Vie Portuaire
Douanes : focus sur la nouvelle direction nationale garde-côtes

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Douanes : focus sur la nouvelle direction nationale garde-côtes

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Une nouvelle Direction nationale garde-côtes des Douanes a été implantée au Havre, où elle a officiellement débuté ses activités le 1er juillet. Cette implantation fait suite au décret de création de la DNGCD paru le 12 février 2019. Cette nouvelle entité regroupe 894 fonctionnaires, avec un état-major de 65 agents au Havre. Ce dernier compte quatre pôles : le premier gère les questions budgétaires et immobilières, le second les ressources humaines, le troisième pilote les aspects liés à la performance et au contrôle interne, par exemple de la mise en place et de l’exécution des procédures, avec notamment un bureau dédié à la maîtrise des risques maritimes et aériens. Quant au quatrième pôle, il est dévolu aux moyens, qu’il s’agisse des bateaux ou des aéronefs mis en œuvre par les douaniers. On y travaille sur le concept d’emploi de ces moyens via la traduction pour le milieu maritime des grands axes de la politique douanière de la France, leur maintenance, la formation en lien avec le centre de La Rochelle, la planification et la coordination.

L’emploi opérationnel des navires, avions et hélicoptères est en revanche du ressort de trois nouvelles unités locales garde-côtes correspondant à trois « façades » maritimes couvertes par la Douane : la zone Manche, mer du Nord et Atlantique, la Méditerranée et le secteur Antilles-Guyane. S’y ajoute un service de surveillance aéroterrestre, issu de la direction interrégionale d'Ile-de-France, qui a été rattaché à la DNGCD et placé auprès de l'unité Manche-Mer du Nord-Atlantique.

La création de la nouvelle Direction nationale garde-côtes des Douanes a permis de regrouper sous la même autorité plusieurs entités séparées qui géraient auparavant les moyens aéromaritimes de cette administration. Elles étaient réparties entre Paris (à la direction générale des Douanes et droits indirects qui relève du ministère des Comptes publics dont elle fait partie) et quatre directions régionales aux Antilles, à Marseille, Nantes et Rouen. « Nous devions impérativement améliorer la gouvernance de la garde-côtes au sein de la Douane afin d’être mieux identifié dans le monde de l’action de l’Etat en mer, gagner en efficacité et donner de la lisibilité aux personnels et à nos partenaires. D’où la création de cette gouvernance unique », explique-t-on à la DNGCD. Celle-ci travaille toujours en étroite collaboration avec les autres administrations impliquées dans l’action de l’Etat en mer (AEM) et dispose d’un officier de liaison au Secrétariat général de la mer, structure rattachée à Matignon et qui est notamment en charge de la fonction garde-côte pour le compte du gouvernement.

Pour le reste, les missions demeurent les mêmes : lutte contre la contrebande et les grands trafics, respect de la législation fiscale et contribution aux côtés d’autres administrations maritimes (marines, gendarmerie, affaires maritimes…) à l’AEM : surveillance de l’espace maritime, sauvetage, police des pêches, lutte contre la pollution… La DNGCD est également engagée au niveau européen via sa participation à l’action de l’agence Frontex pour la protection des frontières extérieures de l’Europe. Elle développe aussi les actions bilatérales avec des pays voisins pour améliorer la coopération en matière de lutte contre les trafics illicites ou encore la protection des aires marines protégées.

Le choix du Havre pour implanter la DNGCD s’inscrit dans la politique de décentralisation de certains services de l’Etat, avec dans ce cas une évidente logique à rapprocher de la mer la tête d’une administration qui y travaille. Le grand port de l’estuaire de la Seine a notamment été retenu pour son importance et le fait qu’il demeure proche de Paris, ce qui facilite les échanges avec les grands partenaires « centraux ». Le Havre est par ailleurs une ville qui n’accueille pas de préfecture maritime, évitant ainsi les confusions.

