Nationale Corse Méditerranée est prévue à 11 heures. Dominique Perben tentera d’expliquer le plan gouvernemental aux syndicats et notamment les contraintes de l’Etat vis-à-vis de l’Europe : « Je voudrais attirer l’attention de tous sur l’urgence dans laquelle nous sommes. C’est une course poursuite contre le dépôt de bilan », a déclaré hier soir le ministre des Transports. Pour l’heure, le gouvernement resterait dans le capital de la compagnie à hauteur de 25%. Le fond d’investissement Butler Capital Partners en récupèrerait 40%, la Connex (filiale transport de Veolia) 30% et les salariés 5%. « Nous avons la possibilité de mettre en place un vrai plan de reprise et de développement de la SNCM. La privatisation est une nécessité pour remettre de l’argent dans les caisses et pour cela, nous avons besoins de partenaires privés », a martelé Dominique Perben tout en rappelant que le plan social, qui compte 400 suppressions de postes, ne comprendra aucun licenciement sec. « Nous sommes prêts à les rencontrer mais s’ils se dérangent, j’espère qu’ils ont quelque chose dans leur valise », a simplement déclaré à l’AFP Jean-Paul Israël, secrétaire général des marins CGT de Marseille. Malgré les menaces de naufrage pur et simple de la compagnie, les marins CGT réclament toujours que l’Etat reste majoritaire dans le capital. Au cas où les négociations n’aboutiraient pas, la direction a d’ores et déjà convoqué un conseil d’administration le 10 octobre pour statuer sur le dépôt de bilan. L’année dernière, les pertes nettes de la SNCM ont frôlé les 30 millions d’euros.

Blocus momentanément levé

Hier le Syndicat des travailleurs corses (STC) ; qui mène le blocus de l’île de Beauté, a décidé de lever son action momentanément. La Corse était menacée d’asphyxie économique et surtout, 15.000 touristes étaient bloqués sur l’île. A Bastia, des centaines de véhicules, retenus depuis mercredi, ont embarqué à destination du continent. Même chose à Ajaccio où des dizaines de camions étaient en attente. Environ 10.000 personnes avaient quitté la Corse dimanche soir sur les navires de Corsica Ferries et 5000 autres doivent partir aujourd’hui. Sur place, la tension reste très vive. Malgré les appels au calme des organisations syndicales, de nouveaux affrontements ont opposé samedi soir des jeunes manifestants aux forces de l’ordre à Bastia. Les CRS sont également intervenus à Ajaccio où une vedette des douanes a été endommagée par un engin explosif. La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie du dossier.
Suivant le résultat des négociations qui ont lieu aujourd’hui à Marseille, les syndicats pourraient reprendre le blocus dès demain.
A noter que cette action est toujours en vigueur pour la zone portuaire de la cité phocéenne. Hier, le Port Autonome de Marseille relevait 46 navires bloqués à quai (dont les huit ferries de la SNCM) et 36 navires sur rade. Ces chiffres comprennent les terminaux de Fos et Lavera.

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