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DRASSM : la marine n’armera pas le futur navire, qui pourrait être basé à Saint-Malo
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DRASSM : la marine n’armera pas le futur navire, qui pourrait être basé à Saint-Malo

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Appartenant au ministère de la Culture, le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines espérait voir son nouveau navire hauturier armé par un équipage de la Marine nationale. Ce qui aurait été une sorte de retour aux sources puisque le tout premier bateau du DRASSM, l’Archéonaute, a eu un équipage militaire de sa mise en service en 1967 jusqu’en 1997 (il a été désarmé en 2006). L’idée était de profiter des capacités du futur Alfred Merlin, une unité de 46 mètres livrable en 2021 et qui sera équipée de solides moyens scientifiques, dont un sondeur multifaisceaux, pour compléter les moyens hydrographiques dont disposent la Marine et le Shom. Malgré l’intérêt d’une telle coopération, l’Alfred Merlin ne devrait cependant pas, comme l’ancien Archéonaute, avoir un équipage militaire.

Vue du futur Alfred Merlin, réalisé dans le cadre du projet NESSIE (© MAURIC)

Vue du futur Alfred Merlin, réalisé dans le cadre du projet NESSIE (© MAURIC)

 

Après plusieurs mois de discussions, « la décision a été prise par le chef d’état-major de la marine de renoncer à ce projet », a indiqué à Mer et Marine l’EMM. Plusieurs raisons ont présidé à ce choix, explique-t-on à l’état-major, et elles sont toutes en lien avec des problématiques liées aux ressources humaines. Priorité est d’abord donnée au doublement des équipages des trois patrouilleurs de service public basés à Cherbourg. Le premier à bénéficier de cette manœuvre est le Flamant, qui depuis le mois de septembre voit deux équipages se relayer à son bord tous les quatre mois. Un second PSP doit faire de même en 2020 et la marine doit se ménager des marges de manœuvre pour le troisième en 2021. Cela fait à chaque fois 25 marins supplémentaires à trouver, ce qui parait peu sur le papier mais l’équation n’est pas si simple, tant sur le plan budgétaire qu’en matière de RH. La marine doit en effet calculer ses effectifs au plus juste et se retrouve confrontée actuellement à « certaines spécialités déficitaires, telle que celle de chef machine », ce qui l’oblige à donner la priorité à l’armement de ses propres bateaux. Enfin, la troisième raison avancée quant à l’abandon du projet d’armer l’Alfred Merlin est son port d’attache, « éloigné des bassins d’emploi traditionnels de la Marine nationale ».

On aurait pu penser qu’il soit basé, comme les deux actuels navires du DRASSM, à Marseille, là où se trouvent les bureaux des archéologues sous-marins et subaquatiques du ministère de la Culture. Mais Mer et Marine a appris que d’autres options sont sur la table. Et en particulier celle de Saint-Malo. Ce serait une aubaine pour la Bretagne, qui accueillerait le navire amiral d’un prestigieux organisme reconnu comme le grand expert mondial dans son domaine. Et pourquoi pas au-delà, avec un déménagement à terme de l’ensemble du Département, qui compte une quarantaine de spécialistes ? Pour l’heure, rien de tel n’est décidé. Mais on sait que le DRASSM cherche depuis plusieurs années à étendre son site marseillais situé dans le quartier de l’Estaque. Une volonté qui apparemment n’est guère facilitée localement. Ce qui incite le Département à regarder ailleurs et envisager d’autres options.

- Voir notre article détaillé sur le DRASSM

 

 

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