 

Le patrouilleur Jacques Oudart Fourmentin 

Le patrouilleur Jacques Oudart Fourmentin (© : MARINE NATIONALE)

 

Côté moyens, la DNGCD poursuit le programme de renouvellement de sa flotte maritime et aérienne entreprise il y a plusieurs années. En dehors de ses trois récents patrouilleurs hauturiers, les Jacques Oudart Fourmentin (2007) et Kermorvan  (2008) et Jean-François Deniau (2015), respectivement basés à Boulogne, Brest et Toulon (le dernier financé en grande partie par l’UE étant régulièrement déployé au profit de Frontex jusqu’en Grèce), le remplacement des vedettes garde-côtes se poursuit. Après les deux unités de 32 mètres et les quatre de 28 mètres livrées entre 2016 et 2019 par le chantier boulonnais Socarenam, deux VGC de 31 mètres sont en construction chez Ocea, en Vendée. La première, nommée Kaladja (DF 34), sera livrée en fin d’année et basée à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. La seconde, baptisée Sokan (DF 35), ralliera pour la part Fort-de-France, en Martinique, au printemps 2020. Elles remplaceront respectivement les Pitera (DF 31) et Rakawa (DF 44), unités du type Couach 28 mises en service au début des années 90.

 

Vue des futures vedettes antillaises 

Vue des futures vedettes antillaises (© : OCEA)

 

Pour la suite, un nouvel appel d’offres vient d’être lancé pour trois vedettes garde-côtes de plus de 30 mètres. Plusieurs chantiers sont sur les rangs, le lauréat devant être annoncé cet hiver en vue d’une livraison des bateaux en 2021 et 2022. Deux de ces nouvelles VGC sont destinées à la zone Antilles-Guyane, afin de remplacer à Saint-Martin la DF 24 Sua Luiga (vedette du type Couach 23 datant de 1996) et à Kourou la DF 45 Sirocco (type Couach 28 en service depuis 1992). La troisième de ces nouvelles VGC succèdera quant à elle à une autre unité du type Couach 28, la DF 37 Nordet (1994) stationnée à Dunkerque.

Des réflexions ont par ailleurs été engagées afin de remplacer ensuite les trois dernières vedettes d’ancienne génération dont disposent les douaniers.

 

F-406 

F-406 (© : MARINE NATIONALE)

 

En matière de moyens aériens, une page se tourne du côté des avions puisque le dernier des douze vénérables F-406 encore en service va prendre sa retraite. Basé au Lamentin, en Martinique, il doit rentrer le 21 octobre en métropole afin d’y être désarmé. C’est en juin 2010 que le programme de succession de ces appareils a été lancé. La Douane a alors choisi comme plateforme le King Air 350 de l’avionneur américain Beechcraft. Une fois livrés, les avions sont transformés par un groupement constitué par la société rémoise ASI, qui a repris Reims Aviation en 2014 et remplit le rôle d’intégrateur, ainsi qu’Airbus Defense & Space chargé de fournir le système de mission. Les avions sont notamment dotés d’un radar de surveillance maritime Ocean Master 400 et d’un système électro-optique. Alors que Beechcraft a livré le premier appareil en 2011, ce programme a connu des difficultés et d’importants retards, la cible étant au passage réduite de huit à seulement sept appareils.

Mais à l’aube de la mise en retraite du dernier F406, cinq des sept nouveaux avions sont maintenant opérationnels. Le sixième, déjà en flotte mais qui sert à la formation des personnels, va être transformé pour compléter la flottille de surveillance maritime, sa livraison dans cette configuration étant prévue au premier semestre 2020. Quant au septième Beechcraft, il devrait être réceptionné à partir de la fin du mois prochain. Il s’agira du premier avion de ce type en version POLMAR. Selon le retour d’expérience, un second sera éventuellement transformé, sachant que les capteurs des appareils SURMAR sont déjà assez performants pour détecter des pollutions en mer, comme l’ont démontrées des constatations effectuées par les douaniers, notamment en Méditerranée.

Les avions de surveillance de la Douane ont comme principales bases Hyères, près de Toulon, et Lann-Bihoué, dans la région de Lorient.

Enfin, concernant les hélicoptères, les deux vieux AS355 Ecureuil stationnés en Martinique vont être remplacés dans les mois qui viennent par deux nouveaux EC135 et un troisième pour la métropole, s’ajoutant aux cinq appareils de ce type dont dispose déjà la Douane à Hyères et Le Havre, essentiellement pour des missions aéromaritimes, et à Dugny pour des missions aéroterrestres. Les trois nouveaux hélicoptères vont faire l’objet d’un contrat de location qui doit être notifié au cours du premier semestre 2020 et permettra à la DNGCD d’aligner un total de huit EC135 stationnés au Lamentin, au Havre, à Hyères et à Dugny, près de Paris, d’où officie le service de surveillance aéroterrestre des douaniers.

 

EC135 

EC135 (© : DOUANE)

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