Construction Navale
Dossier : Vingt ans de construction de paquebots à Saint-Nazaire

Reportage

Dossier : Vingt ans de construction de paquebots à Saint-Nazaire

Construction Navale

Le mardi 22 décembre 1987, le Souverain des Mers quittait Saint-Nazaire pour débuter sa carrière commerciale au sein de la compagnie Royal Carribean Cruise Line. Alors célébré comme le plus gros paquebot du monde, avec ses 268 mètres de long et 74.000 tonneaux de jauge brute, ce navire de 1141 cabines, dont la commande avait été signée le 29 juillet 1985, aura sans doute permis aux Chantiers de l'Atlantique d'éviter le naufrage. « C'était une vraie bouée de sauvetage ! A l'époque, les chantiers construisaient deux vraquiers et deux porte-conteneurs étaient en finition. Il y avait des projets à l'étude mais rien de signé dans le carnet de commandes », se souvient Pierre-André Jagu, technicien aux chantiers de Saint-Nazaire. Bouffée d'oxygène donc, le Souverain sera également un véritable défi technique et humain. « Je me souviens avoir dit à l'armateur, peu de temps avant la signature : J'espère qu'on pourra vous le faire ! On y croyait mais c'était un énorme défi. Or, comme on l'a constaté à plusieurs reprises, quand il y a un challenge à relever, Saint-Nazaire peut réussir à faire n'importe quoi », explique Georges Lesavre, arrivé à la direction commerciale cinq mois avant la commande du navire. Bien que l'outil industriel de l'époque n'était pas aussi performant qu'aujourd'hui, les chantiers réaliseront un véritable tour de force. Entre la découpe de la première tôle, en mars 1986, et la livraison, en décembre 1987, il ne s'écoulera que 21 mois. Profitant de l'expérience récente des petits paquebots Noordam et Neuw Amsterdam, sortis en 1983 et 1984, Saint-Nazaire bat un record et livre même le Sovereign of the Seas quatre jours avant la date prévue.

800 entreprises mobilisées autour du A29

Au moment de la mise sur cale de la coque A29, le 10 juin 1986, une grande aventure humaine a déjà débuté. « Cela faisait plusieurs années que nous étions habitués à fabriquer des porte-conteneurs, ce qui n'a rien à voir avec un paquebot. Cela nous changeait énormément. Il a fallu être très polyvalent », explique Jean-Yves Joalland, alors charpentier. Les salariés des chantiers, regonflés par ce challenge, ne sont pas les seuls à oeuvrer à la construction du géant. C'est tout le savoir-faire de l'industrie française qui est mobilisé pour bâtir cette ville flottante, capable de transporter 2600 passagers dans le plus grand confort. Architectes, chaudronniers, mécaniciens, électroniciens, menuisiers, ébénistes, électriciens, plombiers, carreleurs, poseurs de moquette, peintres, installateurs de

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